Des Québécois sont coincés au Qatar: la vie continue, malgré les missiles
Zoé Arcand
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Au Qatar, la vie continue malgré le bruit des explosions qui retentissent au loin, observent des Québécois coincés là-bas après que leurs escales de retour à la maison de voyages en Asie ont pris des tournures angoissantes pour eux.
« Les gens qui travaillent à notre hôtel sont hyper calmes. Les résidents marchent dans les rues et profitent des terrasses », décrit Francis Vézina, un Québécois qui doit rester à Doha, la capitale qatarie, plus longtemps que prévu.
Avec sa conjointe, Geneviève Beaudoin, il rentrait d’un voyage en Thaïlande et devait prendre un vol vers Montréal dimanche. Mais de l’autre côté du golfe Persique se trouve l’Iran, qui échange des frappes avec Israël et les bases américaines situées au Moyen-Orient.

Impossible pour ce couple, donc, de s’envoler vers le Québec. Alors que des bruits d’explosions se font entendre et que des bâtiments sont secoués par les détonations, il est contraint de rester sur place.
Un missile devant l’hôtel
« Samedi, un débris de missile est tombé du ciel devant l’hôtel », a rapporté M. Vézina, manifestement sous le choc.
Le ministère qatari de la Défense a indiqué, par voie de communiqué, que son système de défense avait intercepté des missiles pendant la fin de semaine.
De toute évidence, « les Qataris font confiance » à la capacité de leur gouvernement de les protéger, témoigne-t-il, puisqu’il note « une légèreté » dans l’air.

Dans cette ambiance surréelle, sous le soleil du Moyen-Orient, il admet qu’il aimerait que la confiance des résidents du pays déteigne sur lui.
« On ne dort pas », déplore-t-il.
Le calme des Qataris impressionne aussi Jacob, un beauceron de 25 ans qui avait choisi de faire une escale de trois jours au Qatar au retour d’un voyage en Thaïlande avec des amis.
« On voulait voir le désert, avoir un choc culturel », explique-t-il. En matière de chocs, il a été servi quand il a reçu une alerte entièrement écrite en arabe sur son téléphone samedi.
« On a compris que c’était une alerte de missile », lance-t-il. C’est un peu plus tard en journée qu’il a entendu une explosion et aperçu un nuage de fumée blanche. Quelques « vagues de tirs » se sont fait entendre tout au long de la fin de semaine, rapporte-t-il.
Malgré tout, il est lui aussi surpris de voir les résidents de Doha vaquer à leurs occupations pratiquement normalement.
« On dirait que la vie continue. Si on avait été au Québec, les gens seraient en train de capoter », croit-il.
Où est le Canada ?
Lui et ses amis gardent le moral et y vont « au jour le jour ». Mais Jacob s’admet déçu de l’accompagnement du gouvernement canadien.
« On dirait qu’on nous envoie des messages automatisés », a indiqué celui qui a tenté de se rendre à l’ambassade canadienne. Mais cette dernière est fermée en raison des frappes.
« Ils ont envoyé un message comme quoi il ne fallait pas voyager au Qatar... mais j’y suis déjà », soupire-t-il.
Même son de cloche chez Francis Vézina et sa conjointe, qui « auraient aimé avoir plus de conseils de sécurité » et qui espèrent qu’une route sera sécurisée pour permettre leur rapatriement.