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Djokovic gagne en justice et veut toujours participer aux Internationaux d’Australie

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2022-01-09T15:53:14Z
2022-01-10T18:50:23Z

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MELBOURNE | Novak Djokovic a déclaré lundi qu’il espérait toujours participer aux Internationaux d’Australie quelques heures à peine après sa victoire spectaculaire contre le gouvernement australien et sa libération par la justice. 

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Un juge a révoqué l’annulation de son visa par les autorités australiennes et ordonné sa sortie du centre de rétention pour migrants dans lequel la vedette avait été placée à son arrivée dans le pays sans vaccination contre la COVID-19.

«En dépit de tout ce qui s’est passé, je veux rester et essayer de participer aux Internationaux d’Australie. Je suis venu ici pour disputer l’un des plus importants tournois devant des spectateurs incroyables», a-t-il dit sur Twitter.

Mais à une semaine du début des Internationaux d’Australie (17-30 janvier), Christopher Tran, un avocat du gouvernement, a prévenu que Canberra pouvait encore décider d’expulser le joueur serbe, ce qui aurait pour conséquence de lui interdire toute entrée sur le territoire australien pendant trois ans.

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La décision du juge Anthony Kelly constitue toutefois un revers cuisant pour l’Australie, qui a notamment imposé de strictes restrictions aux frontières pour lutter contre la pandémie depuis deux ans.

Photo d'archives, AFP
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Le jugement prévoit en outre que les frais de justice engagés par le joueur de 34 ans --qui assure avoir contracté la COVID-19 en décembre pour justifier sa demande d’exemption médicale-- devront lui être remboursés et seront aux frais du contribuable australien.

À Belgrade, sa famille s’est félicitée de la décision lors d’une conférence de presse, estimant que justice avait été rendue.

Une grande «force mentale»

«Pour moi, c’est la plus grande victoire de sa carrière, plus grande que tous ses Grands Chelems», a même commenté sa mère Dijana.

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«Justice a finalement été rendue, la vérité a été révélée», a martelé Djordje, le frère de la vedette. «Nous avons finalement montré au monde entier (...) que Novak est un honnête homme, un homme extraordinaire», a-t-il insisté, avant de révéler que son champion de frère avait profité de ses premiers instants de liberté pour s’entraîner.

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Le joueur a diffusé sur ses réseaux sociaux une photo où il apparait raquette en main sur un court de Melbourne avec une partie de son équipe, dont son entraîneur Goran Ivanisevic. 

Djokovic ambitionne de s’offrir à Melbourne un 21e tournoi du Grand Chelem qui le placerait au sommet de l’histoire du tennis, devant ses deux rivaux historiques, Roger Federer et Rafael Nadal.

Le fiasco du visa qui fascine le monde entier lui «donnera une force supplémentaire», a assuré le père du Serbe, Srdan Djokovic. «Ils ne réalisent pas ce qu’ils ont fait. Il va maintenant remporter encore dix titres en Grand Chelem. Il se sent super bien. Il a une telle force mentale que cela ne l’a pas du tout perturbé».

«Je ne comprends vraiment pas la raison pour laquelle vous ne me permettez pas d’entrer dans votre pays», avait déclaré Djokovic à un douanier à son arrivée à l’aéroport de Melbourne dans la nuit du 5 au 6 janvier, selon une retranscription de son interrogatoire.

Selon les conclusions du tribunal, le joueur, qui se prévalait pour entrer en Australie d’une exemption médicale obtenue auprès de la fédération australienne de tennis, organisatrice du premier Grand Chelem de l’année, n’a pas eu la possibilité d’opposer ses arguments avant que son visa ne soit invalidé par les autorités.

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Au lendemain matin de son arrivée, Djokovic a été informé du fait qu’il avait jusqu’à 8 h 30 pour répondre à la possible annulation de son visa. Mais à 7 h 42, le douanier l’avait déjà annulé.

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Pour le juge, si les autorités lui avaient laissé le temps, Djokovic «aurait pu consulter d’autres personnes et présenter des arguments pour expliquer pourquoi son visa ne devrait pas être annulé».

«Novax»

Djokovic, désormais raillé sous le surnom de «Novax», avait été retenu à l’ancien Park Hotel, un bâtiment de cinq étages qui accueille une trentaine de migrants englués dans le système d’immigration australien, dont certains depuis des années.

Rafael Nadal a estimé après cette décision que «le plus juste» était que Djokovic dispute le premier tournoi du Grand Chelem de l’année: «la justice a parlé», a lancé l’Espagnol sur la radio Onda Cero.

Bien que cela n’ait pas eu d’incidence sur son procès, le fait que Djokovic ait été testé positif le 16 décembre a suscité la controverse: il est en effet apparu sans masque à Belgrade le lendemain, pour assister à une cérémonie en l’honneur de jeunes joueurs serbes.

Retenue comme «Djoko» après avoir vu aussi son visa annulé, la joueuse tchèque Renata Voracova, spécialiste du double, a quant à elle quitté l’Australie samedi.

Lundi, le patron de la fédération australienne Craig Tiley a défendu son organisation contre les critiques l’accusant d’avoir induit les joueurs en erreur à propos des obligations pour entrer dans le pays, déclarant que le gouvernement avait «refusé» de vérifier la validité des exemptions médicales avant l’arrivée des joueurs.

Alors qu’une grande partie de l’Australie a renforcé les restrictions sanitaires pour lutter contre une nouvelle vague liée au variant Omicron, l’État de Victoria, dont Melbourne est la capitale, a enregistré 44 155 nouveaux cas dimanche.

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Un feuilleton à rebondissements       

Parti le 4 janvier pour Melbourne, Novak Djokovic ne sait toujours pas, six jours plus tard, s’il pourra participer aux Internationaux d’Australie: voici les principaux épisodes de l’affaire Djokovic, déclenchée par le refus du no 1 mondial de se faire vacciner contre la COVID-19.

4 janvier

Novak Djokovic, qui n’a alors jamais donné d'informations sur son statut vaccinal, annonce sur les réseaux sociaux qu’il part pour l’Australie grâce à une «dérogation» pour participer aux Internationaux d’Australie (17-30 janvier), où il vise une 10e victoire et un 21e sacre dans un tournoi du Grand Chelem, un record. Tous les participants au tournoi doivent fournir un certificat de vaccination ou une exemption médicale délivrée par un panel d’experts indépendants.

5 janvier

Djokovic, 34 ans, arrive dans la soirée à l’aéroport de Melbourne, mais s’y trouve bloqué pour ne pas avoir, selon la presse australienne, rempli le bon formulaire pour le visa demandé afin d'entrer dans le pays. 

Le premier ministre australien, Scott Morrison, exige de Djokovic qu’il fournisse la preuve que la «dérogation médicale» dont il bénéficie pour participer aux Internationaux d’Australie est justifiée, faute de quoi il sera renvoyé «chez lui par le premier avion». 

Son visa est ensuite annulé. La Serbie dénonce le «mauvais traitement» imposé au joueur. Selon une retranscription de son interrogatoire par les services douaniers publiée ultérieurement, Djokovic a déclaré à son arrivée qu’il n’était pas vacciné.

6 janvier

Djokovic dépose un recours en justice contre l’annulation de son visa et son expulsion. Celle-ci est suspendue et le joueur est placé dans un centre de rétention.

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8 janvier

Les avocats du joueur indiquent qu’il a obtenu une exemption de vaccination contre la COVID-19, car il a contracté le virus en décembre et avait été déclaré positif le 16 décembre. 

Ils demandent également à ce que Djokovic puisse être transféré du centre de rétention pour pouvoir s’entraîner avant le début du tournoi, mais cette requête reste lettre morte. 

Des documents publiés le 17 décembre par la Fédération serbe de tennis montrent toutefois que Novak Djokovic a remis ce jour-là des coupes et des diplômes à de jeunes joueurs à Belgrade. La publication contient plusieurs photos de Djokovic qui pose avec des responsables de la Fédération et une vingtaine d’adolescents, tous sans masque.

La joueuse de tennis tchèque Renata Voracova quitte quant à elle l’Australie, où elle était retenue dans le même centre de rétention que Djokovic, après s’être vu refuser l’entrée sur le territoire alors qu’elle disposait également d’une exemption délivrée par la Fédération australienne de tennis aux règles anti-COVID-19 en vigueur dans le pays.

10 janvier

Un juge ordonne la libération immédiate de Novak Djokovic du centre de rétention. Un avocat du gouvernement australien avertit toutefois que ce dernier peut encore ordonner l’expulsion de Djokovic, ce qui aurait pour conséquence de lui interdire toute entrée sur le territoire australien pendant trois ans.

Le gouvernement australien concède toutefois que la façon dont l’entretien a été mené à l’arrivée de Djokovic à l’aéroport le 5 janvier n’était pas «raisonnable», car le joueur n’a pas eu la possibilité d’opposer ses arguments avant que son visa ne soit invalidé par les autorités. 

Pour le juge, si les autorités lui en avaient laissé le temps, Djokovic «aurait pu consulter d’autres personnes et présenter des arguments pour expliquer pourquoi son visa ne devrait pas être annulé». 

Le jugement prévoit en outre que les frais de justice engagés par le joueur de 34 ans seront aux frais du contribuable australien.

Le patron du tennis australien, Craig Tiley, défend de son côté sa Fédération contre les critiques l’accusant d’avoir induit les joueurs en erreur à propos de la réglementation pour entrer dans le pays, déclarant que le gouvernement avait «refusé» de vérifier la validité des exemptions médicales avant l’arrivée des joueurs.

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