Des insultes de partisans de Donald Trump contre un entraîneur québécois en Floride


Richard Boutin
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Connu dans la communauté parce qu’il se rend dans ce coin de la Floride chaque hiver depuis 35 ans, le directeur technique et entraîneur de Canoë-Kayak Québec, Franck Gomez, a eu droit à quelques insultes de chauds partisans du président américain, Donald Trump, qui souhaitait imposer des tarifs douaniers de 25% sur les importations canadiennes en début de semaine avant d’accorder un sursis de 30 jours à ses voisins.
Débarqué à Indian River Beach, station balnéaire située tout près de Melbourne sur la côte est floridienne, pour le camp d’entraînement qui a débuté lundi, Gomez a retrouvé ses habitudes. «La clientèle est différente si on se retrouve du côté de la mer ou dans les terres, a-t-il raconté. Dans les terres, j’ai été insulté. Il y a des rednecks qui reprennent le discours de Trump en disant que le Canada vole les Américains.»
Le discours est toutefois fort différent quand Gomez se retrouve dans sa ligue de garage de hockey. «On a parlé de l’histoire des tarifs dans la chambre et les gars n’en reviennent pas, a-t-il souligné. Ils ont voté pour Trump, mais ils ne pensent pas comme les trumpistes. Je leur ai dit qu’ils allaient payer leur bière plus cher parce que les cannettes sont fabriquées avec notre aluminium.»
Une baisse du dollar qui inquiète
Au-delà de certains propos négatifs à l’endroit des Canadiens, c’est la chute du dollar canadien qui inquiète Gomez à moyen terme. «Notre camp d’entraînement de 11 semaines va nous coûter 18 000$ de plus cette année, a-t-il mentionné. Parce qu’on mise sur un fonds de secours, on ne sera pas mal pris cette année, mais il faudra regarder d’autres options si la tendance se poursuit dans le futur.»
«Pour cette année, l’hébergement était déjà réservé et on avait planifié en fonction de ne rien acheter, de poursuivre Gomez. Le gaz pour nos bateaux est moins cher, mais l’épicerie a augmenté. On connaît la communauté depuis tout le temps que nous sommes ici et tout le monde nous aide.»
«Au début des années 2000 quand l’argent canadien était au pair, ça nous a donné un gros coup de pouce, de poursuivre Gomez. C’est à ce moment-là que nous avons mis sur pied notre fonds.»
Ils flairent une bonne affaire
Les frais d’hébergement ont augmenté dans la région. «En raison des ouragans dans l’ouest de la Floride, des propriétaires ont perdu leur maison et ils se sont déplacés vers l’est. Dans certains cas, les frais pour un Airbnb ont augmenté de 1000$ par mois. Parce que l'offre a diminué, ils ont flairé la possibilité de réaliser de bonnes affaires.»
Le budget de Canoë-Kayak Québec pour le périple en Floride est de 180 000$. Un montant variant entre 60 et 70% provient de la contribution des athlètes qui déboursent une somme de 4500$ pour 11 semaines qui comprend l’hébergement, le transport des bateaux et le salaire des entraîneurs. Ces derniers voyagent en semaine plutôt que le vendredi soir pour obtenir des billets à meilleur prix et ne volent jamais pendant la semaine de relâche pour la même raison.
L'Europe ou la Californie
«Si le dollar continue de baisser, on va se questionner si on remet en question le camp en Floride, a mentionné Gomez. Le Portugal avec un camp clés en main qui coûterait 110 euros par jour par athlète est une option dispendieuse. On ne pourrait pas partir 11 semaines. Il y a aussi la Californie sur le site où l’équipe canadienne s’entraîne dans la région de San Diego. C’est moins cher qu’au Portugal, mais ce n’est pas une option agréable parce qu’il y a trop de monde. Les familles ne pourraient pas venir nous voir. En Floride, les plus vieux amènent leur voiture et il y a une vie à l’extérieur du canoë-kayak.»