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Afghanistan: des interprètes pris doivent patienter

Une organisation s’inquiète pour le sort d’Afghans

Dave Morrow a été déployé en 2010-2011 près de Kandahar. Il aide aujourd’hui ses anciens collègues afghans dans leurs démarches d’immigration au Canada.
Dave Morrow a été déployé en 2010-2011 près de Kandahar. Il aide aujourd’hui ses anciens collègues afghans dans leurs démarches d’immigration au Canada. Photo courtoisie
Photo portrait de Nora T. Lamontagne

Nora T. Lamontagne

2021-08-17T02:12:04Z

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Un vétéran déplore la lenteur et la complexité d’un nouveau programme d’immigration destiné à accueillir au Canada des Afghans qui ont risqué leur vie pour venir en aide aux Canadiens en mission.

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« C’est mal géré depuis le début, on a perdu des semaines vraiment importantes. Maintenant, on n’est plus en contrôle de ce pays-là », laisse tomber Dave Morrow, un ancien militaire maintenant installé à Montréal qui s’implique auprès des interprètes afghans. 

Le 23 juillet, le Canada annonçait un programme d’asile pour les anciens employés afghans de l’ambassade et des Forces armées canadiennes, et leur famille. 

C’était avant que les talibans ne parviennent à prendre possession dimanche de Kaboul, la capitale, compromettant la fuite déjà périlleuse des interprètes. 

« Ils ont porté notre uniforme, ils ont déjà prouvé qu’ils étaient fiables. On a la responsabilité de les sauver. Ce serait une tragédie morale de ne pas le faire », insiste M. Marrow, directeur des communications pour Afghan-Canadian Interpreters. 

Surtout que, selon lui, les Afghans qui ont travaillé pour les étrangers ont la réputation d’être des « traîtres » ou des « espions », et risquent la mort.

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Situation désespérée

L’ex-combattant est en contact avec un interprète coincé à l’aéroport de Kaboul avec ses deux jeunes enfants. 

« Ils n’ont pas de bouffe, pas d’eau, pas de sécurité, pas de soutien », décrit-il, impuissant. 

Ailleurs au pays, les talibans ont érigé des points de contrôle sur les routes, compliquant l’accès à l’aéroport. 

Mais avant même de pouvoir espérer s’envoler vers le Canada, les interprètes doivent soumettre des formulaires PDF « compliqués », qui prennent des heures à remplir, constate M. Morrow.

« Pourtant, on avait averti [le gouvernement]. Là-bas, ils n’ont souvent pas d’accès à internet, ou alors juste sur leur vieux cellulaire », dit-il, convaincu que des Afghans auraient pu être accueillis avant, et en plus grand nombre, si le programme avait été mieux conçu.  

Depuis la fin juillet, le Canada a aidé 807 personnes à quitter l’Afghanistan, dont au moins 500 sont déjà arrivées au pays. 

Le ministère de l’Immigration refuse pour des questions de sécurité de dévoiler combien d’interprètes se trouvent toujours sur place.

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