Des publicités frauduleuses qui imitent les grands médias viennent polluer votre fil Facebook, mais rien n’est fait par les autorités
«Le Journal» a été victime d’un vol du visuel de son site par un ou des individus, qui ont fait miroiter des «opportunités financières» pouvant rapporter «1500$ par semaine»

Antoine Lacroix
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Des publicités frauduleuses qui utilisent l’image des grands médias, dont celle du Journal de Montréal, continuent de polluer les réseaux sociaux, mais les plateformes comme Facebook ne semblent rien faire pour empêcher leur diffusion.
«Ça fait longtemps que ça dure, ça pullule sur Facebook, et le problème, c’est que rien ne semble les arrêter», dénonce Éric-Pierre Champagne, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).
Ces derniers temps, c’est Le Journal qui a été victime d’un vol du visuel de son site par un ou des individus malintentionnés, qui ont fait miroiter des «opportunités financières» pouvant rapporter «1500$ par semaine».

À quelques détails près, un lecteur pourrait s’y méprendre et penser lire un véritable reportage. Le faux site va même jusqu’à utiliser la photo et le nom d’un de nos journalistes de la section Argent.
«Au-delà de l’usurpation de mon identité et de ma réputation, ce qui m’inquiète avant tout est que des citoyens puissent tomber dans leur panneau et subissent d’importantes pertes financières», soutient Martin Jolicoeur, le journaliste impliqué malgré lui.
Les médias bloqués
Ces publicités trompeuses peuvent être diffusées sur Meta pendant que le contenu des médias canadiens est bloqué sur ses plateformes depuis août 2023.
«Ce sont des individus qui profitent du vide sur les plateformes de Meta, estime Éric-Pierre Champagne. Mais Meta s’enrichit avec cette situation, car n’oublions pas qu’ils les payent pour diffuser ces publicités.»
«Facebook est devenue la poubelle du monde, martèle Dany Doucet, éditeur du Journal de Montréal et du Journal de Québec. Ils publient n’importe quoi sans rien vérifier. Ils laissent des fraudeurs les utiliser impunément. C’est non seulement immoral pour une entreprise qui fait autant de profit, mais c’est aussi dangereux pour le public vulnérable et pour la démocratie, d’autant plus qu’il devient de plus en plus difficile de voir la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux, entre ce qui est légal et ce qui est de la fraude.»
La responsabilité aux géants du web
Selon la FPJQ, Meta devrait être tenu responsable des annonces qu’il accepte de diffuser, puisqu’il est la courroie de transmission pour que la population ait accès à ces tentatives de fraude.
«Si des médias publiaient des contenus frauduleux, il y aurait clairement des conséquences. Pourquoi ce n’est pas valable pour Meta?» se demande Éric-Pierre Champagne.
Il aimerait que le gouvernement décide finalement d’intervenir et «cesse de faire preuve de complaisance».
Contacté par Le Journal, Meta n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue, tout comme les gouvernements provincial et fédéral.
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