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Donald Trump n’a plus rien à offrir aux Américains

À la Maison-Blanche, les correspondants insistent, tandis que la présidence Trump s’enlise dans ses contradictions.
À la Maison-Blanche, les correspondants insistent, tandis que la présidence Trump s’enlise dans ses contradictions. Photo Richard Latendresse
Photo portrait de Richard Latendresse

Richard Latendresse

2026-01-25T05:00:00Z

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Nous avons maintenant, au propre comme au figuré, plus d’une année de Donald Trump dans le corps. Une année marquée par des décrets idéologiques et une impopularité qui ne cesse de grimper. Il a beau avoir essayé de nous convaincre cette semaine qu’«aucun président n’avait tant fait en si peu de temps», les Américains n’y croient pas.

Il y avait au départ cette illusion – cet espoir, soyons généreux – que les États-Unis allaient enfin secouer ce mal de vivre, en partie hérité de la pandémie. Joe Biden, un président fatigué, et Kamala Harris, une candidate peu inspirante, avaient donné des envies de vigueur insolente.

La dernière année et la campagne électorale qui a précédé la victoire de Trump ont montré que sa volonté de revenir à la Maison-Blanche n’était qu’une grande cabale personnelle.

Tout ça pour bien peu

L’obsession anti-DEI (diversité, équité, inclusion) ou anti-WOKE n’a rien apporté au pays, à la cohésion sociale ou à la croissance économique. Elle n’a soulagé que l’aigreur d’une partie de l’électorat blanc, masculin, dépassé par une société en changement.

La lutte à l’immigration illégale, si nécessaire tant l’administration Biden s’était montrée incompétente à gérer l’afflux de migrants aux frontières, s’est transformée en opération militarisée. Il faut être vaguement sadique pour accepter que les citoyens américains eux-mêmes en viennent à vivre dans la méfiance et la peur.

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L’économie a des allures de bombe à retardement. Il ne se crée pas d’emplois, le taux d’inflation ne recule pas et les investisseurs vivent sous la menace d’un éclatement de la bulle financière de l’intelligence artificielle.

Le Trésor américain se vante d’avoir empoché 200 milliards de dollars grâce aux tarifs douaniers du président. L’Institut Kiel pour l’économie mondiale vient toutefois de démontrer, après avoir analysé 25 millions de transactions, que 96% de la facture a été assumée par les consommateurs américains et les entreprises importatrices. Seul un maigre 4% a été absorbé par des exportateurs étrangers.

De la corruption pure et simple

Donald Trump, autrement, s’est arrangé pour que l’appareil d’État règle ses comptes personnels, comme annuler les poursuites lancées contre lui après ses efforts pour renverser le résultat de l’élection présidentielle de 2020. Le procureur spécial Jack Smith est pourtant venu rappeler devant une commission du Congrès cette semaine que Trump avait «délibérément enfreint les lois mêmes qu’il avait juré de respecter».

Lui et sa famille continuent de s’enrichir, en violation de toutes les normes historiques pour un président et certainement des lois, si les élus républicains osaient le défier. Des jetons virtuels $TRUMP et $MELANIA au contrat de 5,5 milliards de dollars signé par Eric Trump au Qatar, en passant par les millions de dollars de contrats du Pentagone empochés par des entreprises liées à Donald Jr, jamais un président et son entourage n’ont monétisé aussi ouvertement le pouvoir exécutif.

Une fin à tout

Les Américains en ont cependant assez. On savait depuis des mois que le président était profondément impopulaire. Le sondage New York Times/Siena est venu confirmer qu’il a même perdu l’appui d’électeurs qu’il avait étonnamment réussi à mobiliser en 2024: les jeunes, les non-Blancs, les gens peu informés, peu engagés.

69% des 18 à 29 ans désapprouvent la gestion de la présidence par Trump contre seulement 26% qui l’approuvent. Et ça se répète partout. La tendance est claire: après la semaine que nous venons de connaître, il est difficile d’imaginer ce qui pourrait encore sauver l’image d’un président auprès de 42% d’Américains, convaincus qu’il est en voie de devenir le pire président de l’histoire américaine.

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