Une nouvelle carrière comme arbitre à 42 ans pour passer du temps avec ses enfants
Une maman s'est découvert une passion auprès d'une de ses filles et de son fils.

Mylène Richard
Partager
Une maman de 42 ans de la Rive-Sud de Montréal qui s’est récemment lancée dans l’arbitrage fait fi des insultes et des commentaires désobligeants pour passer plus de temps avec ses enfants.
Il y a un an, Anik Lemire n’avait jamais joué au hockey. Aujourd’hui, la femme de 42 ans patrouille sur les patinoires de la région de Mercier munie d’un sifflet.
Sa motivation? Passer plus de temps avec ses adolescents. Après être devenue entraîneuse de l’équipe de sa fille Marianne, aujourd’hui âgée de 14 ans, Mme Lemire s’est rapprochée de son fils Charles-Étienne, 15 ans, en portant aussi un chandail zébré.
«C’était extraordinaire d’arbitrer avec lui, mentionne-t-elle avec fierté. Dans la région, on m’a dit qu’on n’avait jamais vu un duo mère-fils. Finalement, ma fille a aussi commencé en décembre à arbitrer et on a pu faire un match les trois ensemble.»
Cette expérience a permis à la maman de connaître Charles-Étienne sous un nouveau jour.
«J’ai découvert certaines facettes chez mon fils, dont son autonomie et sa prise en charge des gens qui ont un peu plus de difficulté ou qui commencent. J’ai adoré le voir dans cette posture.»
Pas seulement dans les livres
Rapidement, Mme Lemire a fait sa place. Ayant lu le livre des règlements au complet, elle assure qu’il faut vivre les différentes situations pour apprendre.
De fil en aiguille, son travail a été reconnu et elle a été sélectionnée afin de participer à la Coupe Chevrolet, les championnats provinciaux féminins. Mme Lemire a même été responsable de la finale pee-wee AA et juge de lignes lors du match ultime pee-wee AAA.
«Au départ, je me suis demandé si j’étais à ma place», analyse celle qui assure avoir été bien entourée et bien conseillée, notamment par les jeunes avec qui elle a fait équipe au cours de la saison.
Plus mature
Son expérience de vie l’a évidemment aidée à naviguer dans ce nouveau monde, où les insultes sexistes et machos pleuvent.
«Disons que la maturité a eu son mot à dire dans la prise de décision et la réceptivité aux commentaires. Je ne suis pas en mode défensif, mais plutôt dans l’ouverture complète, ce qui ne nuit pas lors des communications avec les entraîneurs», souligne-t-elle.
En contrepartie, en raison de son âge, les joueurs et instructeurs pensaient qu’elle avait plusieurs saisons derrière la cravate.
«Ils sont surpris quand tu fais une erreur. Mais j’en suis à ma première année, je suis en apprentissage et j’ai encore le droit à l’erreur», assure Anik Lemire.