Des médailles et des victoires dans la mire de Laurent Dubreuil

Richard Boutin
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Même s’il a atteint son plus gros objectif de la saison en remportant une médaille aux Jeux olympiques, Laurent Dubreuil n’est pas rassasié et souhaite terminer la saison en force.
Avec sa médaille d’argent remportée à l’épreuve du 1000 m, le patineur de vitesse longue piste s’est envolé pour la Norvège le lendemain de la cérémonie de clôture en préparation du championnat mondial sprint qui prendra l’affiche à Hamar du 3 au 6 mars. Le mondial toutes distances est aussi au menu alors que les médaillées olympiques Valérie Maltais et Ivanie Blondin seront en action.
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Les sprinters disputeront deux épreuves de 500 m et deux de 1000 m et le classement cumulatif des quatre courses permettra de couronner un champion du monde. «Dans mes objectifs de carrière quand j’avais 18 ou 19 ans, on retrouvait un titre au championnat mondial sprint, a confié Dubreuil. C’était un objectif au même titre que gagner le mondial par distance, ce que j’ai réussi l’an dernier, et l’or olympique, ce que je ne réussirai peut-être jamais.»
«C’est moins gros que les Jeux olympiques, mais c’est énorme, le championnat mondial sprint, de poursuivre le patineur lévisien de 29 ans. Ma médaille olympique m’aide à avoir du plaisir à l’entraînement. J’ai maintenant le cœur léger et je ressens moins de pression. Mon objectif de gagner une médaille aux Jeux est atteint et j’aurai connu une bonne saison, peu importe ce qui va arriver au mondial et aux finales de la Coupe du monde la semaine d’après aux Pays-Bas.»
Pas de retour au Québec
Afin de maximiser ses chances de succès, Dubreuil s’est rendu immédiatement en Norvège après les Jeux sans rentrer à la maison comme la plupart des patineurs. «Je n’aurais passé que trois ou quatre nuits maximum à la maison et composé avec deux décalages, a-t-il raconté. Le décalage du retour d’Asie est le plus difficile à combattre.»
«C’est plus difficile de revoir ma famille seulement deux ou trois jours et devoir quitter de nouveau, d’ajouter Dubreuil. C’est difficile pour moi et ma fille de se séparer quand je pars en voyage et cela aurait ouvert la plaie de nouveau si j’étais rentré à la maison pour seulement quelques jours. Sur le plan sportif, ce sont des courses importantes et je veux être dans les meilleures conditions possible.»
Podium
Dubreuil veut retourner sur le podium. «Je suis ici pour gagner des médailles, a-t-il résumé. Après deux jours de vacances à Oslo qui m’ont fait beaucoup de bien, je suis vraiment motivé. Je ne suis pas stressé, mais simplement excité d’aller chercher de bons résultats. J’ai les jambes pour gagner des médailles et possiblement aller chercher des victoires.»
Constant comme une horloge suisse depuis le début de la saison, comme en témoignent ses huit médailles en autant d’épreuves de 500 m en Coupe du monde, Dubreuil se retrouve parmi les favoris à la victoire en Norvège.
«Je suis constant depuis le début de la saison et je suis l’un des patineurs qui combinent le mieux le 500 m et le 1000 m, a expliqué le médaillé d’argent des mondiaux sprint en 2020. Tu n’as pas le droit de connaître une mauvaise course parce que les quatre résultats sont additionnés.»
DUBREUIL REMERCIE SON ADVERSAIRE
Touché par le geste de son adversaire néerlandais Kai Verbij lors de l’épreuve olympique du 1000 m, Laurent Dubreuil souhaitait laisser retomber la poussière et le remercier le moment venu. Il a pu passer de la parole aux actes avant d’entrer dans le stade olympique à l’occasion des cérémonies de clôture, dimanche dernier.
Sérieux prétendant au podium et champion du monde en titre, Verbij avait cédé le passage à Dubreuil dans le dernier croisement parce que le patineur québécois était plus rapide et arrivait du corridor extérieur. Un contact aurait ruiné la course de Dubreuil. Les deux rivaux patinaient dans la dernière paire.
Grosse déception
«Je l’ai vu avant la cérémonie d’ouverture et je l’ai remercié pour son geste très sportif, a raconté Dubreuil. Comme moi quand j’ai terminé en 4e place au 500 m, il a vécu une grosse déception au 1000 m. Ce sont de grosses déceptions qui ressemblent à des ruptures amoureuses. Quand ça arrive, tu as l’impression que plus rien ne fonctionne dans ta vie. La nourriture ne goûte plus la même chose.»
«Tu dois vivre ton deuil, et ça passe à un moment donné, d’ajouter le meneur au classement cumulatif de la Coupe du monde sur 500 m. C’est gros, mais ça ne reste que du sport.»
Médaillé d’or en 2017 et 4e en 2020 quand Dubreuil est monté sur la deuxième marche du podium, Verbij est l’un des favoris à Hamar. «Il aura la chance de prendre sa revanche, a résumé Dubreuil. J’ai hâte de l’affronter de nouveau. Il est exceptionnel sur 1000 m et très bon sur 500 m.»
Médaillé d’or en 2020, le Japonais Tatsuya Shinama sera à surveiller, tout comme le Polonais Piotr Michalski et le Norvégien Havard Holmefjod Lorentzen, qui est le meilleur ami de Dubreuil sur le circuit outre les patineurs canadiens.
Aucun regret pour Olivia Asselin
La skieuse acrobatique Olivia Asselin estime qu’elle a pris la meilleure décision possible en se retirant de la finale olympique de slopestyle après sa première descente à Pékin.
Entourée de ses proches à son retour à la maison, Asselin a retrouvé la paix d’esprit après avoir été submergée par l’effervescence des Jeux.
«Je vais bien, a-t-elle assuré. Je suis à la maison depuis un petit bout et ça fait vraiment du bien. Je vivais déjà une grosse saison et j’ai ressenti une baisse d’énergie en arrivant à Pékin. Je n’étais pas prête pour vivre un événement d’une telle ampleur. J’ai été surprise et ça m’a grugé de l’énergie.»
La skieuse lévisienne de 17 ans est contente de s’être retirée après avoir chuté lors de sa première descente.
«C’est important de s’écouter, a-t-elle exprimé. J’ai arrêté parce que je ne me sentais pas en sécurité. Je ne me sentais pas à cent pour cent et j’ai décidé de laisser faire. C’est fatigant mentalement de participer aux Jeux. C’était clair avant les descentes d’entraînement que je n’étais pas là, mais j’ai décidé de pousser et de faire ma première descente. J’avais besoin d’une pause et ce fut une bonne décision de me retirer.»
Blessée au genou
En plus de ressentir une grande fatigue mentale, Asselin a chuté à l’entraînement avant la finale de slopestyle.
«Je me suis fait mal à un genou et cette blessure ne m’a pas aidée, a-t-elle expliqué. La blessure me jouait un peu dans la tête.»
Même si sa participation ne s’est pas terminée de la façon souhaitée, Asselin retient du positif de son expérience en Chine.
«Je suis très fière de moi d’avoir atteint la finale en Big Air et au slopestyle, a-t-elle souligné. Je suis contente de mon expérience. Je n’avais pas de grosses attentes en me présentant en Chine en termes de résultats, mais je voulais offrir ma meilleure performance possible.»
«Je n’ai pas skié comme je suis capable de le faire et ç’a joué dans ma tête, poursuit celle qui fut la seule Canadienne à se qualifier pour la finale des deux épreuves. Je ne me sentais pas bien sur mes skis.»
Asselin assure avoir reçu tout l’appui nécessaire des membres de l’équipe canadienne.
«Mes entraîneurs ont été super compréhensifs, a-t-elle indiqué. Ils m’ont aidée et appuyée. Mes coéquipières m’ont aussi aidée. Tout va bien maintenant.»
Retour à la compétition
Asselin s’envolera pour la France le 5 mars. Elle prendra le départ de la Coupe du monde de Tignes du 10 au 12 mars.
Deux semaines plus tard, elle sera à Silvaplana en Suisse pour conclure sa saison avant de s’accorder une pause de deux mois.
«Je n’ai pas de stress et je ne sens pas de pression pour ces deux dernières compétitions de la saison. Ma passion pour le ski est toujours là et elle ne s’exprime pas uniquement lors des compétitions. Je n’arrêterai pas les compétitions, mais il y a tellement plus que ça. J’aime le ski, peu importe le contexte, et j’ai hâte de faire du ski de printemps avec mes amies à mon retour.»