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Des aînés affamés par Ottawa

Bob Petit, 82 ans, est un pionnier de la motoneige au Québec. Il est un passionné qui a partagé les pistes avec les comédiens Denis Drouin, Olivier Guimond et Gilles Latulippe. Mais les derniers mois ont été particulièrement difficiles pour lui.
Bob Petit, 82 ans, est un pionnier de la motoneige au Québec. Il est un passionné qui a partagé les pistes avec les comédiens Denis Drouin, Olivier Guimond et Gilles Latulippe. Mais les derniers mois ont été particulièrement difficiles pour lui. Photo Agence QMI, Joël Lemay

Olivier Bourque | Journal de Montréal

2022-02-15T05:00:00Z
2022-02-15T10:36:46Z

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Ottawa va dédommager les aînés à faible revenu qui se sont fait couper leur Supplément de revenu garanti (SRG) après avoir touché de la PCU. Mais même si certains sont dans une situation catastrophique, ils devront patienter jusqu’en avril en raison de problèmes informatiques du fédéral.  

Le Journal a pris contact avec certains de ces aînés notamment Bob Petit, 82 ans, qui a été surnommé le père des sentiers de motoneige au Québec et qui a été décoré de la médaille de l’Assemblée nationale. Avant la pandémie, ce dernier touchait 1550 $ en pension des gouvernements. Puis, l’an passé, on lui a coupé 350 $ de son chèque de SRG.

« Ça représente la moitié de mon loyer. Je dois couper sur la nourriture, la viande, j’ai remplacé cela par des petits plats congelés », relate M. Petit, une véritable institution dans le secteur de Saint-Jean-de-Matha. La raison de cette situation ? C’est que le retraité possède une PME qui produit des dépliants napperons pour les restaurants et les commerces de sa région. Lorsque la pandémie est arrivée, tout s’est arrêté. Il a donc touché cinq mois de PCU, ce qui a augmenté ses revenus et l’a exclu des prestations de Supplément de revenu garanti. 

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« On ne m’a jamais informé que j’allais perdre mon supplément ! Ils disent qu’ils veulent prendre soin des aînés, mais c’est nous qui payons le prix. Ils ne prennent pas soin de nous, ils nous enlèvent de l’argent », se désole-t-il en entrevue avec Le Journal.  

Chèque de SRG amputé 

Même situation pour Jacques Rhéault, un retraité de Louiseville qui a œuvré pendant 31 ans dans une usine de Contrecoeur.

Lors des dernières années, ce dernier travaillait comme jardinier dans un hôtel de Trois-Rivières. Après avoir touché de la PCU, on lui a amputé de 400 $ son chèque du fédéral. Il demeure actuellement chez sa cousine, de peur de se retrouver à la rue. 

« On ne vit pas beaucoup avec cet argent-là. On se prive de nourriture. En plus, en raison de la PCU qui est imposable, je dois payer 300 $ par mois d’impôt à Québec et Ottawa. Il ne m’en reste pas beaucoup pour vivre », se désole-t-il. 

Huit mois d’inaction  

Le gouvernement Trudeau s’est engagé à dédommager financièrement les 183 000 aînés dans cette situation au Canada pour un montant de 752 millions $, mais le paiement unique ne se fera pas avant le mois d’avril, ce qui est dénoncé par le Bloc Québécois. 

« On a posé la question des dizaines de fois. On ne lâchera pas le dossier, ça fait huit mois que les aînés ont des pertes importantes », lance la députée et whip du parti, Claude DeBellefeuille, lors d’une entrevue avec Le Journal

Selon le Bloc Québécois, Ottawa tarde à verser la compensation en raison de problèmes informatiques. 

« Comment un gouvernement peut en 10 jours avoir donné des chèques de PCU à des milliers de Canadiens et être incapable de devancer un paiement unique de 3500 $ pour les aînés les plus fragiles ? », se demande-t-elle. 

Pas avant la mi-avril 

Emploi et développement Social Canada n’a pas détaillé la cause des délais du paiement. 

Mais la ministre des Aînés, Kamal Khera, a souligné hier que le montant versé aux aînés en situation précaire sera devancé à la mi-avril. 

Il devait être initialement versé au mois de mai par le fédéral.  

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