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Donald Trump bientôt à court d’alliés en Europe

La première ministre italienne, Giorgia Meloni et le président des États-Unis, Donald Trump, à la Maison-Blanche en mai 2025.
La première ministre italienne, Giorgia Meloni et le président des États-Unis, Donald Trump, à la Maison-Blanche en mai 2025. Photo d'archives, MEGA/WENN
Photo portrait de Pierre Martin

Pierre Martin

2026-03-25T04:00:00Z

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La politique étrangère déjantée de Donald Trump est en train de faire perdre aux États-Unis un pilier important de leur puissance : leurs alliés.

Winston Churchill disait que la seule chose qui est pire que de faire la guerre avec des alliés, c’est de la faire sans alliés.

Alors qu’aucun des alliés européens des États-Unis n’appuie son effort de guerre en Iran, Donald Trump est sur le point de se rendre compte que Churchill n’avait pas tort.

L’Europe dit non

On savait déjà que la cote des États-Unis a dramatiquement baissé partout en Europe à la suite de la réélection de Donald Trump.

Une majorité dans plusieurs pays européens perçoit les États-Unis au mieux comme un « partenaire nécessaire » ou au pire comme une menace.

Le refus des dirigeants européens de s’engager aux côtés des Américains et des Israéliens dans leur guerre contre l’Iran indique que, même si ce conflit entraîne des conséquences économiques désastreuses chez eux, ils ne sont pas prêts à défier leurs publics en répondant à l’appel de Trump.

Le coût de l’appui à Trump

Ce refus est particulièrement frappant dans le cas de l’Italie, où je me trouve cette semaine. Ici, la première ministre, Giorgia Meloni, ne s’était pas gênée, jusqu’à récemment, à afficher ses affinités trumpistes.

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Meloni était la seule dirigeante européenne présente à l’investiture de Trump en janvier 2025, accompagnée de plusieurs leaders nationalistes de droite d’autres pays. Trump a depuis fait de l’appui explicite à ces mouvements (que plusieurs jugent extrémistes) un pilier de la politique européenne des États-Unis sous sa gouverne.

Malgré les nombreux facteurs qui favorisent la droite nationaliste en Europe, leur association avec Trump est devenue un boulet pour eux depuis le début de la guerre contre l’Iran.

C’est vrai notamment en Italie, où la cote personnelle de Meloni était plutôt favorable depuis son élection en septembre 2022, ce qui lui a permis de maintenir un gouvernement remarquablement stable. La guerre de Trump est toutefois venue changer la donne.

Lundi, le gouvernement Meloni a essuyé un cuisant revers dans un référendum sur la réforme judiciaire où les sondages lui accordaient d’assez bonnes chances de l’emporter en début de campagne. L’association Meloni-Trump dans le contexte d’une guerre dont personne ne veut est inévitablement vue comme un facteur expliquant le retournement de l’opinion contre son projet.

Même le Hongrois Viktor Orbán, le plus fidèle allié européen de Donald Trump, marche sur des œufs depuis le début du conflit. Pour la première fois depuis 2010, Orbán fait face à une opposition sérieuse pour l’élection du 12 avril et il fait des contorsions impressionnantes pour éviter de prendre position sur la guerre en Iran.

Une nouvelle donne stratégique

Si la tendance se maintient, cette guerre de Trump contre l’Iran sera la première opération militaire de cette envergure que les États-Unis mèneront en l’absence quasi totale d’appui de leurs partenaires européens.

Ce désaveu de Trump en Europe est peut-être une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent un recul de l’extrême droite nationaliste, mais si ça signale la fin du partenariat stratégique transatlantique, ça n’augure rien de bon.

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