Des prix fous pour voir Paul McCartney: payeriez-vous 5000$ pour assister au test de son?


Cédric Bélanger
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Assister au test de son à quelques mètres de sir Paul McCartney au Centre Bell en novembre prochain a un prix. Lequel? Attention, ça fesse! 5000$.
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Soyons plus précis. Le prix demandé pour le forfait «Hot Sound en première rangée», qui comprend une série de petits privilèges en plus d’un siège au parterre près de la scène, s’élève à 5148,49$, soit 4290,41$ plus les frais de 858,08$.

Mercredi après-midi, il restait six places disponibles à ce prix, loin d’être celui d’un ami, pour les concerts du 17 et 18 novembre.
Un forfait un peu moins dispendieux, mais plus éloigné de la scène est aussi offert à 3850$.
Non merci
L’inflation et la tarification dynamique semblent avoir frappé fort l’ex-Beatles. En 2018, quand il était venu à Québec et à Montréal, il en coûtait 2000$ pour se payer le même forfait.

Christelle Bilodeau, une artiste en art visuel, a assisté au test de son en 2018 et elle était montée sur scène au Centre Bell en 2011 pour faire dédicacer un dessin de son idole. Cette fois, elle a dit «non merci».
«J’ai essayé d’acheter des billets mardi, mais j’ai laissé tomber quand j’ai vu les prix. Dans les estrades, je n’ai rien vu en bas de 1000$. Le moins cher que j’ai vu, c’est 500$, mais avec la vue obstruée. Je ne vais pas payer ce prix pour une vue obstruée.»
«Qu’est-ce que c’est que ça?»
Elle n’est pas la seule qui a fait le saut en voyant les prix fous, propulsés par la tarification dynamique, pour les 19 concerts automnaux de la tournée Got Back, mardi, lors de la prévente réservée aux membres du fan-club.
Dans presque toutes les villes où la tournée s’arrête en Amérique, des inconditionnels de McCartney fulminent. De rares places à moins de 100$, dans les hauteurs des arénas, se sont vendues rapidement. Plusieurs se sont aussitôt retrouvées sur les sites de revente à des prix exorbitants.
«Qu’est-ce que c’est que ça?» s’est insurgée une admiratrice qui a publié une photo sur les réseaux sociaux d’un billet affiché à 672$ US dans la section 317 d’un amphithéâtre américain.
Chez nous, un amateur des Beatles a tourné la situation en ridicule en mettant en vente sur Facebook une fausse balle de baseball signée par Babe Ruth afin d’avoir les fonds pour voir Paul McCartney.
Pas de point de rupture à l’horizon
Il ne faut pas s’étonner de ces tarifs qui frappent l’imaginaire, affirme le professeur en musicologie de l’Université du Québec à Montréal Danick Trottier. Selon lui, le point de rupture sera atteint quand les gens vont dire non et ça n’arrivera pas de sitôt.

«Manifestement, les gens disent oui, comme dans les grandes rencontres sportives. La musique reste un art de masse. On en a la preuve quand on voit que des gens sont prêts à payer des sommes astronomiques. On l’a vu avec Taylor Swift. Pour l’instant, je ne vois pas de point de rupture», dit-il.
M. Trottier trouve la situation «regrettable» pour les jeunes adeptes de Paul McCartney qui ne l’ont jamais vu et qui n’ont pas les moyens financiers de se payer des billets.
«Évidemment, on ne peut pas réguler ça, mais cela fait en sorte que ce sont les mêmes privilégiés qui vont revoir McCartney. Les artistes devraient mettre leur pied à terre et exiger des entreprises, comme evenko, que les billets soient mieux distribués. Taylor Swift a essayé de le faire une fois, mais ça avait été un coup d’épée dans l’eau.»
La vente régulière pour les concerts des 17 et 18 novembre au Centre Bell s’amorcera vendredi, à 10h.
– Avec la collaboration de Julie Rhéaume
FORFAIT HOT SOUND EN PREMIÈRE RANGÉE
(ce qui est inclus)
- Un billet dans les premières rangées au parterre, sections latérales
- Une invitation au test de son
- Une réception avant le spectacle
- Un billet commémoratif
- Un article de marchandise conçu et créé exclusivement pour les acheteurs du forfait
- Un laissez-passer souvenir
- Un enregistrement et une entrée prioritaires