Cancer: une diminution importante des tests de dépistage
Agence QMI
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Alors que l’on cherche à tout prix à minimiser l’impact de la COVID-19 sur les autres activités médicales dans la province, des Québécois qui souffrent d’autres maladies tardent souvent à consulter.
Et les répercussions de la COVID-19 sur les soins anticancéreux sont bien réelles, selon le Dr Martin Champagne de l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec (AMHOQ).
«On sait qu’au Québec, il y a eu une diminution importante des tests de dépistage. Au cumul de l’année, on a une réduction d’environ 30% des tests de dépistage et on sait que le dépistage sauve des vies», a-t-il ainsi expliqué en entrevue à LCN.
Pour le Dr Champagne, il est donc primordial de reprendre l’ensemble des activités dans les hôpitaux.
«Les gens ont peur de se présenter à leur rendez-vous médical. Il y a beaucoup de craintes par rapport à la COVID. Les milieux hospitaliers ont mis en place des mesures pour réduire le risque autant que possible», a-t-il indiqué.
Des données américaines obtenues par le médecin montrent qu’une personne sur trois ne s’est pas présentée à son test de dépistage en raison de craintes liées au coronavirus.
«Présentez-vous à votre rendez-vous et soyez assuré [d'une chose]: le dépistage sauve des vies», a-t-il réitéré.
À défaut de remédier à cette situation, les risques de se retrouver dans quelques mois avec des cancers à des stades plus avancés sont fort probables.
«On creuse un déficit santé important présentement au Québec. Si on prend l’exemple du cancer du côlon, le test de dépistage de sang dans les selles permet de trouver des lésions précancéreuses qu’on appelle des polypes, qu’on peut enlever bien avant qu’elles ne deviennent cancéreuses ou précancéreuses», a-t-il précisé.
Le dépistage permet aussi de diagnostiquer des cancers asymptomatiques qui sont à un stade précoce.
«Quand on attend, le cancer va envahir plus profondément, va se répandre dans la région, dans les ganglions, ce qui fait que même si vous avez encore des chances de guérison, il est possible qu’on doive ajouter des traitements comme de la chimiothérapie préventive», a avancé le Dr Champagne.
Ce dernier craint une hausse de mortalité dans les prochaines années à cause des retards dans les diagnostics.