Difficile début de saison du Canadien: la barre a-t-elle été placée trop haut?


Jonathan Bernier
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Martin St-Louis a beau dire que six ou sept matchs, c’est un faible échantillon pour s’arrêter de façon pointilleuse sur les statistiques avancées, il n’est pas sans savoir que certaines fâcheuses tendances se dessinent.
Le travail en zone défensive, notamment. Il en parle souvent.
«On se tire dans le pied», répète-t-il.
Ça le titille. Ça se sent, ça se voit. Particulièrement dans ses points de presse. Pour la première fois depuis son entrée en poste, en février 2022, on le sent plus incisif dans ses réponses.
Comme n’importe quel être humain, l’entraîneur-chef du Canadien ne s’entend pas nécessairement bien avec tout le monde. Mais il me semble avoir la mèche plus courte.
«Même dans les moments difficiles, je m’amuse, a-t-il néanmoins insisté mercredi midi. C’est un défi qui peut m’amener à un niveau plus élevé.»
Dans le vestiaire aussi, ça commence à chauffer un peu plus.
«On est tannés de perdre, tannés de se faire sortir rapidement de la course. Il faut régler le problème rapidement», a lancé Jake Evans, au terme de l’humiliante défaite de 7 à 2 subie aux mains des Rangers.
La semaine dernière, lors de la visite des Kings, c’est le capitaine qui avait affiché son mécontentement en qualifiant la performance du groupe de «décevante» et d’ «immature».
«Quand tu es un compétiteur, tu détestes ne pas gagner. Donc, c’est certain que je suis fâché. Je veux en faire plus pour aider l’équipe», a déclaré Mike Matheson, mardi matin.
Proche de la cave
Quelque part, toutes ces pointes d’impatience sont bon signe. Elles démontrent une insatisfaction en regard des attentes. Des attentes qui sont désormais un peu plus élevées que la simple progression ou l’adhésion au processus.
Sauf qu’il vaut la peine de se poser la question suivante: la direction a-t-elle mis la charrue devant les bœufs en parlant de course aux séries, de présence dans le mix jusque, à tout le moins, la date limite des transactions?
A-t-elle créé de faux espoirs auprès des partisans qui, eux aussi, sont vites sur la gâchette cet automne? Et auprès des joueurs eux-mêmes?
Après tout, la formation est pratiquement la même que celle de l’an dernier.
Évidemment, la direction ne pouvait prévoir que Patrik Laine serait hors de la circulation jusqu’aux Fêtes. Toutefois, elle a peut-être placé la barre un peu haut en s’attendant à ce que Kirby Dach reprenne là où il avait laissé après un match et demi... il y a 12 mois.
Actuellement, le Tricolore occupe l’avant-dernier rang de l’Association de l’Est. Dimanche, à Philadelphie, le dernier échelon pourrait être à l’enjeu.
Bref, c’est plus que mince au niveau des avancées. Après le même nombre de matchs, la saison dernière, la troupe montréalaise affichait neuf points au compteur. Quatre de plus que cette saison.
À ce rythme, la sortie de piste du Canadien coïncidera avec le retour au jeu de Laine.
Quand la chaîne débarque
Il a souvent été question des débuts de match de l’équipe au cours des deux premières semaines du calendrier. Avec raison. Le Tricolore a accordé 12 buts en première période. Un sommet peu enviable qu’il partage avec l’Avalanche du Colorado.
Cependant, avant le massacre de mardi, il n’avait accordé qu’un seul but dans les 10 premières minutes d’un match. En revanche, il en avait inscrit trois.
Ce qu’il y a de plus inquiétant, c’est à quel point la chaîne débarque lorsque la situation se gâte. Comme si, contrairement à l’an passé, les joueurs du Canadien n’avaient plus cette fougue qui les incitait à se battre jusqu’à la dernière seconde.
Que ce soit contre les Bruins, les Penguins, les Kings ou les Rangers, le Tricolore a encaissé, à un moment ou l’autre du match, quatre buts consécutifs [deux fois la séquence incluait un but dans un filet désert]. Quatre fois en sept matchs.
Y a de quoi commencer à perdre patience.