Tous les résultats
Publicité

Des travaux de soudure sur une remorque-citerne d’essence mal nettoyée ont causé l’explosion à Saint-Roch-de-L’Achigan

Photo portrait de Erika Aubin

Erika Aubin

2023-12-19T16:15:21Z

Partager

La violente explosion qui a tué trois travailleurs dans une entreprise de propane à Saint-Roch-de-l’Achigan a été causée par des travaux de soudure sur une remorque-citerne qui n’avait pas été nettoyée de ses vapeurs d’essence, selon la CNESST.  

• À lire aussi: Funérailles: Saint-Roch-de-l’Achigan pleure le décès des deux cousines dans l’explosion de Propane Lafortune

• À lire aussi: Explosion à Saint-Roch-de-l’Achigan: l'identité des victimes dévoilée par la SQ

• À lire aussi: [PHOTOS] Explosion à Saint-Roch-de-l'Achigan: voyez l'ampleur des dégâts

Le 12 janvier dernier en avant-midi, un employé chez Soudure A.C effectuait des travaux de soudage sur une remorque-citerne d’essence appartenant à l’entreprise Gaston R. Lafortune.

Quelques jours plus tôt, une inspection de la SAAQ a relevé plusieurs défectuosités majeures sur la remorque-citerne, notamment des fissures. La vignette d’inspection annuelle était également expirée. Le camion devait être réparé avant de pouvoir retourner sur la route. 

MAXIME DELAND/AGENCE QMI
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

 

«On a de la réglementation et des règles de l’art [...] Avant tout travail à chaud, les citernes doivent être débarrassées de toute matière inflammable, notamment en nettoyant avec de la vapeur d’eau», a expliqué l’inspecteur Martin Rondeau à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Publicité

«Par la suite, ça prend un test d’explosivité pour détecter la présence de vapeur explosive qui pourrait rester malgré le travail de décontamination», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse ce matin à Joliette. 

Pas dans les règles de l’art 

Or, ni le propriétaire de l’entreprise de soudage embauchée pour les travaux ni l’entreprise familiale de livraison de propane établi dans Lanaudière depuis de nombreuses années n’ont suivi ces étapes.

La CNESST retient deux causes pour expliquer ce drame. L’explosion a été causée par l’allumage des vapeurs d’essence à l’intérieur d’un compartiment de la citerne. De plus, les travaux de soudage se faisaient à l’intérieur d’un bâtiment – qui n’était pas conçu à cet effet –, ce qui a mis en danger les travailleurs sur place, selon le rapport d’enquête.  

À des kilomètres à la ronde, des citoyens de Saint-Roch-de-l’Achigan avaient entendu les détonations qui avaient même fait vibrer des maisons alentour. Le feu avait fait rage pendant des heures avant d’être maîtrisé.

Capture d'écran, TVA Nouvelles
Capture d'écran, TVA Nouvelles

 

Trois victimes

Trois personnes avaient perdu la vie, dont le soudeur Christophe Paradis, âgé de 26 ans. Lors de l’explosion, celui-ci s’est retrouvé coincé dans la fosse de réparation à l’intérieur du garage. Les deux autres victimes, Céline Pilon et France Desrosiers, étaient secrétaires pour l’entreprise familiale. 

Publicité

Les femmes de 65 ans étaient également des cousines. Rappelons que le drame avait grandement secoué la communauté tissée serrée de Lanaudière. 

Céline Pilon et Christophe Paradis
Céline Pilon et Christophe Paradis Photo fournie par une source journalistique et tirée du Facebook de Christophe Paradis

France Desrosiers
France Desrosiers Photo Courtoisie

La CNESST a interdit à l’entreprise familiale ainsi qu’au sous-traitant Soudure A.C d’entreprendre tout travail à chaud sur ou à proximité d’une citerne qui a déjà contenu des produits combustibles ou inflammables. 

Le corps de l'une des victimes est évacué par des policiers de la Sûreté du Québec.
Le corps de l'une des victimes est évacué par des policiers de la Sûreté du Québec. MAXIME DELAND/AGENCE QMI

 

«Une fois que l’enquête est faite, les services juridiques de la CNESST vont analyser la situation pour voir s’il y a lieu de remettre des constats d’infraction. C’est à l’étude en ce moment», a fait savoir la porte-parole Cindy L’Heureux au Journal

La Sûreté du Québec menait également une enquête afin de déterminer s’il y a eu de la négligence criminelle dans cette affaire. Le dossier a été soumis au DPCP il y a quelques mois, a-t-on appris. Celui-ci est toujours sous analyse. 

1 / 6

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité