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Des producteurs céréaliers inquiets au Lac-Sat

Jean Houle | TVA Nouvelles

2022-06-03T23:41:28Z

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Les fortes précipitations des dernières semaines au Lac-Saint-Jean ont sérieusement affecté la production agricole et leurs répercussions pourraient fortement menacer la saison des récoltes, craignaient les producteurs de la région, vendredi.

En temps normal, la période des semis aurait dû se terminer au début juin, mais pas cette année.

«Il y a des secteurs où il n'y a même pas 20 ou 30% de la superficie semée», a déploré le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge.

«Je ne me souviens pas d'avoir vu des terres aussi humides, a renchéri Jacquelin Drapeau, de la ferme Les Céréales Normandin. Il n'y a pas de terres qui sont prêtes.»

Depuis le 14 mai dernier, les secteurs entre Chambord et St-Augustin, dans le nord du Lac-Saint-Jean, ont reçu plus de 150 mm de pluie. Résultat: le sol est désormais gorgé d'eau et empêche les producteurs céréaliers de semer.

«Il n'y a pas que le lac qui est plein d'eau, la nappe phréatique aussi! Les drains ne suffisent pas, de sorte que les producteurs ne peuvent utiliser leur machinerie», a constaté le président de l'UPA.

Sans compter que, dans plusieurs cas, les semis déjà réalisés ont été pourris par l'eau.

«Quand le germe est pourri, il ne repousse pas», a précisé M. Drapeau.

La Financière agricole a accepté d'étirer la période de semis d'une dizaine de jours puisqu'un grand nombre de producteurs de canola, de soya, d'avoine, d'orge et de blés du Lac-Saint-Jean ont été affectés par les pluies.

«On va suivre la situation. On peut espérer que l'automne va nous permettre de récupérer un maximum de récoltes», a indiqué le directeur régional de la Financière, Yves Lefebvre.

Les cultivateurs ne sont toutefois pas rassurés et s'inquiètent des contrecoups du retard. «Le grain n'aura peut-être pas le temps de mûrir. L'hiver ne sera pas retardé, lui», a déploré M. Théberge.

Il y a un mois, les producteurs anticipaient pourtant un été 2022 très rentable, surtout en raison du conflit en Ukraine, qui a fait exploser le prix du blé.

«Nous étions optimistes, mais là, notre balloune vient de péter», a ajouté le président de l'UPA.

«C'est dur sur le moral, c'est stressant, mais je me console en me disant que ce n'est pas ma faute, qu'on ne contrôle pas la météo», a déclaré M. Drapeau.

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