Des joueurs et une organisation surévalués?

Jean-Charles Lajoie
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Ce devait être une superbe soirée pour Lane Hutson. La première vraie grande scène pour le diminutif défenseur en l’absence de Mike Matheson.
Vingt-six minutes de temps de glace, presque six minutes sur la première vague d’avantage numérique. On sait qu’Hutson sera le pain et le beurre de cette équipe avec un homme en plus pour longtemps, mais hier, son «timing» n’y était pas. Il a échoué ce premier vrai test de quart-arrière...
Rien à voir avec la défaite du Canadien, mais cette petite équipe remplie de servants de messe a encore perdu et cela, au-delà de 60 minutes, un moment où elle devrait exceller compte tenu de la petitesse de ses joueurs que l’on dit, en revanche, très talentueux...
Justement, sont-ils aussi bons qu’on le dit? Sont-ils aussi prometteurs qu’on accepte de le croire en avalant litre par-dessus litre du «kool-aid» bleu-blanc-rouge?
Juraj Slafkovsky a été l’élément le moins utilisé, avec seulement 11 minutes et 29 secondes de temps de jeu, dont trois minutes en avantage numérique.
Kirby Dach a été moins pire, mais il n’a pas été bon et le sort a voulu qu’il ait à nouveau l’air fou devant plus de 21000 spectateurs et des centaines de milliers de téléspectateurs en prolongation, alors que, les deux pieds dans le ciment, il a été contourné plus facilement qu’un manifestant entre à Concordia pour péter la gueule d’un gardien de sécurité.
Nick Suzuki a été atroce, comme plusieurs autres. Pas mêlant, Brendan Gallagher a l’air d’avoir 26 ans et d’être en voie de se farcir une trentaine de buts.
Il y a une carence évidente de talent et de profondeur dans cette équipe. Martin St-Louis a beau remuer les trios, rien n’y fait. Les joueurs semblent avoir acquis la conviction que la formule actuelle ne fonctionnera pas.
Hier soir, Samuel Montembeault a été le meilleur du CH, encore... Suivi de près par Kaiden Guhle, qui a été formidable, et Cole Caufield qui, contre une équipe de petits patineurs talentueux, avait de l’espace et était élégant.
Joshua Roy n’a pas bien paru, mais est-ce que Martin St-Louis l’a placé dans une position enviable? Est-ce que le coach l’a aidé? Pas une miette...
Une réponse inacceptable
Samedi, le groupe a échoué lamentablement devant une très bonne équipe, les Golden Knights de Vegas. Hier, l’occasion était magnifique de rebondir face à une équipe hautement prenable.
La réponse du groupe? Cinq tirs en première, trois en deuxième, cinq en troisième et aucun en plus de quatre minutes et demie de jeu en prolongation. L’Utah a eu plus de tirs en première période, avec 14, que le CH en plus de 64 minutes de jeu.
Tout est embrouillé, embué, le coach semble abattu et, de toute évidence, à court de solutions.
Le coach, ses adjoints et, à la limite, son directeur général, sont tous à leur première expérience dans la Ligue nationale dans leurs fonctions. Est-ce que Jeff Gorton a pleine autorité de gouverner aux destinées de cette équipe? Si oui, a-t-il l’intention de faire quelque chose pour secouer le groupe?
Et Geoff Molson, lui? Croit-il vraiment que ce processus laborieux va irrémédiablement conduire à la terre promise?
À la lueur de ce que je vois, cette équipe est surévaluée, comme l’ensemble de l’organisation. Je pense de plus en plus que nos lunettes roses collectives nous font très mal mesurer le talent véritable de ses espoirs.
Le CH n’est même pas une bonne petite équipe, au mieux, elle l’est en devenir, mais quand?
Le réseau officiel de l’équipe vient d’annoncer une deuxième saison de la série «la reconstruction». Au rythme où vont les choses, cette infopub servant à nous vendre l’échec en nous beurrant d’espoir va compter plus de saisons que «Soirée canadienne»...