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Cher Franco, dessine-nous un ami...

La seule certitude est que l’amour et l’amitié sont plus forts que la mort

Photo d'archives, Agence QMI
Photo portrait de Josée Legault

Josée Legault

2026-02-10T05:00:00Z

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À 72 ans, Franco Nuovo a quitté la vie sans crier gare. Une crise cardiaque l’a emporté loin des siens le jour même de son émission Dessine-moi un dimanche sur les ondes d’ICI Première.

Je n’ai pas connu Franco sur une base personnelle, mais j’ai travaillé à la radio avec lui. C’était dans l’inoubliable grande tour de Radio-Canada où j’avais eu le privilège de rejoindre la formidable équipe de Joël Le Bigot.

Depuis dimanche soir, la déferlante de réactions d’auditeurs et de collègues à la mort soudaine de Franco Nuovo est franchement bouleversante.

On entend aussi des récits d’amitiés fidèles qui se comptent non pas en années, mais en décennies.

Leurs témoignages sont liés par un état prenant de très grand choc. La mort non annoncée d’un ami, d’un vrai, est un coup brutal de poignard porté tout droit au cœur.

Dans nos vies de fou où les textos remplacent trop souvent la voix humaine, on ne mesure pas assez la douleur profonde du départ soudain d’une grande amie ou d’un grand ami.

Cette fois-ci, impossible toutefois d’y échapper parce qu’elle s’exprime sur des tribunes publiques. Une douleur qui, en effet, doit se dire.

Ceux et celles qui l’ont vécu dans leur chair savent d’ailleurs la peine immense qu’est de voir partir un ami sans le moindre avertissement. C’est un chemin cruel que personne ne souhaite.

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Sa voix s’est éteinte

Comme tant d’autres, j’ai perdu des amis à cause de longues maladies. Leur absence m’habitera toujours, mais avec le temps, le souvenir de nos fous rires et de nos larmes partagés refait de plus en plus surface.

Il y a deux ans, par un froid matin de février, mon grand ami des trente dernières années s’en est allé subitement. Son cœur, pourtant si grand, s’est tout simplement arrêté de battre.

D’un trait, sa voix s’est éteinte. Ses appels ont cessé. Ses textos, ses écrits et ses observations aiguisées sur la politique, la vie et le monde, qu’il m’envoyait dès 5h30 du matin, sont terminés.

Son écoute et ses conseils, y compris dans mes jours les plus sombres, se sont volatilisés.

Même notre promesse mutuelle d’un souper et d’un martini «pour bientôt» s’était vue repoussée depuis quelque temps par nos vies trop prises. Et encore plus par cette saloperie de pandémie.

La seule certitude

Mon grand ami avait eu le bonheur inouï de rencontrer enfin le véritable amour. Deux âmes sœurs à la vie à la mort. En voyage, il m’envoyait des photos étonnantes de leurs découvertes. Même au loin, il était toujours là.

Il me manque terriblement. Je le sens pourtant encore présent. Je lui parle tous les jours dans l’espoir de détecter sa réponse au gré d’un rayon de soleil ou d’une pleine lune.

Aux amis de Franco précipités en état de choc, je vous offre toutes mes condoléances. Puisse-t-il vous accompagner dans vos vies et vos rêves à venir.

Toutes mes condoléances aussi à sa famille, qu’il aimait tant, et à ses nombreux collègues éplorés.

La seule certitude est que l’amour et l’amitié sont plus forts que la mort.

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