Deux matchs contre le Canadien: ça passe ou ça casse pour les Red Wings


Jonathan Bernier
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DETROIT | «C’est la réalité d’une jeune équipe impliquée dans un processus pour devenir une équipe de séries éliminatoires. Il y a des hauts et des bas.»
Non, cette déclaration ne vient pas d’un joueur du Canadien. C’est Ben Chiarot, défenseur des Red Wings, qui l’a offerte aux quelques journalistes montréalais attroupés devant son casier, lundi matin, au Little Caesars Arena. Et elle concernait sa propre équipe.
Le résultat des deux matchs face au Canadien décidera du sort de Chiarot et de ses coéquipiers. Soit il y aura des séries, soit les Wings connaîtront un printemps hâtif pour la huitième fois de suite.
Si Chiarot parle de hauts et de bas, c’est que les Wings, à la toute fin du mois de février, détenaient une priorité de huit points sur la première équipe exclue du portrait des séries. Puis, une séquence de sept revers les a amenés au bord du gouffre. Ils sont maintenant quatre équipes à lutter pour une place.

«Ça nous a fait mal, a reconnu Chiarot, à propos de cette mauvaise séquence. Mais on a rebondi. Qu’on fasse les séries ou non, on a acquis de l’expérience et on a appris comment jouer des matchs qui nous donnent des chances de gagner.»
Avouez qu’on dirait entendre des joueurs ou des membres de la direction du Tricolore. D’ailleurs, attendez-vous à des déclarations semblables, l’an prochain, si les Montréalais arrivent à court par quelques points.
De l’expérience dans le bagage
Car le processus (un autre mot du Canadien) dans lequel l’équipe de Martin St-Louis se trouve actuellement n’est pas tellement différent de celui des Red Wings: une équipe dont la relève est en pleine formation.
Pour épauler les Lucas Raymond, Moritz Seider et Simon Edvinsson et même les Alex DeBrincat et Dylan Larkin dont l’expérience en séries est plutôt mince, Steve Yzerman a fait les acquisitions de vétérans un peu plus aguerris comme Chiarot, Patrick Kane, Jeff Petry et David Perron.
«Ce qu’on vit présentement, peu importe l’issue, ça va rester avec les jeunes et les aider tout au long de leur carrière, a fait valoir Perron. En 2008-2009, avec les Blues, on s’était qualifiés pour les séries vers la fin de la saison. Ensuite, on avait perdu en quatre contre les Canucks, mais c’est une expérience qui m’a toujours servi.»
Une décennie plus tard, Perron a gagné la coupe Stanley avec les Blues. Kane en compte trois à son palmarès. Pour leur part, Chiarot et Petry ont atteint la finale, dans l’uniforme du Tricolore, en 2021.
«Notre rôle, c’est de garder tout le monde calme et stabiliser le bateau, a illustré Chiarot. Ça fait un mois qu’on dispute des matchs qu’on doit absolument gagner, donc il faut garder le groupe engagé et prêt, peu importe ce qui se passe.»
«Il faut savoir gérer nos émotions, a fait valoir Perron. J’en parle souvent dans nos rencontres d’équipe. Après une défaite, il faut trouver le moyen de s’énergiser. Après une victoire, il faut éviter de regarder trop en avant.»
Toutes des choses que l’expérience et les années dans les tranchées (ou les tranches, comme dirait Martin St-Louis) nous apportent.