Des joueurs de la LCH se font offrir «dans les six chiffres» pour aller dans la NCAA


Kevin Dubé
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L’exode de joueurs de la LCH vers la NCAA s’est poursuivi vendredi, si bien que des intervenants se demandent comment les trois ligues canadiennes pourront rivaliser à armes égales avec les collèges américains, qui peuvent maintenant offrir des montants substantiels aux joueurs pour les attirer au sud de la frontière.
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Encore vendredi, l’attaquant des Royals de Victoria dans la WHL Cole Reschny et son coéquipier le défenseur Keaton Verhoeff ont annoncé qu’ils quittaient la LCH pour joindre l’Université du Dakota du Nord à partir de la saison prochaine. Reschny constituera un choix de première ronde au prochain repêchage, tandis que Verhoeff incarne l’un des plus beaux espoirs en vue de celui de 2026.
L’exode est donc bien entamé, et pas seulement chez les joueurs de 20 ans, comme ce que prévoyaient les dirigeants des trois ligues, lorsque la NCAA a annoncé ses changements de règlement.
Beaucoup d’argent offert
En coulisses, plusieurs intervenants se demandent comment les clubs de la LCH, particulièrement ceux des petits marchés, pourront rivaliser avec les moyens dont peuvent maintenant disposer les équipes de la NCAA.
Rappelons que les programmes américains peuvent dorénavant offrir de l’argent aux athlètes afin de les attirer, le fameux «NIL», qui permet aux équipes d’utiliser le nom et l’image d’un joueur pour le publiciser en échange d’un montant d’argent.
Selon des agents consultés, les montants des offres pour les meilleurs joueurs du circuit sont «dans les six chiffres».
Pour le jeune prodige Gavin McKenna, qui semble lui aussi se diriger vers la NCAA à partir de la saison prochaine, le montant pourrait être astronomique, selon des personnes bien au fait du dossier.
Bref, comment la LCH pourra-t-elle contrer l’exode?
Pour le commissaire du circuit, Dan MacKenzie, l’argent ne fera pas foi de tout.
«Je pense qu’il faut attendre de voir comment ça va se passer. Parfois, j’entends qu’un joueur s’est fait offrir 250 000$, alors que d’autres fois, on me dit que ce n’est même pas dans les six chiffres. Personne ne sait qui croire, tant que ce ne sera pas confirmé. Quand on aura des informations, on pourra prendre des décisions en conséquence. Une chose est sûre, on ne va pas se lancer dans une guerre d’enchères. Ce n’est pas ce que nous sommes. Tout ce qu’on peut faire, c’est s’assurer que notre ligue est le meilleur endroit possible pour le développement du joueur.»

Des solutions
Des solutions, il en existe, même monétaires. Présentement, les joueurs de la LCH ne peuvent être rémunérés en raison de leur statut d’étudiant-athlète, et ça, ça ne changera pas, jure Dan MacKenzie.
Le commissaire de la LHJMQ Mario Cecchini a toutefois émis une piste de solution au balado de Jeff Marek jeudi.
«En date d’aujourd’hui, une équipe ne peut pas payer un joueur. Toutefois, cette même équipe peut, par exemple, demander à un concessionnaire de voitures local de commanditer ce joueur. C’est faisable et c’est possible. La réglementation actuelle le permet.
«Nous avons une rencontre des gouverneurs la semaine prochaine, et je suis certain que nous prendrons beaucoup de temps pour en discuter. Nous sommes face à un mur, entre le respect de la réglementation et vouloir garder les joueurs ici.»
Si cette option est sur la table, MacKenzie assure toutefois que la principale arme pour la LCH sera de continuer à parfaire ses programmes de développement.
«Ce qu’on peut faire, c’est continuer d’investir dans ce qui est important au développement du joueur, que ce soit les installations, les programmes de conditionnement physique, la nutrition, bref tout ce que le joueur moderne de haut niveau a besoin. Nos équipes travaillent très fort là-dessus.»

Attendons de voir
Le commissaire de la LCH prône le calme et la patience. Après tout, un joueur comme Reschny, par exemple, ou même Justin Carbonneau, s’il décidait de partir aux États-Unis, pourrait avoir à se plier aux exigences de l’équipe qui va le repêcher.
Si l’équipe tient à lui faire signer un contrat professionnel tout de suite, le joueur ne pourra pas aller dans la NCAA.
Et si le club juge qu’il est préférable pour le jeune de poursuivre son développement dans la LCH, il devra y réfléchir deux fois.
Un agent nous expliquait d’ailleurs récemment qu’eux aussi sont en mode attente. Présentement, il n’existe pas de cas de joueurs de 17, 18 ou 19 ans qui ont quitté la LCH pour jouer une saison complète dans la NCAA par la suite.
Des exemples de joueurs pour qui ça n’a pas fonctionné pourraient, encore une fois, forcer tout le monde à revoir la pertinence de s’envoler vers les États-Unis de manière prématurée.
«C’est un choix individuel que devront prendre les joueurs et leurs conseillers. La NCAA est une ligue plus vieille. La question pour les joueurs de 18 ou 19 ans est de savoir si aller jouer contre des joueurs de 22, 23 ou 24 ans est vraiment la meilleure place pour se développer. Dans la LCH, on est confiants de l’environnement qu’on offre puisqu’on a produit plusieurs joueurs de la LNH», assure Dan MacKenzie.