Des résultats de recherches Google trafiqués pour aider Trump dans son projet de déportation de masse?


Gabriel Ouimet
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L'agence américaine chargée de l'immigration et des frontières (ICE) aurait modifié les dates de publication de milliers de communiqués de presse afin de manipuler les résultats de recherche sur Google. L’objectif: gonfler artificiellement le nombre de déportationd survenues depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
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Au cours des deux dernières semaines, le compte X de l’ICE affiche quotidiennement des photos de migrants arrêtés dans le cadre du projet de déportation de masse de Donald Trump, ainsi que leurs crimes présumés: conduite en état d'ébriété, possession de matériel pédopornographique, agression, vol, meurtre, etc.
— U.S. Immigration and Customs Enforcement (@ICEgov) February 7, 2025
L’ICE diffusé également plusieurs de ses opérations, tout en ébruitant de supposées arrestations qui ont mal tourné.
ICE officers arrest a criminal alien yesterday during routine enforcement operations at a worksite in El Paso, Texas. pic.twitter.com/1VUHgzpyYg
— U.S. Immigration and Customs Enforcement (@ICEgov) February 4, 2025
En recherchant de l’information sur ces opérations de déportation, un avocat américain spécialisé en droit de l’immigration a été confronté à une avalanche de plusieurs milliers de communiqués de presse récents de l’ICE sur la première page de résultats de Google.
«L'ICE arrête 85 personnes au cours d'une opération de quatre jours au Colorado», «La Nouvelle-Orléans mène des opérations ciblées contre 123 criminels non citoyens», «L'ICE arrête 83 criminels étrangers dans le Wisconsin»: les titres des publications évoquaient des opérations d'expulsion menées aux quatre coins du pays.
En regardant de plus près, l’avocat s’est toutefois aperçu que les rapports décrivaient des opérations qui avaient eu lieu il y a plusieurs mois, voire plusieurs années, a-t-il confié au média britannique The Guardian.
Tous les communiqués de presse avaient été mis à jour en janvier 2025.
Google se défend
Dans un communiqué, Google explique que l’ICE a récemment archivé les communiqués dans une nouvelle section de son site, ce qui a provoqué une mise à jour des fichiers.
L’entreprise a aussi souligné qu’elle a l’habitude de «refléter les dernières mises à jour d’une page» et que les internautes qui utilisent ses services pour rechercher de l’information sur les déportations ont accès à un large éventail de sources et d’articles de presse récents.
L’enquête du Guardian a révélé que les communiqués problématiques de l’ICE apparaissent aussi sur le moteur de recherche Bing.
Sous le couvert de l’anonymat, un technicien en informatique a indiqué au média britannique qu’il ne faisait pas de doute que la manipulation des fichiers sur le site de l’ICE était destinée à manipuler les résultats sur les moteurs de recherche.
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Des opérations pour semer la peur?
Inonder les médias et les résultats de recherche Google avec ces histoires d'arrestations s'inscrit dans une stratégie de manipulation par la peur, soutient Lindsay M Harris, professeure spécialisée dans le droit de l'immigration et de l'asile à l'Université de San Francisco.
«Tout cela vise à envoyer un message aux immigrants pour leur dire d'avoir peur. Indépendamment des chiffres réels, l'impact visuel de ces arrestations de masse à travers le pays a des répercussions très concrètes», a-t-elle affirmé au Guardian.
Le quotidien britannique indique que depuis que l’ICE et Google ont été contactés par ses journalistes, les dates de publication originale de plusieurs communiqués de presse sont réapparues. Ces communiqués n’apparaissent donc plus en tête des résultats de recherche sur Google.