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Des hommes forts et des bons petits gars

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-01-25T23:15:20Z

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Patrick Roy et les Islanders de New York sont en ville. C’est l’événement de l’année impliquant le Canadien, pis le Canadien n’a rien à voir avec ça. Ce n’est quand même pas banal...

Patrick ne laisse personne indifférent à Montréal et au Québec et pour cause. Il est de cette race de gagnants qu’on aime, nous, les latins. Des pur-sang déterminés et investis, des gars engagés sur une seule voie possible, celle de la victoire.

On ne peut que présumer, parce qu’on ne verra probablement jamais ça, mais je gagerais le chalet que Patrick Roy n’accepterait jamais les demi-mesures auxquelles on assiste trop souvent en regardant les matchs du Canadien.

Il n’accepterait jamais d’éliminer le mot en «p» de son vocabulaire.

En disant ça, j’ai l’air d’attaquer Martin St-Louis. Ce n’est pas du tout ce que je fais. J’adore Martin, un homme droit et fier. Des fois, par contre, je ne le comprends pas trop.

En même temps, ça va comme c’est mené. Et en haut de Martin, il y a un directeur général qui s’est mis d’accord avec un vice-président opérations hockey sur un grand plan de reconstruction.

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Pis en haut de ces deux gars-là, il y a un propriétaire qui a béni le grand plan et qui l’a acheté non sans une certaine pensée magique.

Le plan est certainement louable, Jeff Gorton et Kent Hughes sont de bonnes têtes de hockey.

Comme les Bruins

Mais je rappelle qu’il n’offre aucune espèce de garantie de succès. Gorton et Hughes souhaitent faire du Canadien une organisation profonde et solide pour longtemps. Ils veulent, sans le dire, recréer le modèle de réussite des Bruins de Boston.

Est-ce qu’ils vont y parvenir? Encore une fois, aucune garantie. Il y a, à Boston, un ADN différent de ce que l’on semble vouloir ici à Montréal.

Il y a un mélange d’ingrédients chez les Bruins et ça ne date pas d’hier. Un mélange d’ingrédients qui, mis ensemble, composent un tout intéressant et homogène.

À Boston, on veut des Lucic, des Marchand, des Bertuzzi au milieu des Bergeron et McAvoy. On n’a pas peur de ces gars-là, on les aime.

On en veut de toutes les sortes pour éviter que tous s’endorment à poings fermés. On veut qu’un groupe du vestiaire en «challenge» un autre et que l’inverse soit aussi vrai.

On veut que sur la glace, on puisse répondre à toutes les situations. On veut être «durs à jouer contre», parce que les coachs qui se préparent pour affronter Boston se disent que les Bruins sont capables de jouer n’importe quelle «game» efficacement.

Pourtant, à Boston, on n’a pas de joueur générationnel, sauf peut-être Pastrnak qui n’en est pas un mais qui est une super vedette.

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Pour le reste, deux bons gardiens qui se poussent tous les deux à être meilleurs dans l’harmonie complète, un corps défensif solide et qui joue le même système avec rigueur et succès, et un groupe d’attaquants qui travaille, travaille et travaille encore.

Derrière le banc, le Montréalais Jim Montgomery fait tout un job et il s’en va au Match des étoiles pour une deuxième année de suite.

Pourquoi ? Parce que Montgomery travaille la tête en paix et avec les coudées franches. Il a, au-dessus de sa tête, une direction hockey des plus solides, composée d’hommes forts qui n’hésitent jamais à se «challenger» afin que les meilleures décisions soient toujours prises dans les intérêts du logo sur le chandail.

Voilà pourquoi, à Boston, on a du succès et qu’on y accepte aucune demi-mesure. 

Les Bruins ont trouvé la recette, ils savent comment. Les Islanders avaient un bon club, le coach n’était pas assez fort. Lou Lamoriello, DG puissant, n’a pas hésité à nommer un homme fort, Patrick Roy. Regardez bien les islanders entrer en séries et peut-être bien y faire des dommages.

À Montréal, on tergiverse, on se berce d’espoirs de devenir quelque chose comme des Bruins, pour l’instant avec essentiellement des «bons petits gars». À vue de nez, il manque pas mal d’épices corsées dans la recette de Gorton et Hughes.

Mais ce type d’épice arrive généralement avec un peu plus de maintenance. Est-ce qu’on est prêts pour ça ici, ou on préfère que le fleuve reste tranquille?

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