Même si les futurs profs sont plus nombreux à l’Université Laval cet automne, le nombre d’inscriptions dans certains programmes est en baisse alors que les besoins dans les écoles de la région sont criants.
Le Journal rapportait jeudi qu’il manque toujours une cinquantaine d’enseignants dans la région de Québec, plus de deux semaines après la rentrée. Au primaire, les profs d’anglais et de musique sont une denrée rare alors qu’au secondaire, il reste des contrats à pourvoir notamment en mathématiques et en français.
Or à l’Université Laval, le nombre d’inscriptions dans ces programmes d’enseignement est à son plus bas depuis six ans.
En enseignement des mathématiques et du français au secondaire, le nombre d’inscriptions a chuté d’environ 33 % au cours de cette période.
Cette baisse est difficile à expliquer, d’autant plus que l’on constate au contraire une hausse marquée des inscriptions dans d’autres programmes, comme le baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement au primaire, indique Fernand Gervais, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.
« C’est très difficile d’attirer les étudiants dans ces voies-là. C’est un problème de longue date, pour lequel on a énormément de difficulté. Il faut travailler ça en amont », dit-il.
Un nouveau programme à venir
L’Université fait sa part pour lutter contre la pénurie, assure le doyen. Des stages en emploi sont maintenant disponibles, tout comme une nouvelle maîtrise qualifiante pour le secondaire, depuis l’automne 2020.
Ce programme permet à ceux qui ont déjà un baccalauréat en mathématiques, en français, en sciences ou en histoire d’enseigner aux adolescents, après avoir complété cette formation de deux ans plutôt que le baccalauréat qui s’échelonne sur quatre ans.
L’Université Laval compte par ailleurs entreprendre des démarches dans les prochaines semaines afin de créer un nouveau programme de maîtrise qualifiante pour le primaire, permettant à des détenteurs de baccalauréat d’enseigner aux élèves de la maternelle à la sixième année.
« Je pense qu’on pourra aller chercher beaucoup de gens qui ont complété des diplômes en littérature, en psychologie ou dans beaucoup de domaines et qui pourront avoir accès à l’enseignement plus rapidement », indique M. Gervais.
« Tout un défi »
Même s’il dit vouloir aller « à la vitesse grand V » avec ce projet, le doyen estime réaliste de penser qu’un tel programme pourrait être offert à la rentrée 2023.
« Il faut toujours que ça se fasse dans le respect des compétences à acquérir au primaire, ajoute-t-il. C’est tout un défi, parce qu’il y a toutes les matières à enseigner. On veut former les gens rapidement, mais il y a aussi des limites à ça. Il faut aussi maintenir les standards de qualité de la formation, c’est notre mandat.
Une tendance à la baisse
Étudiants inscrits dans un programme d’enseignement à l’Université Laval
| 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | |
| Tous programmes confondus | 2154 | 2023 | 2002 | 2070 | 2305 | 2345 |
| Enseignement du français au secondaire | 134 | 106 | 100 | 112 | 99 | 91 |
| Enseignement des maths au secondaire | 106 | 105 | 94 | 86 | 91 | 70 |
| Enseignement de l’anglais langue seconde | 155 | 154 | 170 | 156 | 164 | 140 |
| Enseignement de la musique | 121 | 113 | 93 | 103 | 110 | 69 |
- Source : Université Laval

