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Des voix militent pour le TGV à Québec

Transport Canada étudie plutôt l’option d’un train à grande fréquence

Photo d'archives, Stevens Leblanc
Photo portrait de Martin Lavoie

Martin Lavoie

2023-04-18T09:00:00Z

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Des gens d’affaires et des décideurs de Québec joignent leurs voix à celle du maire Bruno Marchand pour que la capitale soit incluse dans un projet de train à grande vitesse (TGV) plutôt qu’à grande fréquence (TGF) comme le préconise le gouvernement fédéral.

Dans une lettre ouverte publiée 13 personnes de la région dont Steeve Lavoie, président Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), Jean-François Chalifoux, de Beneva, Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval, Albert Falardeau, de Familiprix, Geneviève Fortier, de Promutuel, Bernard Labelle, de CGI et Denis Ricard, de iA Groupe financier, plaident pour un lien qui permettrait de «franchir la distance Québec-Montréal en moins d’une heure trente, et ensuite se rendre de Montréal à Toronto en moins de trois heures.»

«Nous voulons que Québec entre dans la mobilité moderne», a expliqué en entrevue au Journal Steeve Lavoie, de la CCIQ.

Il a été beaucoup question du projet de TGF il y a quatre ou cinq semaines.

«C’est à ce moment que j’ai contacté des gens d’affaires de Québec. Tout le monde souhaite un TGV. Les signataires sont de gros employeurs, présents au niveau national et international. Ils veulent voir Québec croître. Nous étions rendus à faire une lettre ouverte pour le faire savoir», estime M. Lavoie.

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En mars 2022, dans sa « demande d’expression d’intérêts » pour le projet de TGF, Transports Canada évoquait une vitesse maximale de 200 km/h. Une cinquantaine d’entreprises auraient répondu à l’appel.

Le bon moment

«Ce que l’on veut, c’est que le gouvernement étudie la possibilité d’un TGV pour voir quel est le meilleur projet, lance M. Lavoie. La fenêtre est là. Et si on ne le fait pas maintenant, il n’y aura pas de TGV avant 50 ou 100 ans.»

Alors qu’une liaison directe Québec-Montréal est évoquée, M. Lavoie ne serait pas contre un arrêt à Trois-Rivières par exemple, si cela peut favoriser le projet.

«Un lien direct entre Québec-Montréal prendrait 1h20, dit-il. Ce serait peut-être 1h45 avec un arrêt à Trois-Rivières, mais ce serait quand même mieux que trois heures. Mais si la solution (TGF) retenue ne fait gagner que 10 ou 20 minutes, les gens vont continuer à prendre l’auto. Un TGF c’est bien, mais un TGV c’est mieux. On a besoin de vitesse.»

En janvier, le géant du train Alstom avait expliqué au Journal que si un «TGV (vitesse maximale de 300 km/h) coûte de 20 à 30 % de plus qu’une version plus lente (...) l’investissement serait plus rentable parce que plus de gens l’utiliseraient.»

Steeve Lavoie pense qu’un TGV pourrait même coûter deux ou trois fois plus qu’un TGF, mais il est convaincu que le jeu en vaut la chandelle en raison de «l’énorme impact au niveau économique. Il y a un enthousiasme pour le TGV à Québec, c’est clair, clair, clair.»

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Des appuis

Le maire de Québec, en janvier dernier, a déclaré avoir eu des discussions avec plusieurs ministres du gouvernement Trudeau.

«Ma position, c’est un TGV, pour des raisons évidemment de capacité de transporter des gens avec une durée qui est beaucoup moindre et qui favorise un transfert modal des gens qui se déplacent dans un corridor Québec-Kingston», avait alors affirmé Bruno Marchand.

Le gouvernement du Québec s’est aussi prononcé pour un TGV.

Les impacts

La lettre mentionne que «Québec est isolée des métropoles. Cela constitue un inconvénient important pour son économie et la mobilité des personnes. Des études concluent par ailleurs que les régions métropolitaines plus petites reçoivent davantage de bénéfices d’un train rapide, car on les connecte à des villes et des bassins de population plus importants.»

Les signataires estiment aussi que le TGV aurait des impacts positifs sur l’environnement, le tourisme, la pénurie de main-d’œuvre, le recrutement des meilleurs talents et le maintien des sièges sociaux.

«Il s’agit d’une opportunité à saisir pour atténuer les impacts socioéconomiques du vieillissement démographique de Québec qui se situe parmi les plus importants au pays. (...) Nous appelons donc le gouvernement fédéral à démontrer de la vision, de l’ambition et à porter son regard jusqu’à Québec pour le TGV», concluent les auteurs.

—Avec la collaboration de Stéphanie Martin et de Sylvain Larocque

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