Imperméable à la pression: pourquoi Nick Suzuki s'en va aux JO avec le Canada

Nicolas Cloutier
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MINNEAPOLIS | Boudé au tournoi des 4 nations, Nick Suzuki a forcé la main d’Équipe Canada, qui pourrait lui confier un rôle important dans l'ombre des Connor McDavid et Nathan MacKinnon. Le capitaine du CH ajoutera une ligne importante à son curriculum vitae en devenant un olympien à Milan-Cortina au mois de février.
Il s’agit d’un exploit non-négligeable pour l’homme à tout faire du CH, sachant que les bonzes de Hockey Canada adorent la continuité. On compte dans la formation olympique annoncée mercredi au Renaissance Hotel de Minneapolis seulement quatre attaquants qui brillaient par leur absence aux 4 Nations, et Suzuki est l’un deux, accompagné de Tom Wilson, de Bo Horvat et de Macklin Celebrini.
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Ce sont ainsi Travis Konecny, Seth Jarvis et, étonnamment, Sam Bennett qui ont été coiffés au fil d’arrivée. Bennett avait été extrêmement efficace pour aider le Canada à triompher au mois de février dernier, mais il a fait les frais de la profondeur canadienne.
«Suzuki continue d’être un très bon joueur, a simplement expliqué le directeur général du Canada, Doug Armstrong. Je dois dire que Martin St-Louis a fait un travail fabuleux avec le Canadien, mais Nick est un acteur principal de l’ascension de cette équipe.»
Parmi l'élite de la LNH
Dans les mois qui ont suivi la confrontation des 4 Nations, la donne a changé dans l’évaluation de Suzuki. Le numéro 14 était déjà un joueur dominant, bien entendu, mais il a franchi un autre niveau dans son jeu.
Depuis le 20 février, le joueur de centre no 1 du CH a amassé 28 buts et 53 aides pour 81 points, ce qui le place au cinquième rang de la LNH.
Au moment de la conclusion de ce fameux tournoi, le Canadien accusait six points d’écart au classement sur les Red Wings, qui détenaient provisoirement la dernière position donnant accès aux séries dans l’Est. Les «Wings» avaient qui plus est un match en main. Mais Suzuki a forcé son directeur général Kent Hughes à n’effectuer aucun échange à la date limite et a amené son club en séries par pure détermination.
«La pression de jouer pour le Canada est à un niveau. La pression de jouer à Montréal est à un niveau différent, a illustré Armstrong. Et la pression d’être capitaine à Montréal est à un autre niveau encore.»
Plusieurs cordes à son arc
Suzuki pourrait porter plusieurs chapeaux pour la formation canadienne. S’il n’occupe pas régulièrement un rôle de premier plan en infériorité numérique pour le CH, c’est seulement parce que St-Louis doit gérer son temps de jeu.
«On adore sa polyvalence, a vanté Armstrong. On sait qu’il peut écouler des punitions. On sait qu’il peut jouer en avantage numérique. On sait qu’il est un joueur sur 200 pieds. Le groupe de gestionnaires voulait fournir à Jon Cooper des joueurs avec plusieurs outils dans leur coffre.
«Nick peut boucher plusieurs trous dans la formation de Jon.»
Binnington de retour
Si on croyait à une intrigue dans les buts quant au sort de Jordan Binnington, il semble que sa place dans l’équipe n’ait jamais été remise en doute par les décideurs.
En tant que DG des Blues, Armstrong sait tout ce qu’il faut savoir à son sujet.
«Dans nos discussions entre décideurs, une chose qui m’a surpris est que son nom n’a jamais été soulevé comme un point d’interrogation, a raconté Armstrong. Ce qu’il a fait aux 4 Nations a cimenté sa réputation. Ses statistiques ne sont pas à son goût cette saison, mais je peux vous dire que les Blues n’ont pas offert devant lui un produit dont on peut être fier.»
Binnington sera épaulé par deux nouveaux gardiens en Darcy Kuemper et Logan Thompson. Adin Hill et Samuel Montembeault ne seront pas de retour.
Montembeault a malheureusement été miné par un terrible début de saison, bien que sa victoire aux dépens des Panthers suggère qu’il retrouve lentement mais sûrement ses repères.
L’expérience valorisée
En défense, le Canada a opté pour la même formule en conservant ses huit défenseurs. Le nom de Matthew Schaefer a tout de même été mentionné dans les débats à l’interne, ce qui est en soi un exploit considérant ses 18 ans.
«Il n’était pas sur mon radar au début de la saison, a naturellement avoué Armstrong. J’étais abasourdi de le voir émerger dans nos conversations.»
Le vice-président aux opérations hockey de la fédération, Misha Donskov, avait glissé un indice la veille en soutenant que l’expérience avait été valorisée dans le processus de sélection.
Du haut de ses 19 ans, Celebrini a défoncé la porte à l'attaque et n’a donné aucun choix aux décideurs, mais Connor Bedard n’a pas connu le même sort. La décision de l’écarter n’est pas forcément liée à la blessure à une épaule qui le tient présentement sur le carreau.
«Son nom était considéré jusqu’à la dernière minute. On aurait pu le nommer quand même, mais la réalité est qu’il y a tellement de bons joueurs et nous avons des décisions difficiles à prendre», a justifié Armstrong.