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«Des corps partout»: à Séoul, trois soldats américains sous le choc après la bousculade mortelle

AFP

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2022-10-30T11:44:35Z

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Entourés de cadavres jonchant les ruelles étroites de Séoul, trois soldats américains se sont improvisés secouristes pour extraire les survivants de la pire bousculade qu’ait connue la Corée du Sud. Mais il était souvent «déjà trop tard». 

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Les gens sont tombés «comme des dominos», raconte, hébété, Jarmil Taylor, 40 ans.

Avec ses deux amis également stationnés à Séoul, le militaire s’était dirigé samedi soir vers la petite allée qui s’est transformée en goulot d’étranglement dans le quartier de Itaewon. Ils ont échappé à la bousculade de justesse. 

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Interrogés par l’AFP, ils reviennent sur une soirée marquée par des scènes de chaos, de souffrance et de mort, tandis qu’ils s’efforçaient d’apporter leur aide dans ce drame qui a fait 153 morts.

«Il n’y avait pas assez de personnes pour les aider tous en même temps», soupire Jarmil.

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En haut de la ruelle, la foule tentait de passer en force, même si la rue était déjà pleine à craquer – et les gens ont commencé à tomber «les uns sur les autres».

Pour ceux coincés au milieu de la bousculade, c’était la panique, des hurlements.

«Ils paniquaient et cela a aggravé la situation. Il y avait du bruit partout... les gens qui hurlaient noyaient tous les autres sons», décrit-il. 

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Pour la première fois depuis le début de la pandémie de coronavirus, quelque 100 000 personnes étaient de sortie ce soir-là pour les festivités d’Halloween, une foule «sans précédent», selon des commerçants locaux. 

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Face à ce mouvement de foule, les trois militaires se mobilisent pour sortir de la cohue les victimes, souvent évanouies, afin de les transporter en lieu sûr et pour que les secours puissent pratiquer des massages cardiaques.

«Les discothèques alentour étaient pleines de personnes allongées» au sol, transformées en abris temporaires, décrit Jarmil. 

Trop tard

Environ 27 000 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud en cas d’attaque nucléaire du Nord. M. Taylor et ses collègues officient à Gyeonggi, dans le camp Casey.

Ils se sont retrouvés à Itaewon pour faire la fête pendant leur semaine de congé. Mais ils ont vite compris que la foule était trop dense.

«Nous étions tendus aussi, nous étions au milieu», se remémore pour sa part Dane Beathard, 32 ans.

De la foule compacte, les secouristes avaient du mal à évacuer les victimes, dit-il.

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«Nous avons aidé à extraire des personnes toute la nuit [...]. Cela faisait longtemps que les gens coincés là-dedans n’arrivaient plus à respirer», précise Dane.

La majorité des victimes étaient des jeunes femmes d’une vingtaine d’années, selon les autorités.

À cause de leur «plus petite taille, je pense que leur diaphragme a été écrasé, et comme elles paniquaient, cela a rendu [la situation] encore plus chaotique», explique Jerome Augusta, 34 ans. 

Au départ, il n’y avait presque pas de policiers ou d’équipes de secours sur les lieux, a remarqué le trio, et la foule ne cessait de grossir. 

Les personnes à l’arrière ne voyaient pas ce qui se déroulait juste devant. 

«On leur criait de reculer, mais il était déjà trop tard», assure le soldat, qui dit avoir travaillé sans relâche toute la nuit pour sauver des vies.

Même quand ils réussissaient à extraire des victimes, elles étaient souvent sans vie.

«On n’est pas des petits gars, mais nous avons été écrasés nous aussi avant de sortir» de la foule, se souvient Jarmil.

«Ce que vous devez comprendre, c’est que les personnes coincées à l’avant étaient toutes par terre, déjà écrasées», explique-t-il. 

Les trois compatriotes s’estiment chanceux d’avoir survécu à cette tragédie.

«Quand nous sommes partis, il y avait des corps partout, partout», lâchent de concert les trois hommes.

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