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Derrière l'ascension du «futur Tom Wilson du CH»

Photo portrait de Anthony Martineau

Anthony Martineau

2025-03-31T19:30:00Z

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«Le soir où les frères Tkachuk ont fait la loi contre le Canada sur la glace du Centre Bell et qu’ils ont gagné le banc des pénalités en se tapant dans les mains, Arber m’a texté sur le champ: “hey, man. As-tu vu ça?” Je lui ai répondu : “c’était débile! C’est mon rêve. On va y arriver”.» 

Après Arber Xhekaj et son arrivée remarquée en septembre 2022, voilà, au grand plaisir des partisans des Canadiens, qu’un autre Xhekaj se prépare à faire régner l’ordre dans l’uniforme tricolore.

Âgé de 20 ans, Florian (de quatre ans le cadet d’Arber), un attaquant, s’apprête à conclure sa première saison avec le Rocket de Laval dans la Ligue américaine de hockey.

  • Voyez son entretien complet avec Anthony Martineau en vidéo principale.

Ses chiffres, en 60 matchs? Tenez-vous bien.

19 buts (troisième chez le Rocket), 29 points et... 159 minutes de pénalité (un sommet dans l’AHL).

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Des combats de rue... et des larmes

Retournons quelques années en arrière.

En discutant avec Florian, on comprend rapidement que la passion du hockey et l’amour pour le jeu robuste qu’il partage avec son grand frère ne datent pas d’hier. Et les deux sont étroitement liés.

«Nous jouions dans la rue à tous les jours en revenant de l’école, raconte l’attaquant du Rocket. Chaque fois, sans exception, ça se terminait par une bagarre (rires). Mon père était le gardien et Arber et moi nous affrontions à un contre un. Je n’aimais pas quelque chose, donc je lui donnais un violent coup de bâton. Évidemment, ça le mettait en colère donc il répliquait avec un coup de poing et nous laissions tomber nos gants en nous tapant dessus.

«Je finissais toujours par courir dans la maison pour me plaindre à ma mère, mais elle me disait : “j’ai tout vu et c’est toi qui as commencé, donc ne viens pas pleurer à l’intérieur!” (rires) 

«J’en parle en riant, mais je pense sincèrement que tous ces affrontements contre Arber m’ont rendu plus fort. Physiquement comme mentalement. Avoir un grand frère, c’est la meilleure chose qui puisse t’arriver. Tu veux tout faire comme lui et lui, sans le dire, veut aussi que tu y parviennes. Tu apprends à la dure, mais tu apprends assurément.»

La version des faits d’Arber est également intéressante.

«C’était cool, parce que j’étais vraiment plus gros que lui, donc je gagnais toujours (rires)! J’ai été dur avec lui parce que j’ai toujours su qu’il avait en lui la force pour réussir.»

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S’inspirer de ses parents

L’histoire des parents de la famille Xhekaj est inspirante.

Le père, Jack, est albanais et originaire de Drenas, au Kosovo. La mère, Simona, est originaire de Hradec Králové, en République tchèque. Tous les deux ont quitté leur pays natal dans les années 1990, en pleine guerre politique, et se sont rencontrés dans un hôtel de Hamilton.

«Nous devons notre côté “dur” à nos parents, lance Florian sans hésiter. Ils sont arrivés en Amérique du Nord et ils n’avaient rien. Pourtant, ils ont construit une vie magnifique et nous ont élevés de la meilleure des façons. Mon père était particulièrement rugueux (rires) et il a contribué à ce que ses deux garçons et sa fille soient comme lui. Honnêtement, je n’ai eu qu’à regarder mes parents se comporter pour apprendre à foncer dans la vie la tête baissée.»

Courtoisie - Florian Xhekaj
Courtoisie - Florian Xhekaj

Arber en ajoute une couche à sa façon.

«Mon père était toujours plus dur avec moi dans ses commentaires. Florian pouvait avoir joué un match horrible et il ne lui disait rien du tout! J’ai donc pris cette responsabilité sur mes épaules et je m’arrangeais pour lui dire quand il jouait mal! (rires)».

Entraînement militaire, résultats épatants 

Revenons en 2025. Vous avez lu les statistiques de Florian, plus haut. 

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En plus de savoir marquer, il est loin de s’en laisser imposer physiquement... bien au contraire! 

«Je n’avais jamais vraiment joué contre des hommes, donc je me suis entraîné comme une bête avec mon frère cet été, explique le cadet. Je voulais être prêt. Je pense que ma forme physique m’a aidé. Au cours de la saison, j’ai dû apprendre à ne pas franchir la ligne qui sépare l’acceptable du non-acceptable sur la glace, mais je pense avoir trouvé un bel équilibre et j’ai aussi tiré profit des chances qui m’ont été offertes sur des trios offensifs. Ces derniers mois, je me suis rendu compte que ce sport était mental. Tu dois être solide entre les deux oreilles pour maximiser ton rendement.»

PHOTO FOURNIE PAR VÉRONIQUE PRINCE / CLUB DE HOCKEY CANADIEN
PHOTO FOURNIE PAR VÉRONIQUE PRINCE / CLUB DE HOCKEY CANADIEN

Et par «entraîner comme une bête», Florian veut dire... «très, très dur».

«J’ai mangé énormément. Vraiment beaucoup. J’ai gagné 15 livres! Arber est un gros gars qui s’entraîne fort et je ne voulais pas être à la traîne derrière lui. Nous nous entraînons ensemble à Burlington et notre entraîneur nous a bâti un solide programme où chaque journée de la semaine était différente. Nous touchions à la vitesse, aux réactions, aux jambes, au haut du corps. Je sentais mon corps se transformer tous les jours», décrit le sympathique jeune homme, avec une évidente passion.

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«Je veux être comme Tom Wilson»

À quel joueur de la LNH Florian Xhekaj aimerait-il ressembler, une fois débarqué dans le circuit Bettman?

Xhekaj sourit à pleines dents.

«Quand j’étais petit, mon frère est venu me voir et m’a dit : “tu dois trouver un joueur de la LNH qui t’inspire. Un gars à qui tu voudrais ressembler”. Je lui ai dit : “OK. Je veux être comme Tom Wilson!”

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

«Je veux arriver dans la LNH et laisser une empreinte physique: un gars qui frappe et qui sait se battre. Mais c’est loin d’être mon seul objectif. Je veux faire ça tout en marquant des buts. Wilson a déjà 30 filets cette année, en plus de cogner comme un train et d’énerver tous ses adversaires. C’est un gars qui semble vraiment horrible à affronter et c’est comme lui que je veux jouer.»

Le robuste gaucher ne s’en cache pas: son objectif est de débarquer dans la LNH le plus rapidement possible. D’ailleurs, il a déjà en tête deux attaquants du CH avec lesquels il pense pouvoir développer une belle chimie.

«Je pense que Josh Anderson, qui joue un style similaire au mien, et Jake Evans, un gars qui possède une irréprochable éthique de travail, cadreraient bien avec moi. Nous formerions un bon trio.»

La routine des frères Xhekaj

Depuis quelque temps, Florian et son frère occupent ensemble un appartement au centre-ville de Montréal.

«Au début de l’année, Arber m’a demandé de vivre avec lui. C’est tellement spécial, tellement génial de vivre tous les deux. On soupe souvent ensemble et on a du plaisir. Quand il est sur la route, j’invite des gars de l’équipe [le Rocket] à la maison et nous regardons les matchs du Canadien ensemble.»

Et comment se préparent les deux frangins avant leurs parties?

«On laisse l’autre dans sa bulle, affirme Florian. On se connaît bien et on sait que c’est nécessaire d’avoir un moment plus tranquille. Mais avant le départ, on se dit toujours quelque chose comme : “bon match, soit dur!”

«Puis, après chaque match, Arber trouve le moyen de me faire des compliments. Il regarde les faits saillants de toutes mes parties et m’appelle ou m’attend à la maison et on parle du déroulement de la soirée.»

Dans un avenir pas si lointain, les deux frères pourront analyser leur match avec le même uniforme sur le dos : celui des Canadiens de Montréal.

Pourquoi pas après une bonne poignée de main au banc des pénalités?

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