Donnons tout de suite le trophée Hart à McDavid!
Le capitaine des Oilers fait partie d’une race d’athlètes en voie d’extinction


Marc de Foy
Partager
Les qualités de joueur d’équipe de Connor McDavid sont connues depuis longtemps. Mais il vient d’en faire 25 millions de fois une nouvelle démonstration avec la prolongation de contrat qu’il a signée avec les Oilers d’Edmonton. Fini, donc, les supputations pour les trois prochaines saisons. Cette période tient compte de la dernière année de son entente actuelle.
Juste pour ça, il mériterait tout de suite le trophée Hart attribué au joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue nationale de hockey.
Bien sûr, 25 millions de dollars américains, c’est beaucoup d’argent. McDavid pourra continuer à s’offrir les plus belles gâteries, mais ça s’inscrit dans le jeu de l’offre et de la demande. L’univers dans lequel il fait carrière est une machine à faire du fric. Et dites-vous bien que la flambée des salaires n’est pas sur le point de prendre fin.
Malgré tout ça, le meilleur joueur de hockey de la planète ne touche pas un salaire équivalent à son statut. Son salaire annuel moyen de 12,5 millions le place au cinquième rang dans la LNH derrière Kirill Kaprizov (17 M $), Leon Draisaitl (14 M $), Auston Matthews (13,5 M $) et Nathan MacKinnon (12,6 M $).
Poussons l’exercice plus loin.
Avec un plafond salarial prévu de 104 millions l’an prochain et un pourcentage maximum de 20% pour le salaire d’un joueur, c’est un total de 16,3 millions que McDavid laisse sur la table pour les deux années s’ajoutant à son contrat.
De quoi permettre à Stan Bowman de faire les dépenses appropriées pour améliorer les Oilers.
Du même moule que Crosby
McDavid fait partie d’une race d’athlètes en voie d’extinction. Sidney Crosby figure aussi dans cette catégorie.
Avant le début de la dernière saison, Crosby a accepté une prolongation de contrat de deux ans, d’une valeur de 17,4 millions. Son salaire annuel moyen de 8,75 M$ est identique à celui de son entente précédente, qui s’étendait sur 12 ans.
Là où Crosby a commis une erreur, c’est de penser que les Penguins de Pittsburgh pouvaient gagner avec l’équipe qu’ils ont sous la main. Le valeureux capitaine produit encore, mais Evgeni Malkin et Kris Letang ont ralenti. Erik Karlsson est un gros boulet à traîner.
Crosby pourrait-il coller une quatrième consécutive de 90 points cette année?
Je ne gagerais pas contre lui. Le malheur est que son équipe est destinée à rater les séries une quatrième année consécutive.
Personne ne blâmera Crosby s’il décide d’aller terminer sa carrière sous d’autres cieux. L’ancien de l’Océanic de Rimouski rêve d’ajouter une quatrième coupe Stanley à sa collection.
Bourque et Brodeur l’ont fait aussi
Raymond Bourque n’en avait remporté aucune, lorsqu’il s’est résigné à quitter les Bruins après 21 ans d’association pour aller gagner avec l’Avalanche du Colorado.
Raymond jouait pour moins d’argent à Boston qu’il aurait pu en empocher ailleurs. Même chose pour Martin Brodeur qui a été plus chanceux avec les Devils, lui qui a mis la main trois fois sur le gros trophée au New Jersey.
McDavid joue avec la mission de ramener la coupe Stanley. La dernière conquête des Oilers remonte à 1990.
Wayne Gretzky n’était plus là, mais les Oilers pouvaient encore miser sur les Messier, Kurri, Anderson, Tikkanen, Lowe et Smith (Steve) qui savaient comment gagner.
Devant le filet, un ancien des Bruins, Bill Ranford, avait réalisé des miracles pendant les séries. Ses performances lui avaient valu le trophée Conn-Smythe remis au joueur le plus utile à son équipe dans les séries.
Ça va prendre un bon gardien partant
C’est à cette position que le bât blesse chez les Oilers actuels. Le duo formé de Stuart Skinner et de Calvin Pickard n’est pas de calibre.
La saison dernière, Skinner a conservé une moyenne d’efficacité de ,896 et Pickard de tout juste ,900 en saison régulière. Ce n’est pas fort et ce fut pire encore dans les séries.
Skinner a maintenu un taux d’arrêts de ,889 comparativement à ,886 pour Pickard.
Ce n’était rien pour encourager McDavid à poursuivre sa carrière avec les Oilers au-delà de la saison qui commence. Mais il est bien décidé.
C’est à Edmonton qu’il veut gagner.
Bravo pour son engagement!