Des jeunes surprotégés ou en danger? Une équipe de football du Collège mariste de Québec se retire d’une finale


Stéphane Cadorette
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Après s’être qualifiée pour une finale régionale, l’équipe de football à 9 de niveau cadet division 3 des Carcajous du Collège mariste de Québec a décidé de faire l’impasse sur le match, craignant pour la sécurité physique de ses joueurs.
Le week-end dernier, en demi-finale, l’équipe de niveau cadet l’a remporté 35-6 contre le Collège François-de-Laval pour mériter son billet en finale régionale, qui devait avoir lieu ce samedi.
Dans l’autre demi-finale, les Vikings de l’école secondaire de l’Aubier, à Lévis, ont facilement vaincu Pointe-Lévy au compte de 50-0, à l’image du reste de leur saison.
L’équipe à 9 de niveau cadet de l’Aubier a tout détruit sur son passage cette saison, n’accordant pas le moindre point en six matchs, contre 247 points marqués.
Le 20 septembre dernier, l’Aubier avait d’ailleurs battu le Collège mariste par la marque de 43-0, en saison régulière.
Plutôt que de se présenter contre la même équipe en finale régionale, le Collège mariste a déclaré forfait à la suite d’un sondage à l’interne.
«Il faut considérer la première expérience que l’on a vécue contre l’Aubier. Dès le deuxième quart, on jouait en temps continu et on a commencé à craindre pour la sécurité de nos joueurs. Notre physiothérapeute a été très active», a noté le directeur général du Collège mariste, François Sylvain.
Une décision des joueurs
En se retrouvant en demi-finale, les Carcajous du Collège mariste savaient qu’en cas de victoire, ils devraient de nouveau se mesurer aux Vikings de l’Aubier. Cette perspective ne les enchantait manifestement pas.
«Nos entraîneurs ont commencé à entendre des discussions de jeunes qui ne voulaient même plus gagner la demi-finale. Ils ont compris que le désir de jouer contre l’Aubier n’était pas là à l’aube d’une saison de basketball à laquelle plusieurs de nos joueurs participent aussi», a expliqué M. Sylvain.
Dans un sondage anonyme mené auprès des joueurs de deuxième et troisième secondaire, une majorité s’est prononcée pour ne pas jouer la finale et le Collège mariste a ensuite déclaré forfait, s’acquittant du même coup d’une amende de 1200$ au RSEQ.
«C’est vraiment dommage comme situation, mais la sécurité et le bien-être de nos élèves athlètes valent plus que 1200$», a tranché François Sylvain.
«C’est une décision qui va vraiment contre la nature de notre entraîneur-chef [l’ancien du Rouge et Or Jonathan Breton-Robert], qui a toujours été un fier compétiteur et dont la philosophie est d’apprendre dans la défaite. Il reste que notre mission première est de protéger nos jeunes.»
La saison dernière, au niveau cadet à 12, le Collège mariste avait aussi déclaré forfait avant un match de saison régulière qui devait les opposer aux Patriotes de l’école secondaire Roger-Comtois, de crainte de subir «un vrai massacre», aux dires de François Sylvain.
Il assure toutefois que cette situation survient pour une première fois en matchs éliminatoires.
Du jamais vu

Du côté de l’Aubier, le responsable du programme et entraîneur-chef, Christian Pelletier, se désole de la situation, mais est vite passé à autre chose. Pour fins de transparence, ce dernier n’a pas initié le contact avec Le Journal.
«On ne veut pas faire de vagues avec ça et pour nous c’est du passé, mais c’est dommage pour les jeunes que le match n’ait pas lieu. Je n’ai jamais vécu une telle situation en 25 ans dans le football», s’est-il exprimé.
Il reconnaît que la saison a pu sembler injuste pour d’autres programmes. Or, en football cadet à 9, la division 3 est la plus forte puisqu’il n’y a ni division 1 ni division 2.
«J’aurais bien voulu aller dans le cadet à 12, mais on joue souvent à 27 ou 28 joueurs. C’est impossible de jouer dans une autre division. Il y en a qui vont dire qu’on est trop forts ou trop gros, mais on joue dans la ligue où on est supposé de jouer. Où est-ce qu’on peut jouer sinon?» a-t-il plaidé.
Premier match sans conflit
Au terme du match du 20 septembre aisément remporté par l’Aubier face au Collège mariste, Christian Pelletier assure qu’il n’a senti aucune amertume de l’autre côté.
«Ils ne nous ont absolument rien reproché. On s’est donné la main, on s’est félicité et c’était tout. En première demie, ils se sont même retrouvés deux fois à notre ligne de 5, sans marquer. On a constaté trois blessures de l’autre côté, ce qui n’est rien d’anormal. Après le match, on a eu vent d’une plainte qui ne venait pas de l’équipe, mais d’un parent, à l’effet qu’on était trop forts.
«Nos joueurs ont toujours été très respectueux. Tout le monde ici trouve ça bizarre, mais dans tout ça, je suis fier de la réaction de nos jeunes, qui se sont tout de suite concentrés sur le prochain match», a expliqué Christian Pelletier.
Les Vikings passeront donc directement en finale provinciale la semaine prochaine face au gagnant entre Mont-Joli et Rvière-du-Loup, dans l’Est-du-Québec.