Des femmes moins seules pour avorter au Québec
Un organisme aide celles qui subissent la procédure à faire reconnaître leurs droits

Hugo Duchaine
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Deux Québécoises qui sont devenues les premières à faire de l’accompagnement à l’avortement offrent désormais de la formation aux quatre coins du Québec afin d’améliorer les soins et le respect des droits des femmes.
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« La demande pour nos formations a explosé », lance Marie-Ève Blanchard, cofondatrice de l’organisme Les Passeuses, avec la sage-femme Mélina Castonguay.
Depuis seulement trois ans, environ 400 professionnels de la santé ont été outillés pour mieux soutenir les femmes avant, pendant et après une interruption volontaire de grossesse (IVG).
Aujourd’hui, 15 centres des femmes ont suivi les formations et offrent désormais le service d’accompagnement.
L’idée est née des accompagnatrices à la naissance, souvent appelées doulas.
Mme Blanchard, qui a fait des études féministes, estimait qu’un besoin semblable existait pour l’avortement, car l’information est encore moins abondante que pour la grossesse, en plus de la désinformation antichoix.
Poser les bonnes questions
Mme Blanchard veut préparer les femmes qui auront un avortement à poser toutes leurs questions.
« Poser ses conditions dans la mesure du possible. Si on ne demande rien, ils ne vont pas remettre en doute les pratiques », souligne-t-elle.
Car au Québec, les femmes n’ont pas nécessairement droit à l’avortement « de leur choix », poursuit-elle.
Elle cite en exemple des cliniques qui refusent la pilule abortive à une femme, même si la grossesse a moins de neuf semaines.
Les règles restrictives du Collège des médecins du Québec, comme l’obligation d’une échographie, et qui sont plus sévères que les recommandations de Santé Canada, freinent aussi son accès, ajoute-t-elle.
Les femmes se voient aussi fréquemment refuser la présence d’un accompagnant, que ce soit un conjoint ou un proche, dans la salle d’avortement.
« À force de le demander, j’ose espérer que ça va changer », souffle Mme Blanchard, qui accompagne gratuitement et bénévolement des femmes.
Solitude
Les Passeuses ont aussi recueilli les témoignages de 150 femmes ayant subi un avortement. « Un mot qui revient vraiment souvent, c’est l’extrême solitude », dit-elle.
Les femmes se sentent jugées ou infantilisées. « Se faire dire “on ne veut pas que tu reviennes ici”. C’est un blâme, une phrase de trop », illustre-t-elle.
Avec les formations, elle souhaite rendre les soins plus « bienveillants et empathiques », en luttant contre les biais.
Elle estime que le renversement de Roe v. Wade aux États-Unis est l’occasion pour le Québec d’améliorer ce qui se fait ici.
« Quand il se passe des choses terribles chez nos voisins, on fait peut-être plus d’introspection », conclut-elle.
L’avortement au Québec
- En 2011 : 31 499 avortements
- En 2021 : 20 809 avortements
DE CE NOMBRE EN 2021, ON COMPTE
- 1526 avortements chez les 19 ans et moins
- 8999 chez les 20 à 29 ans
- 8583 chez les 30 à 39 ans
- 1701 chez les 40 ans et plus
Source : RAMQ
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