Cette Québécoise a délaissé les arts martiaux... pour les combats à poings nus
Un sport qui rend Jade Masson-Wong plus libre


Dave Lévesque
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Ça prend du cran pour se cogner à coups de poing sur la margoulette sans protection, hormis un protecteur buccal. Ça tombe bien, Jade Masson-Wong en a beaucoup.
C’est une femme de 31 ans à la fois pétillante, calme et très raisonnée qui répond quand le représentant du Journal l’appelle à Edmonton, où elle se trouve pour participer à son quatrième combat de Bare Knuckle Fighting Championship, qui aura lieu samedi soir dans la capitale albertaine.
Masson-Wong, qui est originaire de Québec, est la seule Canadienne inscrite au championnat et elle est aussi classée au premier rang chez les poids mouches.

Maintenant que tout ça est dit, c’est quoi, au juste, le Bare Knuckle Fighting? C’est exactement ça, des combats de boxe à mains nues où seuls les poignets sont enrubannés. Les duels sont d’une durée de cinq rounds de deux minutes chacun et le ring est circulaire.
«C’est sûr que tu sens chaque coup de poing», admet la combattante sans détour.
Sport dur
À première vue, ce n’est pas un sport pour les doux. Ça cogne dur, il y a beaucoup de sang, mais ce n’est pas bien différent des arts martiaux mixtes que pratiquait Jade Masson-Wong avant de faire le saut.
«Je ne reçois plus de coups de pied, dit-elle avec une forme de soulagement. Et la différence avec la boxe est qu’on a droit de prendre la tête de l’adversaire comme dans les arts martiaux mixtes.»

C’est parce que la pandémie l’a réduite à l’inactivité qu’elle a changé de trajectoire. Son agent lui a parlé de ce sport en émergence et elle a tenté le coup. Elle présente une fiche de deux victoires et une défaite depuis qu’elle a fait la transition. Et c’est un peu comme si son parcours sportif l’avait préparée pour cette épreuve.
«J’ai toujours été sportive, j’ai fait de la gymnastique de compétition à 9 ans, j’ai commencé la boxe à 13 ans, j’ai aussi fait des combats de kick-boxing amateur à 14 ans, mais j’ai lâché à l’adolescence et j’ai commencé les arts martiaux mixtes à 18 ans.»
Plus libre
Jade Masson-Wong soutient qu’elle a trouvé un sport qui correspond mieux à ses besoins.
«Je préfère ça aux AMM, je me sens plus à l’aise, c’est plus naturel, je me sens libre. On dirait que je suis plus à l’aise, moins stressée parce que je me sens plus en contrôle de mes moyens.
«Dans les AMM, avec trois rounds de cinq minutes, il fallait que je gère mon énergie, j’avais l’impression de ne pas atteindre mon potentiel. Avec des rounds de deux minutes, il reste toujours du gaz.»
Évidemment, c’est un sport qui est difficile physiquement et mentalement, et elle ne s’attend pas à le pratiquer très longtemps.
«Le pire, c’est les mains. Après chaque combat, j’en ai pour deux mois à ne pas pouvoir frapper sur les palettes.»
Dur, mais...
Regarder quelques minutes de faits saillants de ces combats, c’est avoir l’impression que c’est un sport sanguinaire et barbare, mais il ne faut pas rester sur ces premières impressions.
D’abord, il y a beaucoup de respect entre les combattants. Jade parle d’ailleurs d’une grande famille. Puis, on remarque que les coups sont moins nombreux que dans les autres sports de combat.
«C’est rare qu’il y ait des combats où c’est une rafale de coups. On choisit les coups qu’on lance parce qu’on sait qu’on peut se briser les mains.
«C’est sûr qu’après, on est plus poqués, mais si je compare à la boxe, où ce sont des coups à répétition, j’ai l’impression que c’est moins dommageable pour le cerveau», soutient-elle en précisant que malgré l’hémoglobine, les blessures sont souvent superficielles.
En vivre
Certains des combattants les plus populaires peuvent empocher jusqu’à 400 000$ ou 500 000$ par combat, mais les débutants touchent beaucoup moins.
Jade Masson-Wong affirme faire plus d’argent que lorsqu’elle faisait des arts martiaux mixtes, même si ce n’est pas encore suffisant pour en vivre, mais elle est très débrouillarde.
«Je ne peux pas vivre seulement des bourses. J’ai des commanditaires et j’ai un compte OnlyFans qui me permet de payer mes camps d’entraînement. Les performances en combat m’aident à obtenir plus d’abonnés.
«C’est moi qui décide ce que je fais, j’ai une limite, il y a de la nudité, mais pas de porno. Je suis à l’aise avec mon corps. J’ai aussi une maison que je loue quand je suis en camp d’entraînement, et j’ai une clientèle de body piercing.»
Et aux vues de ses premiers combats, elle se débrouille également très bien dans le ring.