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Des avions militaires partiront du Canada et des États-Unis pour le Groenland

Le sort de l'île arctique danoise menacée par Donald Trump est stratégique pour le Canada

Photo portrait de Anne Caroline Desplanques

Anne Caroline Desplanques

2026-01-19T21:30:00Z

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Les armées canadiennes et américaines renforcent leur présence au Groenland en annonçant y envoyer des avions militaires, au moment où Donald Trump intensifie sa pression sur l’île arctique qu’il veut annexer.

Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), une force conjointe canado-américaine, a déclaré sur X lundi que des avions partiront des bases canadiennes et américaines «bientôt».

«Cette activité a été coordonnée avec le Royaume du Danemark, et toutes les forces de soutien opèrent avec les autorisations diplomatiques requises», a déclaré le NORAD.

Ni la Défense nationale ni le bureau du premier ministre n’ont répondu à nos demandes d’éclaircissement. Mais depuis Doha, au Qatar, le premier ministre s’est dit «inquiet» de l’escalade des tensions dans cette région hautement stratégique pour le Canada.

C’est qu’«il est possible que ce soit le territoire canadien qui soit dans la mire du président Trump après le Groenland», prévient Justin Massie, co-directeur du Réseau d’analyse stratégique et professeur agrégé de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Nous avons donc tout intérêt à défendre cette région pour protéger notre propre souveraineté, d’autant plus que notre armée est dépendante du Groenland pour assurer ses opérations nordiques (voir carte).

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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Déploiement européen en cours

L’annonce du NORAD s’ajoute au déploiement militaire lancé le 15 janvier par le Danemark, la France, la Suède, l’Allemagne et d’autres pays européens dans le but de préparer «d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région», a déclaré sur X le président français Emmanuel Macron.

Les Européens veulent ainsi contrer les velléités d’annexion du président américain en montrant que l’OTAN est bien présente sur place.

Au cours de la fin de semaine, Donald Trump a causé l’émoi en annonçant de nouvelles surtaxes douanières contre les pays qui s’opposent à son projet d’annexer le Groenland. En ajoutant une couche, il a déclaré dans un message au premier ministre de la Norvège rendu public lundi: «Étant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à PLUS de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix».

Le président américain estime devoir prendre le contrôle de l’île, car «si nous n’y allons pas, la Russie va y aller et la Chine va y aller», dit-il.

Pour M. Massie, Ottawa aurait dû dépêcher des soldats aux côtés des Européens dès la semaine dernière pour «montrer que la défense de l’Arctique c’est sa priorité nationale», explique-t-il, «beaucoup plus que d’avoir des soldats en Lettonie ou ailleurs dans le monde».

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Selon lui, notre priorité doit être de convaincre les États-Unis qu’on est capable d’assurer la défense de l’Arctique et qu’ils n’ont donc pas besoin d’annexer le territoire pour assurer leur sécurité.

 

Trenton, Ontario

Des avions-cargos de l’Aviation royale canadienne partent de la base de Trenton pour approvisionner celle de Alert, en extrême Arctique. Ils font la navette en continu chaque printemps et chaque automne, généralement durant une période de deux semaines, selon les conditions météo.

Base de Alert

La Station des Forces canadiennes (SFC) Alert est située sur la pointe nord-est de l’île d’Ellesmere, au Nunavut, à 817 km du pôle Nord. C’est l’endroit habité en permanence le plus au Nord dans le monde. Sa mission principale est d’écouter les communications russes et de soutenir les opérations de recherche et sauvetage en Arctique. Environ 55 militaires et civils y vivent à temps plein.

Pituffik (anciennement Thulé)

Depuis le début de la guerre froide, la base spatiale de Pituffik est un point stratégique de la chaîne de radars du NORAD dont la mission est de détecter les éventuels tirs de missiles balistiques russes ou nord-coréens notamment. La base est gérée par l’armée américaine. Les pilotes canadiens y font régulièrement escale pour ravitailler Alert, entre autres.

Nuuk

La Marine royale canadienne fait escale dans le port de la capitale du Groenland pour se ravitailler quand elle fait route vers le passage du Nord-Ouest qu’elle patrouille l’été. Le Canada revendique ce passage comme étant une mer intérieure, mais les États-Unis n’y reconnaissent pas notre souveraineté estimant qu’il s’agit plutôt d’un détroit international ouvert à tous.

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