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Dernière année de grâce pour le Canadien

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-10-18T14:12:13Z

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Le plan de relance du Canadien est appuyé par une grande partie de ses partisans. Mais un jour viendra où la patience des amateurs atteindra un point de rupture. Combien de temps faudra-t-il encore pour que le Tricolore arrive à des résultats concrets? J’ai posé la question à Lucien DeBlois et à Gilbert Delorme à l’occasion de la Collecte de sang du Canadien, mercredi, au Centre Bell.

C’est toujours agréable de converser avec des anciens du Canadien. Ça donne des conversations animées teintées d’humour. Les gars parlent sans filet.

C’est comme se retrouver devant quelques bonnes broues à parler entre boys.

Les deux anciens porteurs du numéro 27 chez le Tricolore n’ont pas tourné autour du pot. Ils sont d’avis que le CH en est à sa dernière année de grâce et que ses dirigeants devront commencer à rendre des comptes.

La fin des excuses approche

En ce qui concerne la saison en cours, DeBlois et Delorme sont comme un peu tout le monde. Ce n’est pas après seulement quatre matchs que l’on peut apporter un jugement équitable.

«Si l’équipe est dans le mix cette année, il lui faudra absolument être des séries l’année prochaine», affirme DeBlois.

Delorme tient le même langage.

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«Si on n’est pas des séries cette saison, ce ne sera pas la fin du monde», lance-t-il comme s’il était toujours un membre à part de l’équipe.

C’est Réjean Houle qui le dit.

«Canadien un jour, Canadien pour toujours!», a l’habitude de dire le bon Réjean.

Et Delorme de continuer avec sa verve proverbiale: «Mais il ne faudrait pas être éliminés à la St-Valentin! Normalement, si tout le monde performe, on devrait être proches [d’une place dans les séries].

«Si on est dans le mix et qu’on termine à trois ou quatre points d’une place dans les séries, on va vivre avec. Mais, l’année prochaine, oublions ça!», ajoute Delorme en voulant dire que les excuses ne tiendront plus.

À cet égard, DeBlois constate un changement dans le ton des questions que les journalistes adressent à Martin St-Louis.

«On l’interroge davantage sur ses décisions, ce qui est normal, pense-t-il.

«Martin a dit lui-même qu’il serait plus critique dans sa façon de faire les choses avec ses joueurs. Il dirige avec une main de fer dans un gant de velours.»

Un bon portrait à l’Action de grâce américaine

DeBlois pense que l’on pourrait avoir un bon portrait de la situation lors de la fête de l’Action de grâce américaine, à la fin novembre.

«Généralement, c’est la bonne période pour évaluer quelles équipes seront des séries ou non, explique-t-il.

«Celles qui ne sont pas en position de faire les séries à ce moment-là n’y participent pas. Ton équipe doit présenter une fiche d’au moins ,500 ou plus pour rester dans la course.»

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L’an dernier, les Oilers d’Edmonton n’étaient pas en lice pour une place dans les séries en novembre. Tout allait de travers et Jay Woodcroft a été dégommé du poste d’entraîneur, étant remplacé par Kris Knoblauch. Les Oilers se sont rendus à une victoire de la Coupe Stanley, mais le vieux saladier est encore loin de Montréal.

Côté effectif, DeBlois pense que le Canadien dispose de suffisamment d’espoirs pour commencer à manœuvrer sur le marché des échanges.

Pas en ce moment, mais dans un avenir plus proche que lointain.

«On pourrait peut-être aller chercher un joueur établi en retour d’un ou deux espoirs ou d’un choix au repêchage, opine-t-il.

«C’est bien beau d’avoir des choix, mais ça prend parfois trois ou quatre ans avant que les joueurs repêchés arrivent dans la Ligue nationale.»

Delorme ne tient pas en place.

«Des choix au repêchage, ça m’énerve! s’exclame-t-il.

«Dans bien des cas, les joueurs que tu as repêchés, tu ne les as plus après cinq ans.»

La fierté compte encore

DeBlois en appelle aussi de la fierté de l’organisation.

La LNH a changé, mais pas de là à dire qu’une participation aux séries est l’objectif à atteindre comme on l’entendait de l’administration Bergevin avant que le duo Gorton-Hughes ne décide de procéder à une refonte en profondeur de l’effectif.

«C’est une chose de dire que toutes les équipes s’améliorent, mais le Canadien, c’est le Canadien, insiste DeBlois.

«Si l’équipe ne prend pas aux séries cette saison, ce sera la première fois qu’elle les ratera quatre ans de suite.

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«Ce n’est pas le genre de record que le Canadien a l’habitude de vouloir battre.»

Encore cinq ou six ans pour aspirer à la coupe

Quand le Canadien deviendra-t-il un prétendant à la coupe Stanley? Ça pourrait prendre cinq ou six ans à partir du moment où le Tricolore prendra part aux séries.

Quatre ans serait le scénario le plus court si le Canadien participait aux séries cette saison. Ce qui paraît très peu possible, pour ne pas dire impossible, à ce moment-ci. Mais à compter de l’an prochain, la pression sera plus grande, les attentes plus élevées.

«Si le Canadien se qualifie pour les séries l’an prochain», dit Lucien DeBlois, qui a été longtemps recruteur professionnel avec les Ducks d’Anaheim et les Canucks de Vancouver, «il faudra compter deux années après ça et je dirais même trois, pour que l’on commence l’année en disant que l’équipe a des chances de gagner la Coupe Stanley.»

Certains diront que c’est long, mais les Oilers ont atteint la finale neuf ans après l’entrée en scène de Connor McDavid.

DeBlois voit en Jacob Fowler le gardien qui pourrait mener le Canadien en terre promise. Originaire de Floride et choix de troisième ronde de l’organisation montréalaise en 2023, Fowler accomplit des merveilles devant le filet des Eagles de Boston College.

N’empêche, Gilbert Delorme aimerait bien que les choses s’activent pour le Canadien et que la coupe revienne enfin à Montréal plus tôt que tard.

«Il ne faudrait pas qu’on en soit rendu à manger du gruau dans un CHSLD», lance-t-il dans un élan typique.

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