Discours identitaire: ému aux larmes, Zanetti dénonce l’impact sur les enfants immigrants
«Vous rendez-vous compte de la violence!» le député solidaire de Jean-Lesage

Geneviève Lajoie
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Ému aux larmes, le député solidaire Sol Zanetti déplore les préjugés dont sont victimes les enfants immigrants au Québec en raison du discours politique identitaire.
« Faire des immigrants les boucs émissaires, ça nuit, puis ça crée des préjugés. Moi, j’ai entendu des témoignages de parents dont les enfants issus de l’immigration se font dire à l’école des choses entendues ailleurs sur le fait que les immigrants sont responsables de la crise du logement, a-t-il dénoncé mardi, les yeux dans l’eau. Vous rendez-vous compte de la violence ! »
L’élu de Jean-Lesage se désole que des jeunes subissent les contrecoups du discours des politiciens. « Les enfants à l’école, ils n’ont rien demandé, a-t-il renchéri, encore remué. Ça me brise le cœur ».
Sol Zanetti se réjouit que toutes les formations politiques aient dénoncé la manifestation suprémaciste qui s’est tenue à Shawinigan. Sur les images ayant circulé, on peut voir une quinzaine d’individus cagoulés et tout de noir vêtus portant une banderole « Je me souviens d’un Québec blanc ».
Mais il invite ses pairs à faire attention à leurs propos, pour ne provoquer des « réactions hostiles » aux personnes issues de l’immigration.
« Lorsqu’(on) attribue des problèmes de la société québécoise à la présence d’immigrants sur le territoire, quand on dit que la crise du logement, la pression sur les services publics sont causés par des politiques d’immigration que certains vont dire massives, ça crée des préjugés. C’est très grave », a-t-il insisté.
La « dérape » et les « deux extrêmes »
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, admet qu’il y a actuellement une polarisation dans la population et qu’il est plus facile qu’avant de se radicaliser, chacun devant son écran. « Il y a de la dérape ».
Tous les politiciens ont une responsabilité lorsqu’ils prennent la parole. Mais le vice-premier ministre n’est pas d’avis qu’il faille lancer la pierre à une formation politique pour la manifestation suprémaciste de Shawinigan ou tout autre geste « haineux ».
Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon estime pour sa part que les politiciens doivent non seulement condamner ce rassemblement, mais « les deux extrêmes ».
« On est devant une polarisation de notre société. Il y avait une manifestation, à l’autre extrême, récemment, où on est-ce qu’on pendait un Juif avec un chandail du Canadien à côté dans une manif. Tout l’Occident est secoué par la polarisation des débats », a-t-il insisté.
Le PQ pas « radical »
Le leader souverainiste déplore par ailleurs le « désespoir » de la CAQ et son ministre Jean-François Roberge, qui traite les péquistes de « radicaux de la laïcité » en voulant interdire les signes religieux aux écoliers du primaire.
« Notre position, elle est fondée sur ce qu’on observe ailleurs dans le monde, elle n’est pas radicale si on compare à plusieurs pays d’Occident », a-t-il dit.