Des jeunes prodiges grâce à St-Louis

Marc de Foy
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Juraj Slafkovsky l’a dit après l’amère défaite en prolongation du Canadien face au Kraken de Seattle. Pour accéder aux séries, l’équipe devra gagner pratiquement tous ses matchs d’ici la fin de la saison.
Or, c’est ce que le grand Slovaque et ses coéquipiers font depuis le retour de la pause de la Confrontation des 4 nations. Ils ont remporté six victoires, subi une seule défaite à la régulière, plus deux revers en bris d’égalité.
Avant les matchs d’hier soir, cette récolte de 14 points plaçait le Tricolore au sommet de la Ligue nationale sur un pied d’égalité avec les Stars de Dallas (7-2-0), les Capitals de Washington (7-3-0) et les Blues de Saint Louis (6-1-2) pour cette période.
Difficile de demander mieux.
En fait, la troupe de Martin St-Louis se maintient parmi les meilleures équipes de la LNH depuis leur poussée du temps des Fêtes. Sa fiche de 20-11-4 lui confère le sixième rang dans la ligue.
Le Canadien est précédé des Capitals (22-7-6), des Jets de Winnipeg (23-8-3), des Stars (23-9-2), de l’Avalanche du Colorado (21-9-3) et du Lightning de Tampa Bay Bay (21-13-2).
Encore là, c’est pas mal.
La transformation de Caufield
Ce genre de remontée n’est pas possible sans un effort collectif. À cet égard, St-Louis a expliqué en janvier que se joueurs avaient pris conscience qu’ils devaient assumer leurs responsabilités. Cela facilite le travail d’un entraîneur, mais il ne faut pas penser pour autant que St-Louis n’y est pour rien dans l’éclosion de ses protégés.
Il est le premier à dire qu’il en apprend encore à tous les jours sur les rudiments de son métier. Mais s’il est un champ d’action dans lequel il se défend bien, c’est celui des communications avec ses joueurs. Il a implanté une culture dans les rangs, il a inculqué le sens de l’imputabilité à ses joueurs.
Dès son arrivée avec l’organisation, il a pris Cole Caufield sous son aile. Ce dernier a retrouvé sa touche autour du filet, lui qui n’arrivait plus à rien sous la gouverne de Dominique Ducharme.
St-Louis, qui se revoyait en Caufield, en a fait un projet personnel. Mais il était loin d’en avoir terminé avec lui. L’an dernier, il a chanté sur tous les tons que Caufield devait améliorer son jeu sur les 200 pieds de la patinoire.
Le jeune américain a suivi ses directives, quitte à sacrifier un peu d’offensive. Mais voyez le joueur qu’il est en train de devenir. Il se replie en territoire défensif, coupe des passes, il s’applique à devenir un joueur complet. C’est ce que veulent toutes les équipes.
Un capitaine responsable
Nick Suzuki, quant à lui, est en train de démontrer que St-Louis a fait le bon choix en lui offrant le rôle de capitaine. Suzuki n’est pas démonstratif, il est du genre qui prêche par l’exemple.
De son côté, Slafkovsky se dégourdit peu à peu et s’il y a un entraîneur qui peut lui faire prendre conscience de son grand potentiel, c’est St-Louis qui a lutté contre vents et marées pour atteindre la LNH.
St-Louis fait des prodiges avec ses jeunes joueurs et l’équipe qu’il a sous la main, n’en déplaise à ceux qui ressortent leur bâton de baseball pour lui taper sur la tête dès le moindre signe de défaillance.
La grande question
Passons maintenant à la question de l’heure : le Canadien fera-t-il les séries? comme on l’entend partout en ville. Idéalement, il lui aurait fallu ailler chercher six points sur huit lors de sa tournée dans l’Ouest, mais bon.
Tout le monde dira qu’une fiche de ,500 lors d’une série de quatre matchs sur les patinoires adverses est satisfaisante. Particulièrement à cette période de l’année où plusieurs équipes se bousculent dans l’entonnoir débouchant sur les séries.
Les avis sont partagés à savoir si le Canadien réussira à se faufiler parmi le groupe des prétendants.
D’un côté, on retrouve les optimistes qui y croient dur comme fer. C’est correct, il en faut. Dans un autre camp, il y a ceux et celles qui, comme St-Louis et ses joueurs, disent qu’il faut y aller un match à la fois.
Enfin, il y a les amateurs qui croient que la mission est impossible.
Quelle est ma réponse?
J’ai prédit que le Canadien raterait les séries. Mais je ne demande qu’à être confondu.