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Des élections de mi-mandat sous haute tension

L’ancien président Donald Trump lors d’un discours dans l’État du Michigan le 1er octobre dernier.
L’ancien président Donald Trump lors d’un discours dans l’État du Michigan le 1er octobre dernier. Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Pierre Martin

Pierre Martin

2022-10-27T09:00:00Z

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À moins de deux semaines du 8 novembre, les républicains semblent assurés de reprendre la Chambre des représentants et le Sénat est à leur portée.

Vous avez du mal à suivre la politique chez nos voisins à la veille des élections de mi-mandat ? Ce n’est pas votre faute, il n’y a pas grand-chose de normal dans ce cirque.

Néanmoins, plus on s’approche du vote, plus il semble que les résultats correspondront aux attentes qu’on aurait eues si la politique américaine était un long fleuve tranquille.

  • Écoutez Pierre Martin avec Richard Martineau à QUB radio :

Beaucoup de bruit

En septembre, pendant un atelier du congrès de l’Association américaine de science politique sur la prévision électorale en vue des « midterms », j’ai failli m’endormir tant chaque conférencier s’entendait à prédire avec confiance que les républicains s’empareraient des deux chambres du Congrès.

Comme l’électorat agit généralement comme un thermostat, le parti présidentiel essuie presque toujours des pertes à mi-mandat. En 2022, l’impopularité du président Biden et l’inflation persistante renforcent cette tendance.

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Le reste n’est en principe que du bruit... mais cette année, il y a beaucoup de bruit. Pendant l’été, la décision de la Cour suprême sur l’avortement favorisait les démocrates, Joe Biden multipliait les bons coups, les accusations contre Donald Trump s’empilaient, le prix de l’essence baissait et l’inquiétude régnait devant les menaces à la démocratie posées par Trump et ses disciples.

Pour les démocrates, tous les espoirs semblaient permis, jusqu’à ce que le prix du pétrole se remette à grimper (merci, MBS et Poutine !) et que les électeurs relèguent l’avortement et les démêlés judiciaires de Trump à l’arrière-plan.

Ça chauffe

Au milieu de cette cacophonie, les sondages serrés dans plusieurs États suggèrent que tout peut arriver. Dans les courses clés au Sénat en Géorgie, en Ohio ou en Pennsylvanie, les débats télévisés auraient pu être décisifs, mais aucun candidat ne s’est démarqué.

Alors que les républicains gagnent des points avec des campagnes focalisées sur l’économie et sur la criminalité, les démocrates montrent des signes de division. Curieusement, le Parti démocrate national refuse d’aider financièrement certains candidats qui pourraient causer des surprises, comme Tim Ryan, en Ohio.

L’argent et des votes... anticipés

En Ohio, un État qui a basculé d’Obama à Trump et où l’autre sénateur est un démocrate, la campagne du trumpiste J. D. Vance nage dans l’argent grâce à l’appui de quelques milliardaires. Là comme ailleurs, les caisses bien garnies des républicains leur permettent de bombarder les indécis d’annonces publicitaires.

Cette offensive viendra toutefois trop tard pour les millions d’électeurs qui ont déjà voté. L’affluence au vote par anticipation est de bon augure pour les démocrates, qui misent sur un taux de participation plus élevé qu’à l’habitude.

Plusieurs courses serrées seront décidées longtemps après la fermeture des bureaux de scrutin, ce qui alimentera le moulin à mensonges de Donald Trump sur la fraude électorale.

Avec des centaines de candidats qui partagent les vues de l’ex-président sur la démocratie et qui ont de bonnes chances de gagner, les enjeux de cette élection sont énormes. En plus, comme le contrôle du Sénat risque d’être décidé au second tour en Géorgie, le cirque continuera bien au-delà du 8 novembre... et jusqu’en 2024.

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