Des coéquipiers à la défense de Gallagher

Jean-François Chaumont
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Brendan Gallagher avait sur le cœur la punition décernée par Pierre Lambert au dernier match. S’il pouvait plaider une punition fantôme contre les Flames de Calgary, il n’avait pas le choix d’y aller d’un verdict de culpabilité pour son bâton élevé contre Pavel Dorofeyev.
À égalité 4 à 4 en fin de troisième période, Gallagher a visité le banc des punitions pour quatre minutes en atteignant Dorofeyev avec son bâton alors qu’il fonçait en direction du filet de Cayden Primeau.
Les Golden Knights ont touché la cible à deux reprises à cinq contre quatre alors que Gallagher gardait la tête basse au cachot. Jack Eichel et Mark Stone ont tour à tour déjoué Primeau pour offrir une avance de deux buts aux visiteurs.
Mais à 6-4 et avec encore 72 secondes au cadran, ce n’était pas encore terminé. Justin Barron a ranimé l’espoir dans le Centre Bell en battant Adin Hill d’un bon tir. Et avec cinq petites secondes au cadran, Nick Suzuki a cogné à la porte, mais le grand gardien des Knights a étiré sa mitaine pour le stopper.
«Nous n’avons pas abandonné, mais les Golden Knights restent une équipe dangereuse en supériorité numérique et ils en ont profité, a reconnu le défenseur Johnathan Kovacevic. Ils ont décoché deux tirs de l’extérieur pour marquer. Eichel est l’un des meilleurs joueurs de la LNH, tout comme Stone.»
Kovacevic a toutefois pris la défense du petit numéro onze très rapidement.
«C’est un jeu de hockey, il voulait lever son bâton, a expliqué le numéro 26. Brendan travaille fort et il est un meneur pour nous. Il n’y a aucun joueur dans ce vestiaire qui le blâmera. Il joue avec cœur tous les soirs. C’était à nous de tuer les punitions pour lui.»
Dans un autre coin du vestiaire, Cayden Primeau a aussi décrit ce jeu de Gallagher comme un simple accident.
«Dorofeyev se dirigeait vers le filet et il voulait le ralentir, a expliqué le gardien du Tricolore. C’est impossible de le blâmer. J’aurais aimé réaliser les gros arrêts en fin de match. Pour vous dire la vérité, je me sentais encore mieux qu’à mon départ contre les Red Wings à Detroit, mais ça ne se voit pas au tableau indicateur.»
Primeau a donné six buts sur 43 tirs, mais sans lui les Golden Knights auraient pris une avance confortable dans les premières minutes du match où ils attaquaient de partout.
Martin St-Louis a bien résumé cette défaite de 6 à 5 contre les champions de la Coupe Stanley.
«Contre Calgary, on perdait sur le tableau, mais ils ne nous battaient pas. Aujourd’hui, on gagnait au tableau, mais ils nous battaient. On a joué avec le feu et on s’est brûlé.»
La domination des Golden Knights se lisait dans la colonne des tirs (43 à 28), mais encore plus dans les tirs tentés (95 à 51).
Deux fois Ylönen, Xhekaj se blesse
Dans ce match offensif, Jesse Ylönen a touché la cible à deux reprises. Il a marqué un beau but en échappée et un autre après un relais précis de Michael Pezzetta.
Alex Newhook (deux buts) et Nick Suzuki (deux passes) ont également connu une bonne soirée offensivement. Dans le camp des visiteurs, Shea Theodore a mené l’attaque avec un but et trois passes.
Frappé par Ivan Barbashev en deuxième période, Arber Xhekaj n’est pas revenu dans le match. Le CH a parlé d’une blessure au haut du corps. Avant de rentrer au vestiaire, Xhekaj se tenait l’épaule gauche. L’an dernier, il s’était blessé à l’épaule droite après un combat contre Vincent Desharnais, des Oilers.
À la mémoire de Karl Tremblay
Des Jets de Repentigny au Canadien de Montréal. Avant la naissance des Cowboys Fringants, Karl Tremblay avait rencontré Jean-François Pauzé dans un vestiaire d’un aréna. Le hockey et le sport avaient une grande place dans le cœur du chanteur. C’était donc de mise de voir l’équipe de son enfance lui offrir un vibrant hommage au lendemain de son décès.
Avant la rencontre, Rafaël Harvey-Pinard a déposé un chandail numéro 76 avec le nom de Tremblay. Le 76 représentait l’année de naissance de l’homme emporté trop tôt, à l’âge de 47 ans d’un cancer de la prostate. Au son de la puissante mélodie, « les étoiles filantes », les 21 000 partisans et des milliers d’autres à travers le Québec et la francophonie ont pris quelques minutes pour se recueillir, chanter et verser des larmes.
Pour toute la première période et lors des deux entractes, le Centre Bell a vibré au rythme du large éventail de chansons des Cowboys Fringants.
À la fin du match, le Tricolore a posé un geste symbolique en donnant la première étoile à Karl Tremblay.
Le Journal offre ses condoléances à toute la grande famille des Cowboys.