Cominar a dû faire un ménage dans ses effectifs à Québec et à Montréal avant de pouvoir conclure la plus importante transaction immobilière commerciale dans l’histoire du Québec, qui est, depuis hier, chose faite.
Ces dernières semaines, Le Journal a discuté avec des salariés qui ont été licenciés par la direction du fonds de placement immobilier et qui n’ont pas reçu d’offre d’embauche de la part de l’un des acquéreurs, soit Canderel, le Groupe Mach ou Blackstone.
Préférant taire leur nom pour éviter des représailles, certains ont déploré le fait que le Groupe Mach n’ait pas repris tout le personnel lié aux immeubles achetés, alors qu’il aurait affiché des postes liés à ces nouveaux actifs.
Certains des salariés qui ont été licenciés avaient de bonnes conditions et des années d’expérience. Un employé estime que Cominar n’a pas fait assez pour protéger toutes ses troupes dans le cadre de cette transaction.
Un autre travailleur a confié au Journal avoir surtout été «surpris» et «déçu» de la façon dont il a été traité «après toutes ces années». Il affirme que les communications avec certains membres de la direction étaient plus difficiles depuis décembre.
Selon Cominar, ce sont «moins de 10 %» des salariés qui ont été avisés de la fin de leur emploi. Ils devraient recevoir, ces prochaines semaines, une compensation financière et avoir accès à un programme de reclassement.
Accès aux listes d’employés
Au 31 décembre, le Fonds comptait 524 travailleurs, dont 403 à temps plein.
La direction chiffre à moins de 40 le nombre de licenciements définitifs à Québec et à Montréal. Une trentaine d’ouvriers de construction ont également été retournés, vendredi, aux bassins de main-d’œuvre gérés par la Commission de la construction du Québec.

Cominar refuse toutefois de fournir un chiffre précis sur le nombre de salariés touchés. Le Fonds mentionne qu’il y a aussi eu plusieurs départs volontaires ces dernières semaines.
Dans le cadre de la transaction, selon nos informations, Canderel, le Groupe Mach et Blackstone auraient eu accès aux listes d’employés de Cominar. Ils auraient alors sélectionné les personnes qu’ils souhaitaient conserver.
Bouclée hier
Ces derniers jours, Cominar avait obtenu les dernières autorisations nécessaires pour vendre son portefeuille industriel à Blackstone.
Hier, l’ensemble de la transaction a été conclue. Les parts du Fonds seront radiées de la Bourse de Toronto d’ici la clôture des marchés, le 4 mars.
Dans le cadre de cette acquisition, le Groupe Mach a raflé, pour sa part, 42 propriétés commerciales et édifices de bureaux, dont Place de la Cité, à Québec, et le 2001, avenue McGill Collège, à Montréal, pour 1,5 milliard $.
«Nous sommes fiers d’avoir procédé à près d’une centaine d’embauches de gens de talent qui vont nous permettre de supporter ces actifs. Il faut dire que nous avions déjà des bureaux au Québec», avance Daniel Durand, vice-président, marketing et communications, au Groupe Mach.
Le Groupe Canderel et ses partenaires, FrontFour, Koch, Artis et Sandpiper, conservent les autres immeubles.
La transaction estimée à 5,7 milliards $, incluant la dette avait obtenu l’aval de la Cour supérieure du Québec avant le temps des Fêtes. Pour l’exercice financier 2021, Cominar a encaissé une perte nette de 195,3 millions $.

