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Baseball Québec doit reculer en raison de parents têtus qui ont soif de victoires

La fédération a dû reporter un important projet pilote face à la grogne des adultes qui craignaient la tricherie.

Jacob Gauthier est un arbitre, notamment dans la Ligue de baseball junior élite du Québec.
Jacob Gauthier est un arbitre, notamment dans la Ligue de baseball junior élite du Québec. Photo fournie par Jacob Gauthier, LBJEQ, Kevin J.Raftery
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2023-07-08T04:00:00Z

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«Réveille-toé l’arbitre!», «Té pourri!» Baseball Québec ne veut plus entendre ces phrases intimidantes, mais a dû faire marche arrière avec un projet pilote face à des parents et des entraîneurs récalcitrants.

Le but était de faire arbitrer des instructeurs au premier coussin durant des matchs mettant en vedette des jeunes de moins de 11 ans et des joueurs lors de parties 13U lorsqu’il y a seulement un officiel en poste. 

Mais quand l’idée a été proposée, il y a eu une levée de boucliers chez les adultes, qui ont visiblement soif de victoires. 

«Une des choses qui nous a bouleversés dans les commentaires reçus, c’est que le joueur ou l’entraîneur qui agirait comme arbitre ferait exprès pour favoriser son équipe, a expliqué le directeur technique de Baseball Québec, Sylvain Saindon. Ça nous a assommés, parce qu’on est convaincu que les jeunes ou les coachs ne vont pas tricher.» 

Des parents ont aussi peur que leur enfant «se fasse crier après par ses coéquipiers s’il prend une décision qui n’avantage pas son équipe». 

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Pourtant, les jeux serrés au premier but sont rares à cet âge. Les jeunes échappent souvent la balle ou le coureur atteint facilement le cousin. 

«Tout ce qu’on se demandait, c’était d’analyser la course au premier but, a poursuivi M. Saindon. Rien de compliquer. Notre projet était seulement pour la saison régulière. Et toutes les équipes participent aux séries. C’est quoi l’enjeu de gagner ou perdre?» 

«Je rêvais qu’à la fin de la saison, il y a un jeu serré au premier but que le joueur de 12-13 ans fasse un call, le poing levé, avec de l’émotion et que tout le monde l’applaudit», laisse-t-il tomber. 

Sylvain Saindon est directeur technique et directeur du développement des joueurs, entraîneurs et officiels à Baseball Québec.
Sylvain Saindon est directeur technique et directeur du développement des joueurs, entraîneurs et officiels à Baseball Québec. Photo fournie par Baseball Québec

«On fonce droit dans le mur»

Déjà, dans plusieurs régions du Québec, ce sont les instructeurs ou les parents qui portent le chapeau d’officiel dans la catégorie 9U. 

«L’objectif est qu’ils vivent ce que les arbitres vivent et qu’ils comprennent que ce n’est pas facile, souligne Jean-François Charles, responsable du développement des officiels et du baseball à la fédération. On les met dans le bain. En ayant vécu cette expérience, peut-être qu’ils vont moins chialer par la suite.»   

«Si un parent voit son enfant ou celui du parent assis à côté de lui être arbitre au premier but, il va peut-être se garder une petite gêne», ajoute-t-il.  

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Au cours des dernières années (les chiffres de 2023 n'étant pas finaux), le nombre de joueurs de baseball est sensiblement le même, mais celui des arbitres varient beaucoup, ce qui créé une incertitude avant chaque début de saison.

«Si ça continue, on va se retrouver en 2025 avec des matchs lors desquels on devra dire aux équipes de se débrouiller sans arbitre. On fonce droit dans le mur, prévient M. Saindon. On lance un cri d’alarme. Il faut se grouiller et trouver des solutions innovantes.» 

Arbitres - Tableau de données

Trois régions le testeront

Baseball Québec ira donc plus progressivement avec son projet, qui était trop «rapide et audacieux» selon certains. Trois régions, soit le Bas-Saint-Laurent, Laval et Montréal, iront de l’avant avec différentes variantes afin de mieux évaluer les résultats. 

«On a aussi demandé à tous les entraîneurs 11U de la province de dépanner s’il y avait seulement un arbitre et de ne pas l’abandonner. Mais bon, on ne mettra pas la police après les coachs qui ne veulent pas collaborer», dit M. Saindon. 

Dans un monde idéal, il aimerait que les parents arbitrent les matchs des jeunes de 8-9 ans, que les entraîneurs prennent la relève pour les parties des 10-11 ans et que les joueurs en fassent de même à 12-13 ans pour ensuite être formés en bonne et due forme.  

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Jean-François Charles est coordonnateur au développement baseball à Baseball Québec.
Jean-François Charles est coordonnateur au développement baseball à Baseball Québec. Photo fournie par Baseball Québec

Interdire l’alcool?

«Dans l’ensemble, on a de bons parents, qui sont là pour leurs enfants, pour profiter de l’été, enchaîne M. Saindon. Mais il y a toujours des cas spéciaux, qui sont prêts à aller au combat pour la veuve et l’orphelin alors qu’on ne leur a rien demandé. En général, quand ces personnes ne sont pas là, les parties se déroulent mieux.» 

Mais comment éviter par exemple qu’un parent applaudisse quand un joueur adverse de 8 ans est retiré sur trois prises avec un lance-balle?  

«C’est quoi la prochaine étape après l’éducation? Ça fait des années que la SAAQ fait des publicités pour éduquer sur l’alcool au volant et il y en a encore. Est-ce suffisant? Est-ce qu’on pourrait expulser un parent d’un parc? Est-ce qu’on pourrait interdire l’alcool lors de matchs avec des mineurs?» demande M. Charles. 

«J’espère qu’un jour, toutes les fédérations vont se mettre ensemble pour combattre ce fléau», conclut-il. 

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