Dix soldats russes ont été accusés jeudi pour des crimes de guerre présumés commis à Boutcha, qui vont être recherchés, ont annoncé les services de la procureure générale d'Ukraine sur leur compte Telegram.
• À lire aussi: EN DIRECT | 64e jour de combats en Ukraine
• À lire aussi: «Une guerre au XXIe siècle est une absurdité», déclare Guterres
«Dix soldats de la 64e brigade de fusiliers motorisés russe, appartenant à la 35e armée russe, ont été accusés, en lien avec le traitement cruel de civils et d'autres violations de la loi et des coutumes de la guerre», ont-ils indiqué.
Selon l'enquête, les militaires russes ont, pendant leur occupation de Boutcha en mars, «pris en otage des civils qui ne participaient pas aux hostilités et n'étaient pas armés. Les occupants ne leur ont donné ni à manger ni à boire», ont détaillé les services de la procureure Iryna Venediktova.
Écoutez Félix Séguin à l’émission de Richard Martineau tous les jours en balado ou en direct à 8h45 via l’app QUB et le site qub.ca :
«Les suspects les ont fait se mettre à genoux, leur ont bandé les yeux avec du tissu et du papier autocollant, leur ont lié les mains avec des attaches plastiques, et ont menacé de les tuer en tirant délibérément dans leur direction», ont-ils poursuivi.
«Pour obtenir des informations sur la localisation des soldats ukrainiens, et dans un cas sans justification, les militaires russes ont infligé des blessures aux civils. Ils ont reçu des coups de poing, des coups de crosse aux jambes, aux orteils et au torse. Les occupants ont aussi pillé la population locale, s'emparant de leurs affaires personnelles et leur équipement ménager», ont-ils énuméré.
La procureure a ajouté que les dix hommes feraient l'objet de recherches, afin de les arrêter et de les amener devant la justice.
S'ils ne sont pas à ce stade accusé d»avoir tué des civils, l'enquête continue sur «leur implication dans d'autres crimes, y compris des meurtres avec préméditation», a-t-elle précisé.
Cette accusation est la première depuis que 20 corps de personnes portant des vêtements civils ont été découverts par l'AFP gisant dans une rue de Boutcha le 2 avril, suscitant une condamnation et un émoi à travers le monde.
Les Ukrainiens ont accusé les Russes de crimes de guerre, mais Moscou a démenti toute responsabilité et parlé de corps «mis en scène» par Kyïv.
Le président russe Vladimir Poutine avait décerné le 18 avril un titre honorifique au titre de «l'héroïsme» à la 64e brigade de fusiliers motorisés, alors que l'Ukraine l'avait déjà accusée d'avoir participé aux exactions.
Au-delà de l'enquête ukrainienne, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), le Britannique Karim Khan, s'est rendu à Boutcha le 13 avril et a qualifié l'Ukraine de «scène de crime».
Il a annoncé qu'une équipe médico-légale allait travailler à Boutcha, et a depuis précisé que ses enquêteurs allaient travailler conjointement avec l'équipe commune d'enquête (JIT) formée en mars par la Lituanie, la Pologne et l'Ukraine avec le soutien d'Eurojust, l'agence de l'Union européenne pour la coopération judiciaire, pour faciliter la collecte de preuves.








