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Manque d'espace dans les écoles: des millions $ pour loger des élèves dans des roulottes

Les unités modulaires coûtent cher et se multiplient partout au Québec

À l’école primaire de la Grande-Hermine, à Québec, des unités modulaires occupent une grande partie de la cour d’école. Ces « roulottes » disparaîtront l’automne prochain avec l’ouverture du premier Lab-École de Québec, qui sera situé à proximité.
À l’école primaire de la Grande-Hermine, à Québec, des unités modulaires occupent une grande partie de la cour d’école. Ces « roulottes » disparaîtront l’automne prochain avec l’ouverture du premier Lab-École de Québec, qui sera situé à proximité. Photo Stevens LeBlanc
Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens

2022-04-11T04:00:00Z

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Plusieurs dizaines de millions $ seront dépensés au cours des prochaines années pour loger des élèves dans des unités modulaires, communément appelées des «roulottes», parce que des écoles débordent ou sont en travaux. Dans la région de Québec seulement, 22 millions $ y seront consacrés.

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Au centre de services de la Capitale, 700 élèves des écoles secondaires Roger-Comtois et Neuchâtel seront logés dans 24 classes préfabriquées cet automne.

Ces installations comprendront aussi, pour chacune des deux écoles, une cafétéria, deux blocs sanitaires, un secteur pour les casiers et un salon du personnel.

Il s’agit d’une «solution temporaire pour environ cinq à six ans», afin de «faire face au manque d’espace» en attendant la construction de l’école secondaire prévue à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, indique la porte-parole du centre de services, Marie-Claude Lavoie.

Le centre de services scolaires a dû déposer plusieurs demandes au ministère de l’Éducation avant que ce projet de construction ne soit finalement autorisé, l’automne dernier. 

«Une fortune»

Au centre de services des Premières-Seigneuries, 900 élèves du secondaire seront aussi logés dans des classes temporaires jusqu’à l’ouverture d’une nouvelle école prévue pour la rentrée 2024.

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Aux quatre coins de la province, une cinquantaine de projets de construction ou d’agrandissement d’écoles secondaires sont en cours, mais ces chantiers n’ont visiblement pas été entrepris assez rapidement pour éviter d’avoir recours à ces fameuses «roulottes» qui sont de plus en plus répandues, selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

«Il y en a plein, plein, plein, à la grandeur du Québec et ça coûte une fortune. C’est le résultat d’une très mauvaise planification», affirme son président, Nicolas Prévost. Cet argent aurait pu servir à financer des services aux élèves ou à construire de nouvelles écoles, déplore-t-il.

Photo Stevens Leblanc
Photo Stevens Leblanc

«On ne va pas assez vite»

Martin Maltais, professeur en financement et politique de l’éducation à l’UQAR et ex-directeur adjoint au cabinet du ministre Jean-François Roberge, affirme de son côté que le Conseil du trésor doit «arrêter de bloquer et ralentir les projets» de construction dans le réseau scolaire. 

«Ils doivent mettre le pied sur l’accélérateur. On ne va pas assez vite», lance-t-il.

L’an dernier seulement, 40 millions $ ont été dépensés pour la location d’espaces dans le réseau scolaire, indique le ministère de l’Éducation. 

Depuis 2018, les sommes consacrées à la rénovation et à l’ajout d’espace sont passées de 9 à 21 milliards $.

Le ministère priorise les investissements «en les accordant aux projets présentant les besoins d’espace les plus criants», indique son porte-parole, Bryan St-Louis. 

UNE FORTUNE EN LOCAUX TEMPORAIRES  

Sommes dépensées pour des locaux temporaires dans des centres de services scolaires

LOCATION 

Capitale
12 millions $ sur une période de 5 ans

Premières-Seigneuries
9,8 millions $ sur une période de 2 ans

Montréal
7,4 millions $ sur une période de 2 ans

Marie-Victorin
7 millions $ sur une période de 1 an

Grandes-Seigneuries
3,2 millions $ sur une période de 1 an

Marguerite-Bourgeoys
2,2 millions $ sur une période de 2 ans

Rivière-du-Nord
30,2 millions $ sur une période de 6 ans

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