Des entrepreneurs font entendre leurs revendications

Alex Proteau
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Des entrepreneurs qui ont été obligés de fermer leurs entreprises en zone rouge se sont regroupés pour protester et ont remis cette semaine une lettre de revendication et une clé symbolique de leur commerce aux 125 députés provinciaux et 78 députés fédéraux du Québec, incluant le premier ministre François Legault.

Des entrepreneurs qui ont été obligés de fermer leurs entreprises en zone rouge se sont regroupés pour protester et ont remis cette semaine une lettre de revendication et une clé symbolique de leur commerce aux 125 députés provinciaux et 78 députés fédéraux du Québec, incluant le premier ministre François Legault.
«On est insultés. [...] Nos commerces n’étaient pas la source [de contamination]», a soutenu Benoit Girouard, l’un des porte-paroles du regroupement Entrepreneurs en Action du Québec (EAQ), un nouveau regroupement qui compte plus de 700 membres incluant la Coalition des centres d’activités physiques.

«La question, je voudrais la poser à M. Legault : seriez-vous prêt, demain matin, vous et votre équipe au grand complet, à sacrifier la moitié de votre fonds de pension pour hypothétiquement améliorer [le bilan]?», enchaine celui qui possède un gym, déplorant la situation actuelle des propriétaires des PME.
L’EAQ invite les propriétaires d’entreprises ainsi que tous les travailleurs autonomes du Québec à envoyer dans les prochains jours deux clés par la poste; une au premier ministre Legault et l’autre au ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon afin de manifester leur désaccord avec le traitement actuel réservé aux entreprises du Québec.
La première fermeture avait déjà fait mal, a expliqué M. Girouard. Certains détenteurs de PME en pleine santé financière dont la sienne (Gym X à Saint-Jérôme) cumulent depuis des dettes. «On ne peut plus s’endetter. On ne peut plus aller plus loin que ça», a-t-il dit. Le gouvernement Legault a affirmé en point de presse mardi que la situation sera inchangée pour les deux prochaines semaines.
Dans la lettre envoyée au gouvernement Legault, les membres de l’EAQ ont aussi demandé la réouverture de «certains commerces» dont les restaurants et les gyms. Ceux-ci seraient ouverts sous certaines conditions. Le regroupement souhaite aussi convertir le programme Aide d’urgence pour les petites et moyennes entreprises (PAUPME) en un soutien direct, non remboursable et couvrant l’ensemble des dépenses de l’entreprise fermée. Cela inclurait les jeunes entreprises qui ont moins d’un an d’existence. Ils demandent l’instauration d’un système de remplacement de revenus basé sur le chiffre d’affaires perdu, sans égard à la rentabilité du commerce.
Pour aider les commerçants à se faire entendre, une campagne de financement a été créée la fin de semaine dernière par l'EAQ. Les fonds amassés permettront au regroupement d’embaucher un comptable et un avocat. «On veut faire des actions politiques, des actions médiatiques et des actions judiciaires», a décrit M. Girouard. L’EAQ compte contester sous peu les contraventions émises au Gym Olympe à Québec et au Multi-Gym de Thetford Mines qui ont ouvert leurs installations malgré l’obligation de fermer.
Fermeture
Propriétaire d’un café-bistro à Dorval, Mathieu Beauchamp craint de devoir fermer prochainement son commerce ouvert il y a moins de 6 mois. Ce dernier avait terminé les démarches en janvier et tenait à accueillir ses clients rapidement. «Je sais que ça va être très très très difficile», a-t-il révélé quant aux chances de survie de son entreprise.
Comme son entreprise est ouverte depuis moins d’un an, ce dernier n’était pas admissible au prêt du gouvernement fédéral de 40 000 $ ni au PAUPME.
Tout comme M. Girouard, ce dernier se dit aussi insulté. «Je trouve ça triste. J’ai créé quatre emplois et j’ai sauvé 8000 $ par mois au gouvernement fédéral et je ne suis pas accessible à aucune aide du gouvernement pendant la COVID-19», a-t-il dénoncé.