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Passe-droits pour se faire vacciner

Une liste gérée à l’interne par des centres de santé a permis à leurs télétravailleurs de recevoir une dose

Des Montréalais en direction pour se faire vacciner à la clinique du Stade olympique gérée par le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.
Des Montréalais en direction pour se faire vacciner à la clinique du Stade olympique gérée par le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Photo portrait de Francis Pilon
2021-04-26T05:00:00Z
2021-04-26T11:23:25Z

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Des établissements de santé de Montréal ont offert de précieuses doses contre la COVID-19 à leurs employés de bureau en télétravail, au moment où des malades chroniques n’étaient même pas encore admissibles à la vaccination.

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Le Journal a mis la main sur un courriel envoyé le mois dernier à au moins 17 000 personnes qui travaillent dans des Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de Montréal.

Dans ce message, la direction invite tous ses employés qui ne font pas partie des groupes admissibles à la vaccination à s’inscrire sur une liste de rappel gérée exclusivement à l’interne. Celle-ci vise « à écouler d’éventuelles doses restantes en fin de journée », peut-on y lire.

Selon nos informations, plusieurs télétravailleurs et employés de bureau ont déjà reçu un vaccin grâce à cette liste, alors qu’ils ne font pas partie des groupes prioritaires à vacciner. 

Les CIUSSS contactés à ce sujet ont refusé de dévoiler le nombre de personnes qui ont eu ce privilège. 

« Il s’agit de cas d’exception. Nous ne sommes malheureusement toutefois pas en mesure de colliger ces données », a affirmé Christian Merciari, porte-parole du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. 

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Rappelons que les malades chroniques ont accès aux vaccins depuis vendredi dernier. 

Manque de transparence

Selon le ministère de la Santé, les personnes sur ces listes de rappel doivent s’engager à se rendre disponibles dans les 30 minutes après avoir été contactées. 

« Ce qui est difficilement réaliste pour la population », explique Marjorie Larouche, porte-parole au ministère.

La professeure de bioéthique à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (UdeM), Vardit Ravitsky, n’est pas du même avis.  

  • Extrait de courriel   

« En Israël, on sort dehors à la fin de la journée pour donner les doses inutilisées aux gens (...) On pourrait faire comme à d’autres endroits dans le monde et avoir un site web public avec une liste où tout le monde peut s’inscrire », explique l’experte. 

Ce genre de listes publiques pour éviter de perdre des doses de vaccins en fin de journée existent d’ailleurs déjà aux États-Unis et en Ontario.  

« Je suis en faveur d’une liste pour donner le restant des doses à la fin de la journée. (...) Le hic, c’est que cette liste devrait être ouverte au public et non rester secrète entre employés. Ce n’est pas juste », critique Mme Ravitsky. 

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Constat similaire pour Éric Racine, chercheur internationalement reconnu en bioéthique à l’UdeM. 

« Cette liste me surprend. Le principe fondamental en santé avec des ressources rares et précieuses comme les vaccins, c’est la transparence. Les critères doivent être justes et ils doivent être communiqués au public en tout temps », commente M. Racine. 

Pas un secret selon le ministère

Pour sa part, le ministère juge qu’il est complètement « faux de prétendre qu’il existe une liste secrète ». 

« Le processus de liste de rappel est connu depuis le début de la campagne de vaccination », indique la porte-parole Marjorie Larouche.  

Or, jamais la Santé publique n’a dévoilé que ses employés non ciblés par la compagne de vaccination et en télétravail pouvaient s’inscrire sur une liste pour recevoir une dose inutilisée.

De leur côté, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches affirment qu’ils n’ont pas vacciné leurs employés en télétravail « puisqu’ils ne sont pas prioritaires pour le moment ».

– Avec la collaboration d’Erika Aubin

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