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Donald Trump cultive son goût de l'ingérence à l'étranger

AFP

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2025-12-02T13:18:30Z

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De l'Europe à l'Amérique latine, Donald Trump multiplie les faits d'ingérence dans les affaires intérieures de pays alliés ou non, y compris lors d'élections.

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Faisant fi des usages diplomatiques, le président américain n'hésite pas à distribuer bons et mauvais points à tel ou tel dirigeant étranger, et à s'ingérer dans les campagnes électorales à coups de messages sur son réseau social.

Cela n'est pas nouveau, en particulier en Amérique latine, que les États-Unis voient comme une chasse gardée. Mais aucun président moderne ne l'a fait de manière aussi effrontée que Donald Trump, selon des experts.

«Je ne me souviens pas d'un seul cas où un président américain ait été prêt à afficher aussi ouvertement ses préférences dans des élections étrangères, du moins dans l'histoire moderne», confie Thomas Carothers, du Carnegie Endowment for International Peace à Washington.

«Les États-Unis ont souvent été accusés d'ingérence dans les élections d'autres pays pendant la Guerre froide, mais cela ne s'est jamais fait de manière aussi ouverte et publique», ajoute-t-il.

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Dernier exemple: le Honduras, pays de 11 millions d'habitants parmi les plus pauvres et instables d'Amérique latine.

«On dirait que le Honduras est en train d'essayer de changer le résultat de son élection présidentielle. S'ils le font, ils le paieront cher!», a menacé lundi Donald Trump sur son réseau Truth Social, sans apporter de preuves soutenant cette accusation.

Le dirigeant républicain avait expressément soutenu l'homme d'affaires Nasry Asfura, quelques jours avant les élections de dimanche, disant qu'il «ne pourrait pas travailler» avec la candidate de la gauche au pouvoir Rixi Moncada «et les communistes», mais aussi qu'il ne faisait «pas confiance» au présentateur de télévision Salvador Nasralla.

Les deux candidats de droite, MM. Asfura et Nasralla, sont quasiment à égalité alors que le dépouillement se poursuit, selon le Conseil national électoral.

«Glissement vers la droite»

Que ce soit en Argentine, où il s'était empressé d'appuyer son allié Javier Milei, ou encore en Équateur et en Colombie, Donald Trump tente d'influer sur le résultat d'élections, mais aussi des procédures en justice, comme pour l'ex-président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, condamné pour coup d'État.

Donald Trump n'hésite pas non plus à conditionner l'aide américaine à ses affinités avec leurs dirigeants: il a assuré que, si M. Asfura «ne remporte pas les élections, les États-Unis ne gaspilleront pas leur argent» au Honduras.

Pour Will Freeman, expert de l'Amérique latine au Council on Foreign Relations à New York, «il s'agit d'une tentative constante d'influencer la politique, afin de renforcer un glissement vers la droite qui gagne en puissance dans toute la région».

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«Mais je ne pense pas que ces tentatives d'ingérence soient couronnées de succès dans tous les cas», ajoute-t-il en citant en particulier le Brésil du président Lula ou la Colombie de Gustavo Petro.

Quant au Venezuela, dirigé d'une main de fer par Nicolas Maduro, M. Trump fait planer la menace d'une intervention militaire, officiellement au nom de la guerre contre le trafic de drogue.

«Groupe d'amis»

Ailleurs dans le monde, le président Trump a écrit à son homologue israélien Isaac Herzog pour lui demander d'accorder une grâce au premier ministre Benjamin Netanyahu, poursuivi pour corruption.

Il a appelé les Européens à mieux traiter son allié et «ami», le premier ministre hongrois Viktor Orban.

En mai dernier, deux semaines avant la présidentielle en Pologne, M. Trump avait reçu l'historien Karol Nawrocki, promu par l'opposition nationaliste du Droit et Justice (PiS), suscitant des accusations d'ingérence américaine.

L'administration Trump mène aussi une large offensive contre la «détérioration», selon elle, des droits humains en Europe dont en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France, visant notamment les restrictions à la liberté d'expression.

Épousant les vues des partis d'extrême droite comme l'AfD, le vice-président américain JD Vance avait consterné les Allemands et, plus généralement, les Européens, lors d'un discours à Munich en février dans lequel il avait affirmé que la liberté d'expression «reculait» dans le continent.

«C'est différent de la période de la Guerre froide, où les États-Unis favorisaient souvent une personne en particulier, mais pour des raisons géostratégiques», souligne M. Carothers.

«Là, Donald Trump estime avoir un groupe d'amis à travers le monde qu'il souhaite aider», observe l'expert.

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