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Des groupes criminels mexicains attendent les déportations massives de migrants des États-Unis pour faire de l'argent

Getty Images via AFP
Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2025-01-20T19:25:20Z

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Des groupes criminels postés dans les villes frontalières du Mexique attendent impatiemment les expulsions massives de migrants promises par Donald Trump pour les kidnapper, les extorquer et leur offrir un moyen de repasser la frontière illégalement.

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Les groupes criminels mexicains suivront de près les politiques migratoires de Donald Trump, selon les organismes en droits de la personne. 

«Ils sont conscients des changements qui s'opèrent aux États-Unis et les utiliseront à leur avantage, comme ils l'ont fait par le passé», souligne au Guardian Parker Asmann, journaliste pour le média d’investigation Insight Crime spécialisé en crime organisé en Amérique latine. 

Pour certaines de ces organisations criminelles, les revenus tirés de l'économie des migrants rivalisent désormais avec ceux provenant de la drogue. 

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Elles taxent les passeurs clandestins, extorquent de l’argent aux migrants, les kidnappent et parfois trafiquent des personnes à des fins de travail du sexe ou de travail forcé dans le secteur agricole. 

D’autres migrants sont enlevés dans les gares routières et les aéroports, alors que d’autres s’entassent par dizaines dans des refuges. Des cas de torture, d'agression sexuelle et de meurtre ont été documentés. 

Renforcer les cartels

Pendant le premier mandat de Donald Trump de 2017 à 2021, des programmes comme la politique de santé publique «Title 42», qui a permis d'expulser près de 3 millions de personnes sans leur permettre de demander l'asile, ont bloqué des milliers migrants dans les villes frontalières du Mexique. 

Ces politiques américaines se sont révélées très lucratives pour le crime organisé, qui pourrait bientôt bénéficier des déportations de masses promises par les républicains. 

Le gouvernement américain procédera dès mardi à des arrestations de migrants illégaux dans tout le pays, a annoncé sur la chaîne américaine Fox News le responsable des frontières dans l'administration Trump, Tom Homan. 

Il s'agirait d'une des premières actions prises par le président américain investi lundi. 

Le républicain a affirmé lors de sa campagne qu’il allait renvoyer des millions de personnes sans papiers dans ce qui serait la plus grande opération d'expulsion de migrants illégaux de l'histoire des États-Unis. 

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Son administration souhaite également relancer le «Title 42». 

Les politiques migratoires de Donald Trump risquent ainsi de renforcer les cartels contre lesquels il a pourtant promis de «faire la guerre». 

Les centres se préparent

Au centre d'accueil Casa Del Migrante de Ciudad Juárez, la plupart des migrants ont été kidnappés à un moment ou à un autre de leur voyage à travers le Mexique. 

«Certaines personnes arrivent ici et ne veulent pas retourner dehors. Ils ont peur», raconte au Guardian une assistante sociale de l’organisme situé à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, Ivonne López. 

Des trafiquants ont même essayé d'infiltrer leur refuge. 

Elle explique qu'il s'agit notamment d'une stratégie pour garder les clients et victimes sous l’emprise des groupes criminels. 

La Casa Del Migrante, qui ne compte actuellement qu'un tiers de sa capacité d'accueil de 560 personnes, aménage des espaces supplémentaires et s'approvisionne en produits de première nécessité. 

À un moment pendant le premier mandat de Trump, elle a accueilli 1138 migrants. 

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«L'éventail des possibilités est très large: les États-Unis pourraient expulser 1000, 100 000 ou des millions de personnes», affirme le coordinateur général du Conseil national de la population (COESPO), l'agence mexicaine responsable de l’aide humanitaire et des migrants, Enrique Serrano. 

«Nous n'avons pas actuellement de stratégie pour l'expulsion massive de migrants des États-Unis parce qu'il n'y a pas d'information», dit-il. 

Le COESPO s'attend cependant à ce que la majorité d'entre eux veuillent retourner aux États-Unis, comme ils ont quitté leur pays en raison de la pauvreté ou de la violence. 

«Et [les groupes criminels] essaieront de les capturer pour en faire un marché pour leurs services de migration», ajoute M. Serrano.

— Avec The Guardian et l'AFP

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