Des maires qui vont «quêter à Québec» et une ministre qui n'a «aucune vision»: guerre de mots sur le manque de financement du transport en commun
Une déclaration de la ministre Geneviève Guilbault a mis le feu aux poudres

Laurent Lavoie
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Les maires de Montréal et Québec sont montés aux barricades jeudi après que la ministre Geneviève Guilbault eut rejeté l’entière responsabilité de la gestion des transports en commun.
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«Gérer le transport collectif et les sociétés de transport, ce n’est pas une mission de l’État, a indiqué la ministre des Transports et de la Mobilité durable lors de l'étude des crédits budgétaires mercredi. Chacun [...] doit gérer sa fougère puis trouver ses propres solutions.»
Il n’en aura pas fallu plus pour jeter de l’huile sur le feu.
«J’ai envie d’inviter la ministre, j’ai envie d’inviter tout le gouvernement du Québec à venir dans le métro le matin, de venir prendre l’autobus à Laval, d’attendre longtemps dans les couronnes parce qu’il y a juste un autobus qui passe une fois par heure», a réagi en point de presse la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Au lendemain des propos controversés de Mme Guilbault, la mairesse a tenu un plaidoyer pour un meilleur dialogue avec le gouvernement Legault. Les municipalités du Québec réclament son aide pour éponger une part du manque de financement du transport en commun qui s’élève, selon elles, à plus de 560 M$.
Calendes grecques
C’est dans ce contexte que la sortie de Mme Guilbault pique au vif.
«Je peux parler pour tout le monde en disant que oui, on est inquiet, parce que ce débat-là sur trouver de nouvelles sources de revenus, on a l’impression qu’encore une fois, il est remis aux calendes grecques», a déploré Mme Plante.
Son homologue de Québec, Bruno Marchand, a été plus abrasif à l’endroit de la ministre, qui n'a «aucune vision» selon lui.

«Ça nous ramène aux années 1960. Un ministère de la Mobilité durable [...] pour lequel on se dit : il y a juste des routes qui nous concernent quand t’es ministre! Selon moi, on revient au Temps d’une paix et de Joseph-Arthur. On revient très loin en arrière»
Des maires quêteux
Talonnée au Salon bleu jeudi, la députée de Louis-Hébert s’est défendue.
Il y a «des décisions qui sont prises par les gestionnaires des sociétés de transport, qui ont des conseils d’administration qui, ultimement, sont chapeautés par les municipalités. Malgré tout, on paie une grande part de leurs déficits», a nuancé Mme Guilbault.
Le premier ministre François Legault en a rajouté ensuite en renvoyant la balle aux municipalités.

«Les maires, c’est toujours plus facile de quêter à Québec que de faire le ménage dans leurs dépenses », a-t-il déclaré dans un point de presse où était présent Bruno Marchand, qui est resté complètement stoïque.
Un «flou»
Un flou existe réellement autour des responsabilités qui incombent à Québec dans le dossier, souligne Jean-Philippe Meloche, professeur d’urbanisme à l’Université de Montréal.
«Il n’y a pas l’air d’avoir de ligne claire», résume-t-il.
Le professeur rappelle que les gouvernements investissent dans les transports en commun depuis plusieurs années parce que «c’était populaire».
«Le problème, à l’heure actuelle, c’est que ce ne l’est pas», tranche-t-il.
–Avec la collaboration de Taïeb Moalla, Journal de Québec
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