Des Américains en quête de rédemption à la Coupe des Présidents
Véritables favoris, ils sont confrontés à une équipe déterminée dans cette répétition à la Coupe Ryder dans 12 mois


François-David Rouleau
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Une équipe rassemblant 5 des 10 meilleurs golfeurs au monde et 6 des 10 meilleurs du circuit de la PGA à la fin de la dernière saison vient inévitablement avec l’étiquette de grande favorite. Et quand on y ajoute une domination de l’histoire et neuf conquêtes consécutives, les lettres y sont écrites en gros caractères au centre d’une cible. C’est la position de la machine américaine à la Coupe des Présidents, qui démarre aujourd’hui au Royal Montréal.
Ce moteur ayant pourtant baigné dans l’huile il n’y a pas si longtemps était un rouleau compresseur destiné à tout écraser sur son chemin dans les compétitions par équipe durant cette décennie, mais il s’est enrayé l’an dernier à Rome lors de la Coupe Ryder.
Bien que le système de pointage et les critères d’admissibilité menant à une sélection de la Coupe des Présidents diffèrent de la Coupe Ryder, le capitaine Jim Furyk a ramené 8 des 12 membres de cette dégelée encaissée aux poings des Européens, pourtant plus faibles sur papier. Ce qui laisse planer une ombre au tableau cette semaine face à une équipe plus limitée que cette puissance.

«Quand on révise les alignements américains aux compétitions par équipe depuis 8 à 10 ans, on voyait se former le noyau, a expliqué Furyk dans une entrevue exclusive avec Le Journal avant son arrivée à Montréal.
«Dans notre victoire à la Coupe Ryder en 2021, on ne voyait pas le circuit LIV Golf arriver dans le portrait et créer cette situation, a-t-il ajouté en mentionnant des absences en raison du fossé creusé dans son sport.
«Notre top 6 reste solide. Nous avons un bon mélange de golfeurs. Je veux que mes meneurs prennent le contrôle de l’équipe et montrent leur leadership.»

Noyau dur
Les Scottie Scheffler, Xander Schauffele, Collin Morikawa et cie ont connu d’excellentes saisons. Ils réussissent à tourner en or tout ce qu’ils touchent.

Scheffler a signé sept victoires en 2024 en plus de son titre olympique. Schauffele a remporté deux tournois du Grand Chelem tandis que Morikawa a accumulé huit tops 10 pour terminer au second rang du classement général. Selon lui, le passé n’importe plus. Il préfère rester dans le présent.

Même s’il compte sur quelques joueurs ayant terminé la saison sur la pente descendante, Furyk possède une main pleine en la comparant à la double paire de son rival, Mike Weir. Il doit toutefois jouer ses cartes brillamment au Royal Montréal.
Avec leur force de frappe et leurs talents, les Américains ne peuvent pas prendre à la légère les Internationaux et jouer les touristes à Montréal. Car les négligés, plus unis que jamais, sont prêts à tout pour faire tourner le vent «rouge, blanc, bleu» soufflant depuis 1998.
L’énergie des négligés
«Une équipe dans cette posture n’a rien à perdre, a rappelé Scheffler, qui a souvent été dans cette position dans sa carrière. J’ai toujours souhaité gagner désespérément.»
«C’est important de prendre le rythme très rapidement comme favoris, car l’atmosphère peut devenir démoralisante avec les chiffres rouges au tableau très tôt dans la colonne d’une équipe. C’est d’autant plus le cas lorsqu’on joue en sol ennemi», a signalé Patrick Cantlay. À sa première présence au tournoi, en 2019, il avait vu les Internationaux prendre des avances de trois et quatre points au terme des deuxième et troisième séances, respectivement.
Selon lui, tout est une question d’attentes. Elles sont le catalyseur d’une équipe sous-estimée.

«J’ai appris dans les tournois en équipe qu’il ne suffit pas de talents et de rassembler les meilleurs joueurs pour définir la force d’une équipe. Il faut sortir en force, jouer et amasser des points pour gagner», a souligné Morikawa.
Face à des Internationaux négligés et affamés, les Américains doivent remettre de l’huile dans la machine pour la faire ronronner comme en 2021 et 2022.