Des dates, des arénas, mais pas encore de billets

Patric Laprade
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À un mois du début des activités, on a enfin eu plus de détails sur la première saison de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).
Tout d’abord, l’horaire est connu.
Tel que je vous l’avais mentionné en primeur lors de mon dernier article, la saison débutera au jour de l’An, lundi le 1er janvier 2024, alors que New York sera les visiteurs à Toronto. Le match aura lieu à 12h30 et se terminera donc tout juste avant le début de la Classique hivernale de la LNH.
Il s’agit d’un pari risqué. Est-ce que les amateurs de hockey en profiteront pour se faire une journée hockey avec plus de cinq heures d’écoute ou est-ce qu’on priorisera le match entre le Kraken et les champions de la Coupe Stanley?
Personnellement, j’aime ce choix, j’aurais préféré jouer après et profiter, peut-être, d’un peu de publicité durant le match de la LNH, mais tout de même, ça pourrait être payant pour la LPHF.
Pour ce qui est des 71 autres rencontres, elles auront lieu entre le 2 janvier et le 5 mai et, comme promis par Stan Kasten, des parties seront jouées tous les jours de la semaine et non pas uniquement les fins de semaine. Quant à elles, les séries éliminatoires débuteront le 6 mai.
Les parties en semaine seront disputées en soirée, tandis que le week-end, la majorité des matchs auront lieu en après-midi, sauf une exception, le samedi 20 janvier, alors que Montréal sera l’hôte de Toronto à 20h.
Je ne sais pas s’il y a un lien, mais le 20 janvier est une journée spéciale pour la LNH, alors qu’il s’agit de la Journée de hockey Scotiabank au Canada. Les sept équipes canadiennes seront en action. Le Canadien jouera à Boston pour l’occasion. Du côté de la LPHF, Ottawa sera la seule équipe canadienne en congé.
Puisque les compétitions internationales sont si importantes en hockey féminin, il y aura deux arrêts au cours de la saison. Du 5 au 13 février, alors que les équipes nationales sont en pause, ainsi que du 26 mars au 17 avril, pour les Championnats mondiaux qui auront lieu à Utica, dans l’état de New York.
Deux arénas de la LNH
L’équipe de Montréal jouera son premier match le 2 janvier à Ottawa, alors que son premier match à domicile ne sera que le samedi 13 janvier à 15h30 à l’Auditorium de Verdun. C’est d’ailleurs au légendaire aréna que ses matchs locaux seront majoritairement joués. Sept rencontres sont prévues à Verdun, alors que quatre se joueront à la Place Bell de Laval, une excellente nouvelle pour les partisans de la grande région métropolitaine et qui permettra aux amateurs de la Rive-Nord d’aller encourager l’équipe plus facilement.
Lorsqu’on regarde le plan de salle à Verdun, aucun billet n’est disponible en arrière des filets. Il y a quatre catégories de prix, variant entre 20$ et 48$. À titre comparatif, les prix oscillent entre 20$ et 30$ pour un adulte du côté de l’Armada à Boisbriand, alors que du côté du Rocket à Laval, les prix varient entre 22$ et 59$. La LPHF se situe donc entre la LHJMQ et la LAH.
Le tout me semble un peu cher, mais bon, vous pourriez me dire que tout coûte cher depuis la pandémie.
Verdun est le deuxième plus petit aréna de la ligue avec une capacité de 4 144 sièges. Toronto, qui va jouer ses matchs au Mattamy Athletic Center, dans le même établissement que l’ancien Maple Leaf Gardens, n’en contient que 2539.
Dans les autres marchés, Ottawa jouera au TD Place, où jouent les 67s d’Ottawa dans l’OHL et qui contient 6500 places. Boston va jouer à Lowell dans un aréna de 6000 places, là où y joue une équipe de la NCAA. New York jouera à Bridgeport au Connecticut dans le même aréna que le club-école des Islanders, qui peut recevoir 8 412 spectateurs. Toutefois, quatre matchs seront joués dans l’aréna des Islanders, au UBS Arena, qui contient un peu plus de 17 000 sièges. Minnesota est la seule équipe à n’avoir que des matchs dans un aréna de la LNH, soit le Xcel Energy Center, le domicile du Wild, qui peut recevoir près de 18 000 amateurs.

Toutefois, de la façon dont les plans de salle sont faits autant à Minnesota qu’à Boston, des sièges seront disponibles que d’un côté de la patinoire et dans les sections inférieures. Donc rien dans les niveaux 200 et 300 et rien du côté où les caméras seront installées, question de donner le meilleur look possible lors de la télédiffusion ou webdiffusion des rencontres.
C’est ce que je m’attends également au UBS Arena, mais fort probablement aussi à Bridgeport, Ottawa et Laval. Verdun et Toronto ont l’avantage de pouvoir utiliser presque toute leur disposition.
Certains seront peut-être surpris d’apprendre qu’aucun programme double n’est prévu pour l’instant entre un match de la LPHF et un match de la LNH, LAH ou OHL.
Les billets : pas encore tous disponibles au grand public
L’horaire comporte tout de même des trous.
En effet, 12 des 72 parties n’ont pas encore d’heure de début, dont deux parties à Montréal, les 16 mars et 21 avril. Aussi, six parties n’ont pas encore d’arénas confirmés, dont une à Montréal, le 16 mars également.
C’est peut-être ce qui explique que la vente de billets n’est pas encore pleinement déployée. Malgré toutes les annonces et les bonnes nouvelles des dernières journées, c’est ici que ça se gâte un peu.
Il y a plusieurs semaines, la ligue avait offert aux amateurs de payer un dépôt de 50$ afin d’avoir les premiers choix de billets. Ces personnes ont reçu au cours des derniers jours un plan de salle, l’horaire et la possibilité d’acheter des billets, que ce soit pour une partie ou pour la saison.
Mais qu’en est-il de monsieur-madame-tout-le-monde?
La bonne nouvelle, c’est qu’à partir de lundi prochain, le 4 décembre, les billets de saison seront disponibles.
Toutefois, c’est au niveau des amateurs qui veulent acheter des billets pour une ou deux parties seulement qu’on n’a toujours pas livré du côté de la ligue.
Le communiqué explique que « les parties individuelles et les billets de groupes seront disponibles dans les prochaines semaines, de même que les billets de demi-saison.»
Dans les prochaines semaines?
Dois-je rappeler aux dirigeants de la ligue que la saison débute dans exactement quatre semaines?
Dois-je rappeler aux dirigeants de la ligue qu’on est en pleine saison du temps des fêtes et que des personnes pourraient vouloir offrir en cadeau des billets à des membres de leur famille ou à des amis?
Dois-je rappeler aux dirigeants de la ligue qu’on est le 1er décembre et qu’il n’y a toujours pas de campagne de publicité dans les médias.
Je comprends qu’un marché comme Montréal obtient un sursis de deux semaines, car son premier match à la maison n’est que le 13 janvier, mais ce n’est pas comme si janvier était reconnu comme un mois où les gens dépensent beaucoup.
Espérons que les trous dans l’horaire seront remplis avant que tous les billets soient disponibles. Difficile d’acheter des billets à l’aveugle, sans savoir l’heure ou même l’endroit où le match sera disputé.
En plus des billets, aucune entente télévisuelle n’a encore été annoncée. Par contre, à ce niveau, je m’attends à une annonce plus tôt que tard. Cela faisait partie des dossiers que la vice-présidente séniore aux affaires commerciales, Amy Sheer, devait regarder lors de son arrivée et visiblement, les dossiers commencent à se régler de son côté.
Des joueuses mises au ballotage, d’autres pas
C’est hier qu’avaient lieu les premières coupures dans les différents camps d’entraînement qui ont débuté le 15 novembre dernier.
En effet, il était prévu qu’au 30 novembre, les équipes devaient réduire leur nombre de joueuses à 27. Des 187 joueuses invitées aux camps, il en reste donc 162.
Parmi les 25 joueuses coupées, seulement 11 ont été placées sur une liste de ballotage et ainsi, disponibles aux autres équipes, qui ont jusqu’au 2 décembre pour les repêcher.
La ligue explique que les 14 autres ne sont pas éligibles pour une pléiade de raisons telles que :
- Avoir reçu et refusé une offre d’entente de joueuse standard pendant la durée du camp d’entraînement
- De ne pas s’être présentée au camp d’entraînement
- D’avoir quitté le camp d’entraînement sans avoir été libérée
- Ou bien, parce que la joueuse avait demandé de ne jouer que dans un seul marché en vertu de la clause de motifs humanitaires
Sans connaitre les raisons exactes pour toutes les joueuses, il devient plus facile de présumer l'identité de celles qui avaient demandé de jouer dans un marché bien précis.
Kendall Cornine, du New Jersey, libérée par l’équipe de New York, a joué les quatre dernières saisons pour les Riveters dans la PHF, l’équipe qui représentait le marché de New York. Scénario similaire pour Hayley Lunny. Patti Marshall vient de l’état du Minnesota, a joué son hockey universitaire là-bas et jouait pour les Whitecaps dans la PHF. Son de cloche similaire pour Catie Skaja. Ces quatre joueuses sont sur la liste des non éligibles au ballotage.
Du côté de Montréal, Hanna Bunton, Brooke Stacey et Lina Ljungblom font partie de cette liste. Du groupe, la Suédoise Ljungblom est sous contrat avec l’équipe de MoDo dans la ligue de hockey féminin de Suède et ne sait pas présenter au camp.
Bunton et sa conjointe, la joueuse étoile Mélodie Daoust, avaient demandé d’obtenir un poste de joueuse de réserve seulement. Alors que pour Stacey, qui était revenu d’un congé de maternité pour jouer avec la Force de Montréal l’an dernier, je ne serais pas surpris d’apprendre qu’elle avait demandé de jouer uniquement dans le marché montréalais. D’ailleurs, l’athlète de 27 ans a dit en entrevue récemment que si elle ne faisait pas l’équipe, elle penserait sérieusement à la retraite.
Deaudelin et Veillette coupées
Parmi les 11 joueuses qui sont éligibles aux autres équipes, notons la présence de cinq gardiennes, dont la Québécoise Marie-Soleil Deschênes, qui jouait avec la Force l’an dernier et qui était au camp de l’équipe de Montréal. Également sur la liste, les Québécoises Christine Deaudelin et Audrey-Ann Veillette.
Deaudelin, défenseur qui avait été invitée au camp d’entraînement de l’équipe de New York, a pourtant connu un bon camp selon ce que j’entends. L’an dernier avec la Force, elle avait terminé au premier rang des pointeuses à sa position avec neuf points. Il ne serait pas surprenant qu’elle soit repêchée d’ici à demain. Elle pourrait intéresser Montréal qui n’a que huit défenseurs au camp dont seulement quatre sont signées.
Le cas de Veillette est différent. Repêchée en dernière ronde par Ottawa, elle s’était blessée au genou le 24 juillet dernier, avant le repêchage, dans un match de la ligue d’été Living Sisu, blessure qui a demandé une opération. Elle était tout de même à Ottawa durant le camp. Les raisons menant à sa coupure n’ont pas été dévoilées.
Montréal complète ses six gros contrats
La prochaine étape est le camp d’évaluation à Utica, alors que toutes les équipes y seront du 3 au 7 décembre. Des matchs présaison y seront, entre autres, disputés.
Ensuite, une deuxième vague de coupures et mises au ballotage aura lieu du 8 au 10 décembre, avant que les alignements finaux soient dévoilés le 11 décembre. Au total, 23 joueuses devront avoir signé un contrat, plus deux joueuses de réserve.
Montréal a aussi annoncé que l’attaquante américaine Maureen Murphy avait signé un contrat de trois ans, le sixième que l’équipe avait le droit d’attribuer. En effet, en vertu de la convention collective, chaque équipe doit faire signer au moins six joueuses un contrat garanti de trois ans valant un minimum de 80 000$ américains par année. Murphy avait terminé au septième rang des meilleures pointeuses l’an dernier dans la NCAA et avait fait partie des 10 finalistes pour le prix Patty-Kazmaier, remis à la meilleure joueuse universitaire.
Avec une masse salariale de 1 265 000$, ces contrats vont valoir environ 40% du maximum permis. Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens, Laura Stacey, Erin Ambrose et Kristin O’Neill sont les autres à avoir bénéficié de ces contrats.
Série de la rivalité : le retour de Desbiens
Du côté international, les formations pour les États-Unis et le Canada en vue de la deuxième tranche de la série de la rivalité sont maintenant connues.
Du côté américain, peu de surprises, alors que 23 des 26 joueuses présentes en novembre seront de retour. La défenseur Caroline Harvey, qui a participé aux derniers Jeux olympiques, sera de retour, elle qui soignait une blessure au genou. Elle joue présentement pour l’Université du Wisconsin.
Entre autres, l’équipe comprendra la joueuse étoile Hilary Knight, qui jouera à Boston dans la LPHF, Taylor Heise, le premier choix au total par Minnesota du premier repêchage de la LPHF, ainsi qu’Alex Carpenter, qui évoluera du côté de New York.
Pour le Canada, la défenseur de l’équipe de Montréal, Erin Ambrose, blessée le 11 novembre dernier lors des premiers matchs de la Série de la rivalité, n’y sera pas. Elle devrait toutefois être remise à temps pour le premier match de la saison de l’équipe. De son côté, la gardienne étoile Ann-Renée Desbiens sera de retour, elle qui avait manqué les deux premiers matchs en novembre à la suite d’une blessure. Le retour de Desbiens signifie l’absence de Corrine Schroeder, meilleure gardienne l’an dernier dans la PHF et qui jouera à New York cette année.
Parmi celles qui feront leurs débuts avec l’équipe nationale, notons la présence de Nicole Gosling, la cousine de Julia Gosling, qui fait elle aussi partie de l’équipe, alors que la joueuse la plus utile dans la PHF l’an dernier, Loren Gabel, y sera à une première présence cette année. Elle avait joué dans cette série l’an dernier.
Desbiens et Poulin seront les deux seules joueuses en provenance du Québec. Toutefois, Caroline Ouellette, assistante à l’entraîneur Troy Ryan, ainsi que la directrice générale Gina Kingsbury représenteront la Belle Province.
Les parties seront jouées à Kitchener et Sarnia en Ontario, les 14 et 16 décembre prochains.

Qui pourra battre les Stingers de Concordia?
Avec une fiche de 12-0-0 depuis le début de la saison, dont deux victoires en prolongation, les Stingers de Concordia semblent imbattables. L’équipe a marqué 52 buts, soit 12 de plus que son plus proche rival, et n’en a accordé que 16, huit de moins que l’équipe qui arrive au second rang.
Une domination qui est sans égal dans tout le hockey féminin universitaire canadien.
L’équipe domine au classement et le tout se reflète ailleurs, alors que cinq des 10 meilleures pointeuses et neuf des 20 meilleures proviennent de Concordia.
C’est encore la jeune recrue Émilie Lussier qui trône au sommet des pointeuses de l’équipe avec une fiche de 8 buts et 10 aides, bon pour le deuxième rang de la ligue, quatre points derrière son éternelle rivale Gabrielle Santerre des Gaiters de l’Université Bishop. Une autre Émile, Lavoie celle-ci, continue également son bon boulot avec 14 points en 7 matchs et une fiche de +15.
Toutefois, ce qui a retenu l’attention des dernières rencontres est le réveil à l’attaque de Jessymaude Drapeau.
En effet, l’attaquante de Rivière-du-Loup, qui n’avait que cinq points à ses huit premiers matchs, a presque doublé sa production avec neuf points à ses quatre dernières rencontres, dont un match de 3 buts et 2 aides contre Carleton le 18 novembre dernier. Il s’agissait de son premier tour du chapeau en carrière avec les Stingers. Elle a maintenant rejoint sa coéquipière Lavoie au quatrième rang des pointeuses avec sept buts et sept passes et a même été nommée l’athlète USports de la semaine.
Léonie Philbert et la capitaine Emmy Fecteau complètent le top 10 du côté de Concordia. Du côté des meilleures buteuses, c’est Maude Pépin, de Bishop, qui domine avec 11, soit un de plus que sa fiche l’an dernier en 13 matchs de moins.
Un retour plus difficile pour Bégin-Cyr
Lors de ma dernière chronique, je vous parlais du retour au jeu de Rosalie Bégin-Cyr avec Concordia après une blessure qui lui a fait manquer les huit premiers matchs de l’équipe.
Bien qu’elle semble avoir retrouvé son rythme sur la patinoire et que les entraîneurs lui donnent plus de temps de glace qu’à son premier match, sa production n’a pas encore retrouvé la même cadence que l’an dernier. Celle qui avait 29 points au compteur en 23 matchs, bon pour le quatrième rang des meilleures pointeuses en 2022-23, n’a qu’une passe en 4 matchs cette année et a été blanchie à ses trois dernières rencontres.
Elle est tout de même un apport important pour l’équipe, autant dans la chambre que sur la glace. Celle qui en est à sa sixième et dernière saison universitaire a un bon contrôle de la rondelle et un coup de patin très fluide. Il ne sera pas surprenant de la voir débloquer très bientôt.
Aube Racine : la muraille des Carabins
Chez les gardiennes, le duo composé de Jordyn Verbeek et Arianne Leblanc continue de bien faire pour les Stingers. Toutefois, il faut se demander si la meilleure gardienne ne se trouve pas chez les Carabins, alors qu’Aube Racine a d’excellentes statistiques.
La gardienne de 25 ans mène au niveau des victoires avec six, est première à égalité avec Verbeek au niveau du pourcentage d’efficacité et troisième pour la moyenne de buts alloués, pour celles qui ont au moins quatre matchs. Tout ça en ayant reçu 267 tirs. À titre comparatif, le duo Verbeek-Leblanc a reçu 219 tirs combinés. Racine est l’une des raisons pourquoi les Carabins sont deuxièmes au classement avec 16 points.
En terminant, notons que cette fin de semaine est la dernière avant la pause du temps des fêtes. Toutes les équipes seront en action, alors que samedi Bishop rendra visite à McGill et Ottawa jouera à Concordia, tandis que dimanche, Carleton sera l’hôte contre Montréal.
Concordia a battu Ottawa deux fois cette saison, par la marque de 5-4 et 6-1. Les Gee-Gees sont quatrièmes au classement avec 11 points. Il y fort à parier que l’équipe finira l’année 2023 avec une fiche parfaite.
Les activités de la ligue reprendront le 6 janvier.
**Crédit photos : comptes Instagram des Stingers de Concordia et de la LPHF