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Des parents trop émotifs et nocifs pour leurs enfants

L'ancien joueur de la LNH Bruno Gervais raconte qu'il n’a pas toujours dit les «bonnes choses» à son fils

Le défenseur des Flyers de Philadelphie Bruno Gervais célèbre après avoir marqué face aux Capitals de Washington, en 2013.
Le défenseur des Flyers de Philadelphie Bruno Gervais célèbre après avoir marqué face aux Capitals de Washington, en 2013. Photo d'archives, Getty Images/AFP
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2023-07-08T04:00:00Z

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Les parents ont un impact indéniable sur les arbitres, mais aussi sur leurs enfants. Les mots qu’ils utilisent ont une importance capitale et l’ancien joueur de la Ligue nationale de hockey Bruno Gervais l’a appris à ses dépens.

L’analyste à la télévision n’a jamais voulu mettre de la pression sur son fils de 7 ans afin qu’il joue au hockey. Mais pendant la pandémie, il a vite réalisé qu’il ne disait pas toujours «la bonne chose». 

«Il y avait beaucoup de pratiques et pas de matchs. Ça tapait sur les nerfs de mon gars, il n’aimait pas les entraînements, il voulait jouer, raconte M. Gervais. Je lui disais que dans la Ligue nationale, il y a plus de pratiques que de matchs. Je pensais qu’il avait bien compris que pour s’améliorer, il fallait s’entraîner. Mais quand il a parlé avec ma femme, il a dit: “Papa veut que je pratique pour que je sois dans la LNH.” J’ai alors plutôt donné l’exemple de quelqu’un qui aimerait jongler. Pour y arriver, il doit se pratiquer.» 

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Afin d’éviter de telles situations et des débordements dans les gradins, l’ex-défenseur des Islanders de New York, du Lightning de Tampa Bay et des Flyers de Philadelphie invite les parents à suivre les formations du Groupe Respect, pour qui il agit comme directeur des relations clients. 

«Ça fait juste ouvrir la conversation. Je suggère aux gens de faire la formation et de la refaire avec leurs enfants et de les écouter. Les intentions sont bonnes, mais quand les émotions s’en mêlent, on fait des erreurs», observe M. Gervais, qui souhaite que les adultes se mettent dans «les souliers des jeunes» et fassent «un pas de recul». 

«Des fois, les parents veulent trop gérer, poursuit-il. Mais il faut laisser les enfants aller, faire face à l’adversité. Il faut leur donner des outils pour qu’ils apprennent à réagir, plutôt que de réagir pour eux.» 

Une formation qui n’est toujours pas obligatoire

La formation de «savoir-vivre» aux parents ne sera pas obligatoire pour la prochaine saison, mais Hockey Québec réfléchit à cette option pour 2024-2025. Le problème réside dans l’application des sanctions pour les parents qui ne respecteraient pas la consigne. 

«On ne veut pas empêcher un enfant de jouer», résume le directeur aux programmes et aux formations pour Hockey Québec, Jean-François Leblond. 

Ce dernier précise que quelque 500 parents ont déjà suivi la formation sur une base volontaire. 

Bruno Gervais lors de l'annonce de la Classique des étoiles de la LAH en 2021, à Laval.
Bruno Gervais lors de l'annonce de la Classique des étoiles de la LAH en 2021, à Laval. Photo d'archives, Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

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«Anxiogène»

«On est dans une société de performance, d’Amazon, où on veut tout, tout de suite, ajoute M. Gervais. Mais ça ne va pas avec les sports chez les enfants, c’est anxiogène. L'objectif n’est pas de performer, mais de découvrir une passion où l’environnement est le fun afin de développer l’athlète et l’humain.» 

M. Gervais a personnellement pu constater les effets négatifs des parents nocifs en suivant son fils dans les arénas, et comme gouverneur des Gaulois M18 AAA de Saint-Hyacinthe. Cette dernière équipe a d'ailleurs perdu son entraîneur en raison de la pression et de l'agressivité de certains parents. La carrière d'instructeur de M. Gervais n’a duré qu’une saison, son expérience s’étant «avérée une douche froide». 

«Je me rappelle qu’une fois un arbitre n’avait pas envoyé le bon joueur au banc des pénalités. Ce n’était pas la fin du monde. Mais le papa du joueur puni a disjoncté. Il a crié sans arrêt. Son gars a paniqué et il s’est mis à pointer son coéquipier fautif. Le lendemain, le père a écrit un courriel aux autres parents pour s’excuser. C’est bien, mais ç’a créé un conflit dans l’équipe. Ç’a pris 10 à 12 jours pour que les entraîneurs parviennent à gérer la situation», relate M. Gervais. 

«Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est difficile d’être arbitre, renchérit-il. Il y a des officiels qui ont 1500 matchs d’expérience dans la LNH et ils font des erreurs à chaque partie. C’est important de l’expliquer aux enfants, car l’erreur est humaine.» 

Les 5 erreurs à éviter pour les parents

Le sentiment de culpabilité

L’enthousiasme mal placé

Vivre à travers son enfant

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Perdre la vision d’ensemble

Source : Groupe Respect

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