Des milliers de chandails du Canadien partout dans le Centre Vidéotron

Jean-François Racine
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L’endroit n’a pas été bâti pour ça, mais il faudra peut-être s’y résigner.
Les chandails des Nordiques étaient quasiment absents jeudi soir au Centre Vidéotron pour la diffusion de la partie opposant Montréal à Buffalo sur l’écran géant. En fait, il fallait chercher pour les trouver malgré une foule de plus de 15 000 spectateurs.
À côté du vieux Colisée de Québec et des statues des frères Stastny, les amateurs étaient tous vêtus ou presque aux couleurs des Canadiens juste avant le cinquième match de la série contre les Sabres.
La fièvre des séries a assurément gagné la Ville de Québec. Que l’amphithéâtre ouvert en 2015 serve pour des visionnements de matchs de la formation montréalaise ne semble pas trop un sujet de controverse.

La fête
« On voulait aller à Montréal mais ça va être super ici aussi. On est de grands fans des Canadiens », a lancé Gabriel Bouchard, beaucoup trop jeune pour avoir connu les Bleus. D’ailleurs, dans l’aréna, même la couleur bleue appartenait à la version du chandail des Habs.
Dans la capitale, d’anciennes étoiles comme Alain Côté, « le bœuf de Matane », Michel Bergeron et même Michel Goulet ont également adouci leur position au fil des années en entrevue.
Pour plusieurs d’entre eux, le club de Suzuki et ses potes est le plus excitant sur la glace depuis 1993. Le CH ira-t-il en finale cette année ? Jean Perron vous répondrait peut-être qu’il ne faudrait pas mettre la peau de l’ours avant la charrue.
Les irréductibles refusant d’endosser l’uniforme montréalais sont de moins en moins nombreux.
« On est au moins deux ! Il faut avouer que c’est spécial mais a-t-on le choix de prendre pour l’équipe du Québec ? Ce sont de beaux moments, de belles séries. C’est la fête », a affirmé Jean-Philippe Lehouillier, 40 ans, qui portait encore fièrement le nom de l’ancien capitaine Joe Sakic.
Peut-être un jour
Les espoirs de revoir la LNH à Québec ne sont pas complètement disparus, mais les attentes ont fondu comme neige au soleil.
« Un jour, on se reverra peut-être avec une rivalité. Si les Nordiques reviennent, certains vont prendre encore pour le Canadien. Il reste combien d’années à Gary Bettman ? », s’est interrogé M. Lehouillier, qui profitait d’une belle soirée avec fiston.
Son garçon de neuf ans avait évidemment enfilé le chandail des glorieux. « C’est l’équipe qu’il faut soutenir. J’aime Cole Caufield », a ajouté Adam.

Pour sa part, Alexandre Morin, 29 ans, avait emprunté un vieux chandail de hockey des Nordiques à son père. Le changement de génération marque les esprits.
« Je pensais en voir d’autres. Je n’avais pas de chandail du CH ! Mon père est un grand fan des Nordiques. »
Dans les gradins ou devant leur téléviseur, avec ou sans équipe, personne ne pourra toutefois nier que les gens de Québec sont toujours de grands partisans de hockey. Un autre rassemblement est prévu samedi au Centre Vidéotron.
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