Des règles olympiques changées pour éviter au Canada de tricher
Le pays se retrouve au cœur d’une controverse gênante en Italie


Jean-Nicolas Blanchet
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MILAN | Après le drone espion qui a fait passer les Canadiens pour des cabochons à Paris, voilà que l’image du pays est encore ternie par un scandale de tricheries aux Olympiques. Cette fois-ci en curling, forçant même ce sport à modifier ses règlements pour la suite des Jeux.
Dans les faits, les deux tricheries sont loin d’être comparables.
À Paris, l’équipe canadienne avait été épinglée alors qu’elle espionnait l’entraînement d’une équipe adverse à l’aide d’un drone.
À Cortina d’Ampezzo, un curleur canadien est accusé d’avoir, à de multiples reprises, retouché à sa pierre après l’avoir lancée et avant que cette dernière ait touché à la ligne de jeu.
Une petite touche discrète avec un doigt, comme pour lui donner une dernière petite direction. Et ça, c’est formellement interdit.
Un curleur peut toucher la poignée de sa pierre autant de fois qu’il le désire, avant que cette dernière ait franchi la ligne de jeu. S’il enfreint de règlement, que ce soit parce qu’il a tenu la poignée trop longtemps ou qu’il y a retouché une fois qu’elle fut lancée, on parle de double touche. Des dispositifs sont en place pour détecter automatiquement ce genre de faute.
Toutefois, dans le cas du Canada, on a touché à une zone grise puisque ce qui a été reproché aux curleurs Marc Kennedy et Rachel Homan, c’est qu’ils ont semblé toucher au granit, la portion inférieure de la pierre, ce qui est formellement interdit à n’importe quel moment et qui, selon les règles de la Fédération mondiale de curling, mène au retrait automatique de la pierre en question.
Dans ce cas, comme dans l’histoire du drone à Paris, ce n’est pas fort. On s’entend. Mais c’était pas mal plus épais à Paris.
Je ne suis pas un curleur, mais j’ai parlé à quelques amis qui le sont et qui m’ont raconté que ce n’était pas de la grande tricherie. Dans le sens que ça ne changeait pas grand-chose à la direction de la pierre. Ça peut aider, mais pas beaucoup.

Une réaction gênante
Toutefois, au niveau de l’image, on mange encore une volée sur la scène internationale.
Notamment parce que le curleur canadien Marc Kennedy a réagi comme un gamin en crise d’adolescence quand il a été épinglé vendredi dernier.
Grâce au micro qu’il portait, toute la planète a pu l’entendre dire «va te faire foutre» («fuck off»), à l’adversaire suédois qui lui demandait d’arrêter de tricher.
Kennedy a nié. Puis la reprise a bien démontré qu’il trichait.
Puis, contre la Suisse, le lendemain, même chose. Un curleur a accusé le Canada de faire la «double touche».
Dans tous les cas, l’équipe masculine n’a pas été pénalisée. Les équipes féminines canadiennes et britanniques l’ont été, par contre.
Nouvelles règles
Mais ça brasse trop et la Fédération internationale de curling a dû agir. Elle a ainsi modifié ses protocoles.
Dans les dernières heures, la fédération a annoncé qu’une équipe allait pouvoir demander à deux arbitres de surveiller étroitement le lancer de l’adversaire durant trois manches consécutives, sur demande.
Voilà qui devrait régler une partie du problème.
Soulignons que la reprise vidéo n’a pas encore fait son entrée au curling.
La finale, du côté masculin, sera disputée samedi. La ronde préliminaire prend fin jeudi.